Lecomte Dominique, médecin légiste

Dominique Lecomte [DR]Dominique Lecomte [DR]
Dominique Lecomte dirige l’Institut médico-légal de Paris depuis près de 20 ans : elle est médecin légiste, anatomopathologiste et professeur. Elle a publié au printemps 2004 «Quai des ombres» qui raconte non seulement son quotidien à l’Institut médico-légal où arrive près de 3'200 corps chaque année mais également ses missions sur les charniers des conflits internationaux pour le Tribunal pénal international. Une témoignage qui nous emmène dans le corps même de la mort.

L'entretien en résumé

Dans mon métier, je ne vois que des gens malheureux, à la fin de leur parcours Née en 1946 en Isère, Dominique Lecomte est nommée experte en médecine légale en 1983. Cinq ans plus tard, elle devient directrice de l'institut médico-légal de Paris. Faire parler le corps des victimes décédées sur la voie publique ou dans des conditions suspectes, donner sens à cet ultime instant où la mort saisit une personne, acquitter les vivants du sort de leurs défunts telle est sa délicate mission. Depuis qu'elle dirige l'IML, Dominique Lecomte a autopsié environ 15'000 corps.

Dans son livre «Quai des ombres» où elle retrace son parcours et son quotidien, Dominique Lecomte décrit toutes les formes de morts possibles auxquelles elle a été confrontée. Du meurtre maquillé au suicide au suicide maquillé en meurtre ... Un constat n'échappe pas à l'observatrice : «Les meurtres sont de plus en plus violents. On constat de plus en plus d'acharnement sur les victimes».

De la salle d'autopsie à la cour d'assises où elle rend compte de ses observations, Dominique Lecomte évoque les différentes étapes de son travail. Elle raconte aussi ses missions sur les charniers du Kosovo, une expérience particulièrement marquante. Dans cet entretien, il y a la professionnelle qui explique les spécificités de son travail mais aussi la femme quotidiennement confrontée à la mort et aux souffrances de son prochain.

Pour se ressourcer, Dominique Lecomte lit des biographies. « J'a ime lire la vie, la trajectoire des gens ». Et d'ajouter : «Dans mon métier, je ne vois que des gens malheureux, à la fin de leur parcours ».