Se retrouver sans salaire à cause des suites d’un accident survenu avant son début d’activité professionnelle, en Suisse c’est tout à fait possible et même légal ! Une situation injuste que vivent nombre de personnes. ABE s’est aussi penché sur les moyens de lutte à disposition pour contrer l'invasion des fourmis. Du spray à l’appât, qu’est-ce qui est efficace, qu’est-ce qui l’est moins? Quelle toxicité pour l’environnement et les autres êtres vivants?
Sans salaire à cause d’un vide juridique!
C'est profondément injuste, mais légal. Si vous êtes victime d’une récidive d’un accident survenu dans votre enfance, vous n’aurez pas droit à un salaire durant votre absence du travail. Tout au plus, bénéficierez-vous d’une indemnité moindre, fonction du nombre d’années passées dans l’entreprise. C’est une faille de notre système d’assurance-accident dont Kevin, un jeune apprenti valaisan, vient de faire l’amère expérience.
Kevin Hafner [DR]
Kevin a 18 ans, il est apprenti mécanicien en maintenance automobile. Le ballon rond, c’était toute sa vie. A l’école, il suivait une filière sport-études. Avec un talent qui lui permettait de caresser le rêve d’une carrière professionnelle. Hélas, il y a trois ans, une méchante chute à VTT, survenue dans le cadre scolaire, a brisé son rêve. Epaule luxée, Kevin a dû faire une croix sur ses ambitions sportives. Mais il ne se doutait pas que les conséquences de cette chute le poursuivraient jusque dans sa carrière professionnelle.
Victime de luxations à répétition à la suite de son premier accident, il a dû repasser sur le billard. C’est là que la mauvaise surprise est survenue, comme le relate son père Marc Hafner: «Mon fils a eu une opération de l’épaule et il a été absent six mois à son travail. Et nous avons découvert après que son salaire n’était plus couvert par son assurance indemnité salaire. Si cela se reproduit malgré les cotisations payées aux assurances, il ne touchera malheureusement plus de salaire.»
Marc Hafner [DR]
Marc Hafner est, par conséquent, très inquiet pour la subsistance de son fils: «Je vous laisse imaginer mon fils marié avec deux enfants. Comment va-t-il faire pour vivre s’il ne touche plus le salaire qui devrait être couvert par ses cotisations? Et le gros problème, c’est qu’il n’aura pas d’autre choix que de demander l’aide sociale qui, je le rappelle, en Valais, doit être remboursée.»
Apprenti mécanicien dans un garage valaisan depuis 2008, Kevin sait aujourd’hui qu’il travaille avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En cas de récidive de sa luxation, s’il verra ses frais médicaux pris en charge, il n’aura pas droit à son salaire pendant la durée de son absence.
Willy Ecoeur, le patron de Kevin [DR]
Willy Ecoeur, directeur Garages Ecoeur et patron de Kevin exprime également son incompréhension: «Quand ce jeune homme a eu son accident de VTT, il était à l’école et n’avait pas de salaire. Alors ils disent: puisqu’il n’avait pas de salaire à l’époque, il n’y a pas de raison qu’il reçoive de salaire. C’est affligeant, c’est ridicule, on n’est pas dans le bon siècle. Qu’il n’y ait pas d’assurance prévue pour quelqu’un qui passe de sa vie scolaire à sa vie professionnelle, cela me paraît incroyable!»
Incroyable, mais tout à fait légal. La SUVA, qui a refusé notre demande d’interview télévisée, nous l’a confirmé par écrit, articles de loi à l’appui. Elle n’a pas à verser d’indemnité de perte de gain pour des absences dues aux conséquences d’un accident survenu avant le début de la carrière professionnelle.
La SUVA invoque l'article 3 de la loi sur l'assurance-accident [DR]
La SUVA cite l'article 3 de la loi sur l’assurance-accident (LAA). Celui-ci stipule que « l'assurance produit ses effets dès le jour où le travailleur commence ou aurait dû commencer le travail en vertu de l'engagement ». Une situation ressentie comme particulièrement injuste par Kevin et ses parents. La SUVA affirme « comprendre parfaitement le sentiment d’injustice frappant les personnes concernées », mais se déclare incapable d’y répondre en tant qu’assureur accident. Face à cette réponse, Marc Hafner est révolté: «Les enfants sont prétérités parce que s’il leur arrive quelque chose comme un accident de sport ou en tombant d’un escalier, s’ils ont une rechute par la suite au travail, ils ne seront pas couverts par l’assurance perte de salaire. C’est totalement injuste et inacceptable!»
