Emission du 17 mars 2004
Maquillage permanent : gare aux bavures ! [DR]
Maquillage permanent : gare aux bavures ! [DR]
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Maquillage permanent : gare aux bavures !

Pour s'éviter les gestes quotidiens du maquillage, de plus en plus de femmes ont recours au maquillage permanent. Quels en sont les risques? ABE a enquêté auprès d'une quarantaine d'esthéticiennes romandes.

Incrusté dans la peau

Belle en tout temps, maquillée même en sortant de la piscine, les publicités pour cette nouvelle mode qu'est le maquillage permanent ont attiré notre attention. Et la première question que l'on s'est posée est celle de la différence entre maquillage permanent et tatouage. Eh bien, il n'y en a pas ! Le maquillage permanent, c'est un tatouage. Mais si le tatouage est vieux comme l'humanité (même Ötzi, l'homme des glaces vieux de 5'300 ans découvert récemment, porte des traces de tatouage), la mode du maquillage permanent, elle, est beaucoup plus récente.

Le maquillage permanent existe depuis environ 15 ans et a démarré aux Etats-Unis. Un appareil, dont le principe est un peu celui d'une machine à coudre, est utilisé : une ou plusieurs aiguilles piquent la peau jusque dans le derme, où vont se déposer des pigments noirs ou de couleurs. "Il n'y a aucune différence entre un maquillage permanent et un tatouage", commente Eleonora Habnit, dermographe à Lausanne et auteur du livre Tout savoir sur le maquillage permanent (éd. Favre, 1998). "Techniquement, c'est pareil : j'emploie exactement les mêmes pigments. Sauf l'encre de Chine, qui fait le contour d'un tatouage artistique".

Le maquillage est dit "permanent" dans le sens où les molécules qui composent le pigment restent en permanence dans la peau, même si la couleur pâlit. Bref, le maquillage permanent, c'est pour la vie. Mais les résultats sont-ils toujours garantis ? "Dans toutes les opérations qui touchent au corps humain, il n'y a pas d'obligation de résultat", répond Eleonora Habnit. "Par contre, il y a des obligations de moyens. En ce qui me concerne, je mets tous les moyens de mon côté et, donc, du côté de ma cliente, pour arriver à un résultat optimal. Mais comme le métier n'est pas reconnu, n'importe qui peut faire n'importe quoi ". Pas de garantie donc pour la cliente : c'est un jeu de hasard où l'on peut bien ou mal tomber. Et quand il s'agit de confier son sourire à quelqu'un, on peut se demander si le résultat est à la hauteur du risque : on ne sait jamais, si ça rate ? "On n'a pas le droit à l'erreur", poursuit Mme Habnit. "Quand on fait ce métier, il vaut mieux être sûr de ce que l'on fait".

Ratage permanent

Le maquillage permanent, c'est donc du tatouage, même si la plupart des esthéticiennes qui le pratiquent affirment le contraire, pour des raisons commerciales ou, plus souvent, par naïveté et par ignorance. La preuve, c'est que quand c'est raté, ça se voit. Et pour longtemps. Eliane Brönimann en sait quelque chose : elle a longtemps économisé et longtemps réfléchi avant de se lancer. Elle voulait se faciliter la vie, elle passe désormais de longues minutes, tous les matins, à estomper son tour de lèvres raté. "Je passe mon temps à user les miroirs", confie-t-elle. "Je me regarde tout le temps dedans. Même dans la voiture, je tourne le rétroviseur : j'ai l'impression qu'on ne voit plus que ça. C'est devenu obsessionnel. Je le vis très mal parce que, les premiers temps, j'avais même l'impression d'effrayer mes enfants. Le matin, je ne pouvais pas déjeuner sans me couvrir avec de la poudre. Je voyais mes enfants qui me regardaient bizarrement. Forcément, ça défigure leur maman".

