Emission du 21 janvier 2012
D'un monde à l'autre
La personne sourde n'avait aucune garantie de se faire comprendre par les autres et elle dépendait complètement du bon vouloir des siens. Ce n'est qu'au début des années 80 du 20ème siècle, soit au moment de la renaissance de la Langue des signes après plus d'un siècle d'interdiction, que les Sourds voient émerger une nouvelle profession, celle d'interprète en LSF. Leur vie en est transformée: un interprète professionnel est régi par des règles déontologiques strictes. Il est au service de son client et il est tenu au secret. Sa présence dans diverses occasions de la vie professionnelle et privée permet enfin aux personnes sourdes de devenir autonomes.
Tout avantage a son revers de médaille. Parfois, dans les petites villes qui comptent très peu d'interprètes, un Sourd pourrait se sentir gêné car plusieurs aspects de sa vie seront connus par une seule personne. Qu'en est-il en Suisse romande? S'agit-il vraiment d'un problème? SIGNES a voulu en savoir plus.
Cette émission consacrée aux passeurs des signes nous offre aussi l'occasion de se pencher sur les caractéristiques d'un métier mal connu. Savons-nous seulement combien le travail des interprètes peut être stressant et émotionnellement fatigant ? Autant dans des situations d'interprétation de liaison (école, médecin, rendez-vous professionnels, cours de formation) que lors des conférences ou des grands congrès.
Conquête de l'autonomie
Ecole professionnelle Santé-Social [DR]
La Langue des signes a refait surface en Europe au début des années 80 après un siècle d'interdiction; elle a survécu dans la clandestinité jusqu'à sa réapparition en 1980; un nouveau métier est alors apparu, celui d'interprète en LSF. Avant la professionnalisation des interprètes, les Sourds dépendaient de leur famille et n'avaient aucune autonomie dans leur vie sociale. La présence des interprètes a profondément modifié leur existence et ils sont devenu des citoyens à part entière. Aujourd'hui, ils peuvent franchir les portes des écoles et des universités pour s'intégrer dans la vie active.
Le métier d'interprète
Interprète en mission [DR]
L'interprète intervient dans des domaines très variés. Il est soumis à une déontologie stricte qui l'oblige à exercer dans un cadre clairement défini et à établir une relation de confiance avec les usagers. Les Sourds le considèrent avant tout comme un point linguistique entre leur monde et celui des entendants. L'interprète passe d'une langue vocale à une langue visuelle; ce mécanisme requiert une grande concentration et un large éventail de compétences. Ce métier encore mal connu se développe considérablement avec l'éclosion des nouvelles technologies de communication pour les Sourds.
Vivre avec un interprète
Carole [DR]
Carole, qui est sourde, est mariée à Micaël, interprète en LSF. Leur vie commune exige une adaptation mutuelle pour respecter les contraintes du métier de Micaël qui ne peut jamais partager son quotidien professionnel avec sa femme. De même, Carole ne fait pas appel à son mari pour des missions de traductions extérieures. Leur vie sociale est riche, autant avec les entendants qu'avec les Sourds. Mais, souvent, Micaël préfère passer ses moments de détente avec les Sourds car alors il n'est pas soumis à l'exercice de la traduction et au questionnement incessant des entendants désireux de découvrir le monde des Sourds.
La formation d'interprète
Interprètes lors du congrès 2011 [DR]
Les "Accords de Bologne" ont considérablement changé le système universitaire européen avec des répercussions inévitables sur la formation des interprètes en Suisse romande. Très peu de candidats répondent aux critères d'admission et certains, comme Maud, sont partis se former en France. Cette situation a débouché sur une pénurie d'interprètes et la nécessité d'en engager d'autres en France. Face à la demande croissante des besoins des Sourds de Suisse romande, il est urgent de trouver une solution et de mettre en place une formation dans le cadre de l'Ecole de traduction et d'interprétation de Genève (l'ETI).