Kevin n’est pas le seul concerné. Etudiants, indépendants, chômeurs en fin de droit, femmes et hommes au foyer reprenant une activité professionnelle et personnes travaillant moins de 8 heures par semaine courent le même risque en cas de récidive d’accident. Gilles-Antoine Hofstetter, avocat-conseil Association suisse des assurés (ASSUAS) dénonce le caractère inique de cette loi : «Elle crée par cette anomalie une injustice sociale puisqu’elle exclut tout un pan d’assurés, c’est une situation choquante et parfaitement inique. Il n’y pas de raison de traiter différemment un assuré qui a eu un accident à une époque où il ne pouvait pas travailler de celui qui l’a eu à une époque où il travaillait.»
L'avocat Gilles-Antoine Hofstetter [DR]
Un sentiment d’injustice qui pourrait ne pas inciter à la franchise... «Probablement que cela pourrait inciter les assurés à être moins transparents», relève l’avocat. A titre personnel, il déconseille quand même la tentation de cacher certains faits. On se rendrait coupable de réticence ce qui pourrait avoir des conséquences pécuniaires, voire de conséquences pénales.
Mais alors, quelle est la solution pour corriger l’injustice de la loi? Gilles Antoine Hofstetter affirme que le salut pourrait venir du politique. Il faudrait procéder à une modification législative. Cela ne pose pas de problème particulier en pratique, il y aurait lieu simplement de prendre des dispositions légales pour étendre les effets de l’assurance aux cas de rechute en lien avec un accident qui s’est produit avant la majorité ou avant la fin de la formation professionnelle. L’avocat s’interroge néanmoins sur la réelle volonté des politiques de remédier à ce genre de situation.
Interview de Raphaël Comte, conseiller aux Etats/NE
Les politiques se sont bel et bien saisis de l’affaire puisqu’une interpellation vient d’être déposée au début de la session parlementaire, qui a commencé cette semaine, par un conseiller aux Etats radical, Raphaël Comte.
Raphaël Comte [DR]
Anti-fourmis: for me…formidables?
Quand les fourmis se mettent en tête de s’attaquer à votre garde-manger, elles ont beau être des insectes fascinants, elles ne sont pas les bienvenues. En manque de nourriture, elles débarquent en principe dans votre cuisine au printemps. Plus près de l’été, ce sont les vols nuptiaux de ces hyménoptères qui peuvent déranger. Comment s’en débarrasser?
Ça ne s’invente pas. C’est au chemin de la Cigale, à Lausanne, à quelques pattes de celui des Fourmis, que l’invasion s’est produite… Tant qu’elles vaquent à leurs occupations habituelles dans les bois avoisinants, les fourmis ne dérangent pas les habitants du lieu.
La villa d'Armelle est envahie par les fourmis [DR]
Dans son jardin, Armelle Scartezzini les tolère même sur les plantes, si elles n'élèvent pas trop de pucerons: «Voilà au pied de cet arbre, il y a peut-être une fourmilière parce qu’il y a plein de fourmis qui sont en train de grimper sur les branches, pour l’instant elles ne me dérangent pas si elles n’empêchent pas l’arbre de se développer, je préfère les voir là qu’à l’intérieur.» Si Armelle Scartezzini accepte les fourmis à l’extérieur et en sculpture, son salon en contient une géante…, elle ne les supporte pas dans le pot à confiture : «Voilà ! Elles sortent depuis ici, il y en a pas beaucoup, mais j’espère qu’elles vont oser se montrer…»
Eh bien non, pas l’ombre d’une antenne à l’heure de notre visite ! Seule la grande sœur métallique du salon était au rendez-vous. C’est que la partition jouée cette année par ses consœurs n’est pas du goût de la propriétaire des lieux. A force d’envahir la maison par centaines aux aurores, les fourmis ailées en mal d’amour ont fini par lasser la propriétaire. Armelle Scartezzini a donc fait appel à un spécialiste: «Le vol nuptial, les autres années était beaucoup moins important. Cette année, depuis 10 jours tous les matins, on assiste à un départ. Alors que les autres années, c’était en juin. Le vol nuptial avait lieu deux ou trois fois sur une période de dix jours. Et puis c’était terminé. Là, j’ai l’impression que si c’est jusqu’en juin, je vais avoir une quantité de vols nuptiaux assez conséquente… Vous savez, quand vous ouvrez votre boîte de sucre avec la fourmilière dedans le matin, franchement… »