Eliane a réalisé, mais trop tard, qu'elle avait confié son visage à une inconsciente, inexpérimentée et totalement maladroite. Résultat : le trait du tour de lèvres est irrégulier et d'un gris anthracite. Eliane est retournée auprès de son esthéticienne pour lui demander des explications : "J'ai dû glisser avec la main" lui a répondu cette dernière. Mais Eliane a une chance : ses lèvres réagissent bien à un traitement au laser qui permettra d'atténuer les dégâts. Toutefois, son cas n'est pas rare. "Les exemples de ratages les plus fréquents sont effectivement des pigments introduits trop profondément, en bavant, ou des couleurs qui virent à l'orange avec le temps et qui ne correspondent plus du tout à ce que la cliente voulait au départ", explique le Docteur Maurice Adatto, dermatologue FMH. "Mais si le laser marche, il ne parvient souvent qu'à une amélioration et pas à une disparition complète. Parfois, on arrive même à des échecs complets."

Outre le fait que son résultat n'est pas garanti, le traitement au laser est long. Et coûteux : 500.- en moyenne la séance, non-remboursés par les assurances. Enfin, il est très douloureux.

Attention les yeux

L'estompage progressif avec les années, tel que le promettent les esthéticiennes, est souvent une bonne raison de tenter l'expérience du maquillage permanent. Ainsi, F. (anonyme) a cru son esthéticienne quand celle-ci lui a affirmé que ça partirait au bout de 2 ou 3 ans. Ça fait maintenant 8 ans qu'elle regrette de lui avoir fait confiance. "Comme c'était la mode d'un maquillage très épais, elle m'a fait un beau maquillage, bien large et bien épais. Le problème, c'est qu'en faisant les côtés, elle ne savait pas que ça allait se diffuser dans le bas de l'oeil. Ca m'a fait des taches noires, mais maintenant, ça se voit moins parce que j'ai déjà subi deux opérations pour atténuer ces taches". F. a entamé un traitement au laser, qui a été un échec : "Au bout de trois séances, ça ne partait pas. On m'a alors proposé une opération et on a découvert que le pigment était déposé jusque sur le muscle oculaire".

Pour le Dr. Adatto, en effet, le traitement au laser est, dans ce cas, inutile : "Le laser n'est pas fait pour aller enlever le pigment dans le muscle, c'est trop profond. La seule façon, c'est d'enlever le pigment et de peler le muscle chirurgicalement".

F. a payé son maquillage 500.-. Mais elle a déboursé à ce jour plus de 5'000.- pour les corrections. F. est actuellement en procès contre son esthéticienne : "J'espère qu'on puisse l'arrêter, qu'on puisse l'empêcher de faire ça sur d'autres personnes. Parce qu'elle continue : elle a des personnes tous les jours qui viennent chez elle pour du maquillage permanent. En plus, c'est quelque chose qui est a vie. Et les personnes qui vont chez elle ne savent pas à quoi elles s'engagent. Le dermatologue m'a dit que ça aurait pu me crever les yeux."

Pour un maquillage permanent des yeux, Huguette Ohayon a bien failli ne plus jamais pouvoir pleurer. Car les larmes, pour l'oeil, c'est vital : "Au sortir de l'institut, les yeux me brûlaient très fort et je ne voyais presque plus rien. Je suis rentrée à la maison, je me suis allongée un moment. Et après, j'ai pris la décision de partir à l'hôpital, parce que j'avais trop mal". Après examen, on découvre que le canal lacrymal a été percé. "On m'a donné des gouttes pour enlever l'inflammation, j'avais les yeux très très rouges. Je suis rentrée à la maison et je suis restée trois jours dans l'obscurité". Pendant 2 mois, Huguette subira des contrôles réguliers à l'hôpital, ce qui lui entraînera une clause de réserve de la part de son assurance. Par suite, les larmes sont réapparues. Mais Huguette a eu très peur.

Pas de formation officielle

Après un tel témoignage, on peut se demander si le maquillage permanent est légal et ce que font les autorités sanitaires. "Les esthéticiennes qui ont suivi une formation complémentaire ont le droit de faire le maquillage permanent", explique le Docteur Blaise Martin, médecin cantonal genevois. "Mais elles doivent avoir la formation adéquate et respecter les règles d'hygiène, en particulier la stérilité de leur matériel". Mais qu'est-ce qu'une "formation adéquate", puisqu'il n'existe aucune formation officielle ? "Dans ces conditions, ça veut dire qu'elle n'ont pas le droit de le faire", répond le Dr. Martin.