L'intégrale de l'émission
Les séquences de l'émission
Rediffusion
Dimanche 5 février à 12h55 sur TSR2
- Dernières émissions
-
32:48
Les migrants silencieux
Emission du samedi 23 mars 2013 En quête d'une vie meilleure, chaque année des milliers de requérants d'asile débarquent en Suisse. Parmi eux il y a des Sourds. En Suisse romande, le Centre de Vallorbe en accueille entre 3 et 4 par année. Erythréens, Macédoniens, Serbes, ils découvrent un environnement qui ne correspond pas toujours à l'idée qu'ils se faisaient de notre pays. -
29:30
A Fribourg, une pédagogie sur mesure
Emission du samedi 16 février 2013 Aujourd'hui, l'heure est à l'intégration des enfants sourds dans les classes ordinaires. Et, lorsque l'encadrement scolaire est adéquat, cela fonctionne pour la plupart des élèves. Mais lorsque la scolarisation classique ne se passe pas bien, les enfants sourds doivent pouvoir être pris en charge par une institution spécialisée qui pratique le bilinguisme. L'Institut St-Joseph de Fribourg en est une avec ses décennies d'expérience et de savoir-faire. -
24:51
Sur les traces de l'abbé des Sourds
Emission du samedi 19 janvier 2013 Il a été le premier en France à s'intéresser à l'éducation des Sourds en cherchant à les faire communiquer: l'Abbé de l'Epée est un personnage qui compte beaucoup pour les Sourds. A son époque, au XVIIIe siècle, on considérait ces derniers comme des ignorants ou des fous. C'est cette vision injuste que l'abbé s'était donné pour mission de combattre et les effets de son action continuent à perdurer jusqu'à aujourd'hui. -
33:59
A l'école avec l'implant
Emission du samedi 22 décembre 2012 Aujourd'hui, rares sont les enfants sourds qui ne bénéficient pas d'un implant cochléaire; ils sont opérés de plus en plus tôt pour augmenter leurs chances de succès. A travers quatre portraits d'enfants sourds intégrés dans des classes ordinaires des écoles vaudoises, SIGNES se penche sur les conditions réelles de leur scolarité. -
29:06
Méthodes d'autrefois
Emission du samedi 17 novembre 2012 L'histoire de l'éducation des Sourds est assez récente. La première école pour les enfants sourds n'a été ouverte qu'en 1760, à Edimbourg. D'autres écoles ont suivi, en France et en Allemagne. Chacune pratiquait sa propre méthode. Cette lutte entre les tenants de l'oralisation et les défenseurs des signes, nous allons la découvrir à travers un documentaire-fiction, oeuvre d'un réalisateur sourd qui travaille depuis plusieurs années en Grande-Bretagne, Louis Neethling. -
53:12
30 ans, quelle histoire!
Emission du lundi 22 octobre 2012 A l'occasion de son trentième anniversaire, SIGNES a décidé de retracer l'histoire des trente années de combat pour l'accès aux médias des Sourds européens. Car si aujourd'hui les Sourds sont visibles sur les petits écrans en affichant leur Langue des signes, il n'en a pas toujours été ainsi. -
30:43
Dodo, métro, je veux du boulot!
Emission du samedi 15 septembre 2012 Yvette, 50 ans, est femme de chambre dans un grand hôtel parisien. Anouchakr, 25 ans, est caissier dans un supermarché. Pour se rendre à leur travail, ils effectuent chaque jour un trajet de trois heures, aller-retour. Et pourtant, ils ont le sourire! Il faut dire que tous deux sont Sourds et que pour eux ce travail représente beaucoup sur le plan social. -
26:47
Les missions du père Cyril
Emission du samedi 16 juin 2012 Il est né Sourd dans une famille de Juifs orthodoxes. Puis, à l’âge adulte, il a été atteint par le syndrome d'Uscher qui a fini par le rendre aveugle. Entre-temps, Cyril Axelrod est devenu prêtre. -
37:30
Vrais ou faux Sourds au cinéma
Emission du samedi 05 mai 2012 L'un des premiers appareils de prise de vue cinématographique, le biographe, a été inventé pour les Sourds. Mais la naissance du cinéma arrive au moment où la Langue des signes est interdite en Europe par le Congrès de Milan et les premiers films qui comportent des personnages sourds sont joués par les entendants et souvent caricaturés. -
26:36
La Brigade silencieuse
Emission du samedi 24 mars 2012 Pendant 9 mois de guerre en Libye, une brigade silencieuse oeuvre pour la liberté: la "Brigade des Sourds". Nonante Sourds ont pris les armes pour bousculer leur destin d'"handicapés" et participer au bouleversement historique du pays. En effet, considérés comme des "sous -hommes" sous le régime de Kadhafi, les Sourds libyens, ne pouvaient pas participer pleinement à la vie du pays.