Max Hagner, un spécialiste des fourmis [DR]
Les cafés au lait de fourmi, Max Hagner connaît. C’est un spécialiste de la désinfestation. Et les fourmis, cette année, lui donnent du travail à profusion.«Pour nous c’est un insecte de saison», précise-t-il. «Il y a beaucoup de demandes pour ce genre de nuisance…. C’est une bestiole opportuniste, capable de changer de direction, capable de changer de cheminement et de s’adapter à toutes les situations»
En Suisse romande, deux sortes de fourmis peuvent squatter temporairement cuisines et salons, explique Max Hagner: « Principalement, c’est la lasius emarginatus, la petite fourmi que l’on retrouve dans les cuisines, dans les salles de bain. C’est un insecte qui vit sous terre mais qui part en quête de nourriture ou d’un endroit pour placer sa progéniture en hauteur et au chaud. L’autre fourmi qui peut être très gênante lorsqu’on fait de la grillade sur la terrasse, mais aussi lorsqu’elle a son vol nuptial, c’est la lasius niger, une fourmi toute noire.» Mais la seule qui est vraiment dangereuse, c’est la camponotus. Une fourmi charpentière qui mesure plus de un centimètre. Ses mandibules se rient du bois et y font de sacré dégâts.
La camponotus est la plus grosse fourmi d'Europe [DR]
«C’est la plus grosse fourmi d’Europe, elle se met dans la poutraison et fore le bois. Elle est bruyante à l’intérieur et elle peut faire du dégât aussi», avertit Max Hagner. Avec elles, mieux vaut appeler un spécialiste.
Insecticides: le test
Les insecticides: le test
Pour les autres fourmis, il existe de nombreux produits sur le marché. Pour les tester, nous nous sommes déplacés sur la côte Atlantique en France. A Biarritz, la prestigieuse station balnéaire de la côte basque. L’impératrice Eugénie s’en était entichée au point d’y faire construire un palais. Dans son sillage, toutes les têtes couronnées d’Europe vinrent y barboter faisant de la ville, la reine des plages et la plage des rois.
Le Laboratoire TEC à Biarritz [DR]
C’est en périphérie de la capitale hexagonale du surf que se trouve le laboratoire européen spécialisé dans l’étude des insecticides. C’est ici que nous avons fait tester 13 produits disponibles en grandes surfaces principalement. Pour les besoins du test nous avons séparés ces insecticides en 3 catégories…. Les vaporisateurs, les appâts et les aérosols.
1. Les aérosols
La famille des aérosols [DR]
Bruno Serrano, directeur du Laboratoire d’analyses industrielles TEC, précise le processus d’évaluation: «Les aérosols sont une sorte d’arme de poing pour le consommateur, ils tirent directement sur l’insecte. Donc, on a reproduit le geste du consommateur en pulvérisant directement sur l’insecte et en enregistrant la mortalité au cours du temps. Certains aérosols revendiquent une persistance dans le temps sur les surfaces, on a donc pulvérisé les produits à une dose déterminée sur des surfaces de carrelage, on les a conservés et on y a redéposé des fourmis après deux semaines pour vérifier si elles mourraient toujours en passant sur le produit.»
L'aérosol Martec Insecticide [DR]
Premier des aérosols, Martec insecticide. Son efficacité immédiate est de cinq secondes. C’est le plus rapide de sa catégorie. En revanche, son efficacité résiduelle laisse à désirer. A deux semaines, il lui faut 30 minutes pour réussir à achever toutes les fourmis mises en sa présence.
L'aérosol Gesal Protect [DR]
Deuxième aérosol en termes d’efficacité, Gesal protect. Il tue les fourmis en 10 secondes. Quant à son efficacité résiduelle après 2 semaines, elle est de 25 minutes. Ces deux sprays contiennent du propane et du butane en guise de propulseurs, ce sont donc des produits extrêmement inflammables.
L'aérosol Loxiran [DR]
Enfin, en troisième position, on trouve l’aérosol Loxiran de Neudorff. Il lui faut 20 secondes pour venir à bout des fourmis. Deux semaines plus tard, il lui faut seulement 5 minutes pour réussir à faire de même, c’est la meilleure efficacité résiduelle du test.