Et c'est bien là le problème : théoriquement, piquer dans le derme est un acte médical. Mais comme il n'existe aucune loi qui interdit le tatouage, les médecins cantonaux, à Genève comme ailleurs, nous disent simplement qu'ils n'ont pas les moyens d'interdire cette pratique aux esthéticiennes.

Cela dit, rien n'empêche un médecin cantonal, soit de procéder à des contrôles sanitaires, soit d'organiser des cours. Ca a par exemple été fait pour les tatoueurs. Encore faut-il le vouloir. Dans le canton de Vaud par exemple, les autorités sanitaires ont été interpellées à plusieurs reprises. Mais sollicité pour une interview, le médecin cantonal nous a dit qu'il n'avait pas le temps, qu'il estimait que le problème était marginal et qu'il avait mieux à faire ! A se demander s'ils attendent qu'un accident grave se produise pour agir. De son côté, ABE n'a pas attendu pour faire son enquête.

Enquête auprès des esthéticiennes romandes

Une enquêtrice d'ABE s'est mise dans la peau d'une cliente. En tout, elle est allée chez 40 esthéticiennes installées dans tous les cantons romands, sauf le Jura, où le nombre d'instituts de beauté est insuffisant pour que nous puissions appliquer les critères de sélection d'ABE. Les adresses ont été tirées au sort.

Ensuite, elle s'est rendue chez les esthéticiennes sans rendez-vous préalable, en disant simplement qu'elle souhaitait des renseignements en vue d'un maquillage permanent des sourcils et des yeux (avec un trait noir sur la paupière supérieure et un autre sous l'oeil, ainsi qu'un maquillage permanent du contour de la bouche).

Elle a systématiquement demandé aux esthéticiennes si elles acceptaient également de tatouer par dessus un grain de beauté, appelé aussi naevus. Elle a dit à l'esthéticienne qu'elle trouvait ce naevus en relief trop pâle et qu'elle voulait lui donner un peu plus de caractère. Elle a donc très clairement posé la question de savoir si on pouvait lui introduire des pigments sur un naevus plat et sur un naevus en relief.

Après chaque visite, notre enquêtrice a rempli une fiche technique avec les réponses de l'esthéticienne à ses questions, la durée de l'entretien et le prix pratiqué pour ces différents tatouages du visage. Le protocole de l'enquête a été préparé avec le concours de médecins.

Sur 40 esthéticiennes, 17 pratiquent le maquillage permanent. Aucune n'a dit que c'était du tatouage. Et toutes affirment que ça disparaît avec le temps, perpétuant le malentendu. Les résultats détaillés figurent dans le tableau ci-dessous, avec le prix de l'opération (quand celui-ci nous a été mentionné) ou, à défaut, la possibilité de l'effectuer (mentionnée par OUI ou par NON).

INSTITUTS DE BEAUTE

GENEVE : Institut de beauté et coiffure Marisa, av. Chatelaine 71

SOURCIL : 650.-

ŒIL : 600.-

BOUCHE : 690.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : NON

L'esthéticienne a proposé à notre enquêtrice de tout tatouer le même jour

GENEVE : Elysée Beauté, rte Florissant 25

SOURCIL : OUI

ŒIL : OUI

BOUCHE : OUI

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : NON

Pas de tarif, car c'est une personne extérieure qui fait le maquillage permanent

GENEVE : Institut de beauté Rubinstein, cours de Rive 3

SOURCIL : 600.-

ŒIL : 600.-

BOUCHE : 600.-

NAEVUS RELIEF : ne sait pas

NAEVUS PLAT : ne sait pas

Fait appel à une personne extérieure à l'institut pour le maquillage permanent

GENEVE : Cloë, rue de Berne 11

SOURCIL : 400.- à 600.-

ŒIL : 500.-

BOUCHE : 500.-

NAEVUS RELIEF : OUI

NAEVUS PLAT : OUI

GENEVE : Hormeta, rue de Lausanne 143

SOURCIL : 680.-

ŒIL : 500.-

BOUCHE : 680.-

NAEVUS RELIEF : OUI

NAEVUS PLAT : OUI

Dit qu'il y a 100% de réussite et pas d'effet secondaire. C'est grave.

GENEVE : Carmen, rue de Vermont 7

SOURCIL : 350.-

ŒIL : dès 270.-

BOUCHE : 350.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : NON

GENEVE : Jardin de la Beauté, rte de Malagnou 48

SOURCIL : 550.-

ŒIL : 550.-

BOUCHE : 550.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : NON

GENEVE : Valérie Favre, rue Etienne-Dumont 3

SOURCIL : 500.- à 600.-

ŒIL : 750.-

BOUCHE : 600.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : OUI

Elle envoie ses clientes chez un dentiste pour une anesthésie de la bouche

NEUCHATEL : Maya, ruelle Dublé 3

SOURCIL : 250.-

ŒIL : NON

BOUCHE : NON

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : NON

NEUCHATEL : Scarlett, ruelle Dublé 1

SOURCIL : 100.-/heure

ŒIL : NON

BOUCHE : 100.-/heure

NAEVUS RELIEF : OUI

NAEVUS PLAT : OUI

Là encore, on a affaire à une pratique dangereuse

SION : Ariane, rue des Remparts 17

SOURCIL : 500.-

ŒIL : 600.-

BOUCHE : 500.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : NON

Propose un rabais si la cliente fait les 3 opérations le même jour

SION : La Perle, rue des Remparts 14

SOURCIL : 400.- à 600.-

ŒIL : 500.-

BOUCHE : 600.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : OUI

Fait aussi appel à un dentiste

SION : Iris, rue de Lausanne 6

SOURCIL : 500.-

ŒIL : 500.-

BOUCHE : 680.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : OUI

FRIBOURG : Stendhal et Zibeline, rue de Romont 6

SOURCIL : 300.-

ŒIL : 600.-

BOUCHE : 600.-

NAEVUS RELIEF : pas sûre

NAEVUS PLAT : OUI

Fait aussi appel à un dentiste

LAUSANNE : Minou, rue du Bourg 6

SOURCIL : 500.-

ŒIL : 500.-

BOUCHE : 500.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : NON

LAUSANNE : Mariline, rue Enning 2

SOURCIL : 250.- à 500.-

ŒIL : 500.-

BOUCHE : 650.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : NON

LAUSANNE : Malherbe Vio, rue du Bourg 11

SOURCIL : 550.-

ŒIL : 500.-

BOUCHE : 550.-

NAEVUS RELIEF : NON

NAEVUS PLAT : NON

En résumé, 7 esthéticiennes sur 17 acceptent de tatouer sur un grain de beauté, ce qui est dangereux. 3 d'entre elles proposent à leur clientes d'aller chez un dentiste pour une anesthésie. Qu'en pense le corps le médical ?

Les risques

Nous avons soumis les résultats de notre enquête au Dr. Gaston-François Maillard, expert en chirurgie plastique et reconstructive à Lausanne. Sa réaction est sans équivoque : "C'est dangereux. Chaque fois que vous touchez un grain de beauté, un naevus, vous pouvez réveiller des cellules pigmentaires qui ont une potentialité de malignité très forte. Et c'est connu qu'un certain pourcentage de mélanomes malins se développent ainsi. Le cancer le plus grave qui existe au point de vue carcinologie cutanée, c'est bien le mélanome malin qui se développe sur ces cellules pigmentaires-là. Donc je dirais attention : en tout cas pas ça". L'anesthésie chez le dentiste d'à côté le laisse pantois : "Je suis très surpris. Je trouve cette pratique pour le moins discutable. Là, il y a quelque chose qui ne me paraît pas juste. Ca m'étonne de mes confrères dentistes d'accepter de jouer ce jeu-là".

A ce bilan, il faut ajouter le risque d'activer un herpès suite à l'opération de tatouage. Dans notre test, seules 4 esthéticiennes ont évoqué ce risque à la question de savoir s'il y avait des effets secondaires. "Ca m'étonne beaucoup", s'exclame le Dr. Maillard. "C'est un manque de culture médicale. Les esthéticiennes doivent savoir que tout acte péri-buccal peut réveiller des boutons de fièvre. Et lorsque qu'un herpès est étendu, c'est quelque chose d'impressionnant".

L'autre risque lié au maquillage permanent, dont évidemment on se garde bien de parler à la cliente, c'est l'allergie, notamment aux pigments rouges. "Toute injection de pigment de couleur dans le derme, à n'importe quel endroit du corps, est susceptible de faire ce type de réaction ", précise le Dr. Maurice Adatto. "Et les lèvres ne sont pas épargnées parce que ce sont des lèvres. Cela peut être extrêmement gênant et beaucoup plus difficile à réparer que sur une épaule, par exemple".

Et dans ce cas, si le laser ne peut rien faire, il ne reste que l'ablation chirurgicale. On vous laisse imaginer ce que ça peut donner si on doit enlever un bout de chair tout le long du contour de la bouche ! Bref, les clientes ne sont absolument pas informées des risques qu'elles encourent, ce que déplore Helga Biderbost, secrétaire de l'Association suisse des esthéticiennes (ASECFC) : "Disons que ça fait peur. Pour les clientes d'une part, et pour la réputation des esthéticiennes d'autre part. C'est assez déplorable effectivement". Alors que compte faire l'ASECFC ? "S'il y a des membres de notre association qui ont fait des choses déontologiquement inconcevables, nous allons réagir et éventuellement prendre des sanctions".

"Do it yourself" formation

On peut douter de l'efficacité des mesures qui pourraient être prises, d'autant qu'il faut préciser qu'à l'Association suisse des esthéticiennes, on ignore aussi que le maquillage permanent, c'est du tatouage. Ce n'est pas étonnant, quand on sait que certaines se mettent à pratiquer après deux ou trois jours de formation seulement. N'importe qui peut d'ailleurs se procurer le matériel complet de maquillage permanent, avec machine à tatouer et pigments, sous forme de kit, pour moins de 1000.-. Nous avons même commandé la cassette vidéo de démonstration. "Elle permet à n'importe quel amateur de s'initier" dit la pub! Ce n'est vraiment pas sérieux.

Alors, comme il est impossible de mesurer l'expérience d'une esthéticienne et que vous risquez d'être la première à servir de cobaye, on vous a sélectionné quelques bonnes raisons de partir en courant, puisées dans les découvertes que nous avons faites au cours de cette enquête.

Petite galerie des erreurs

Si la personne qui veut vous maquiller :

- ne tient pas de dossier individuel ;

- n'assure ni le suivi, ni les retouches ;

- ne connaît pas la composition exacte des pigments qu'elle utilise ;

- vous dit que ce n'est pas définitif ou que ce n'est pas la même chose qu'un tatouage ou, au contraire, ne vous avertit pas qu'avec les années, le tatouage peut migrer, baver, voire virer ;

- affirme que vous ne risquez rien ;

...alors partez en courant !

La méfiance est d'autant plus importante dans ce domaine que nous avons découvert au cours de l'enquête que :

- certaines personnes pratiquent le maquillage permanent sans faire de dessin préalable au crayon ;

- ne possèdent pas de machine à stériliser le matériel ;

- ne mettent pas de gants de caoutchouc ;

- ne désinfectent pas la peau avant de piquer ;

- n'appliquent pas de crème antibiotique après ;

- n'ont même pas de couverture RC (responsabilité civile) et sont donc incapables de vous dédommager en cas de problème (par exemple pour payer les frais d'une chirurgie réparatrice ou du laser chez un dermatologue).

Nous avons même découvert que certains tatoueurs et certaines esthéticiennes pensent qu'il suffit de placer le matériel sous une lampe UV pour le stériliser !... Evidemment c'est faux, archi-faux, très grave et très dangereux. Si vous vous laissez piquer par ces gens-là, vous prenez d'énormes risques d'infections : vous pouvez, par exemple, attraper l'hépatite B, pour ne citer au hasard qu'un des nombreux virus qui se promènent actuellement. Pas la peine de rajouter quoi que ce soit, sinon qu'un crayon brun pour les sourcils, un crayon noir pour les yeux et un crayon rouge pour le contour des lèvres, c'est pas cher : on en trouve à moins de 10 francs...

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