Pour Vincent Perret, toxicologue au Laboratoire ToxPro: «les aérosols font des gouttes très très fines, et il y a une bonne partie du produit qui va être carrément vaporisée et qui ne sera plus du tout utile et que l’on va respirer directement pendant la manipulation ». Et d’affirmer: «C’est la pire façon d’épandre en insecticide de contact, je comprends toujours pas que l’on puisse vendre sous cette forme-là un produit de contact.»
2. Les vaporisateurs
La famille des vaporisateurs [DR]
Bruno Serrano détaille le principe des vaporisateurs: «Ce sont des produits qui sont souvent à l’eau et où il y a une gâchette pour pulvériser. On a essayé aussi de les comparer à délai égal de pulvérisation.»
Le vaporisateur Optimum [DR]
En première position, on trouve le vaporisateur Optimum. Il tue les insectes en 20 secondes. Deux semaines plus tard, sur une surface imprégnée, il lui faut 5 minutes pour faire de même.
Le vaporisateur Finito [DR]
Avec une efficacité immédiate de 1 minute 30 et une efficacité résiduelle de 10 minutes après 2 semaines, le vaporisateur Finito vient en seconde position. Au vu de sa composition, c’est cependant un produit irritant.
Le vaporisateur Bio Kill [DR]
En termes d’efficacité toujours, on trouve en troisième position le vaporisateur Bio Kill Original. Son efficacité immédiate est aussi d’une minute et demie. En revanche, après deux semaines, il lui faut 15 minutes pour faire passer des fourmis de vie à trépas. Un détail, ce produit n’a de bio que son nom, il contient aussi un insecticide de synthèse.
Le vaporisateur Heropic Martec [DR]
Enfin, dernier du classement, le vaporisateur Heropic de Martec. S’il revendique une origine uniquement végétale, son efficacité n’est pas des meilleures. Il lui faut cinq bonnes minutes pour déployer son action sur les insectes. Et après 2 semaines, il lui faut 24 heures pour tuer toutes les fourmis exposées sa présence. ??
Vincent Perret relève les défauts des vaporisateurs: «C’est manuel, c’est mécanique, on a de grosses gouttes. Ça permet de disséminer le produit sur une grande surface. Ensuite il y a une chose importante, c’est que ces produits-là sont efficaces quand il y a contact de la substance avec l’insecte. Donc c’est vraiment des insecticides de contact. Il y des produits, si on vaporise un insecte, toute la partie qui part en vapeur d’eau n’a plus d’efficacité. Elle est juste là pour polluer l’air.»
Vaporisateurs et sprays fonctionnent selon le même principe chimique, relève Bruno Serrano: «En règle générale, il y a une association de 2 composés. Un composé qui va donner un abattement très rapide de l’insecte pour satisfaire le consommateur, on voit l’insecte qui meurt très vite. Souvent, il y a un deuxième composé qui assure la mortalité définitive de l’insecte.»
3. Les appâts
Troisième catégorie d’insecticide, les appâts. Nous en avons testés six. Ici, le principe d’action est un peu différent
La famille des appâts [DR]
Bruno Serrano explique le principe de l’appât: «C’est un produit qui ne doit pas tuer trop vite, contrairement aux aérosols et vaporisateurs, pour que les fourmis retournent au nid et contaminent leurs congénères avec cette fonction que l’on appelle la trophallaxie. C’est un mot savant mais qui veut simplement dire que la fourmi régurgite sa nourriture et la donne à sa copine. Les appâts on les a testés dans des boîtes, on a mis des fourmis et de la terre du nid d’origine ainsi que le produit et de l’eau sucrée pour permettre à la fourmi de faire un choix. Après, on a enregistré la mortalité au quotidien sur un délai de trois semaines.»
L'appât Matil Maag [DR]
Champion de rapidité, Matil de Maag. Il ne lui faut que 4 jours pour faire succomber toutes les fourmis de la boîte. Gros bémol, son principe actif est le Fipronil. Et les apiculteurs estiment que c’est un des principaux responsables de la surmortalité des abeilles.
L'appât Loxiran de Neudorff [DR]
Deuxième dans notre test, le Loxiran de Neudorf. Avec un délai d’efficacité de 10 jours. Il présente un bon résultat. Pas étonnant, cet appât est le seul de notre test à contenir du Spinosad, une substance de la dernière génération tirée d’une bactérie présente naturellement dans le sol.
Les appâts Neocid, Capito Bio et Optimum se valent. [DR]
Au troisième rang, on trouve à égalité trois appâts: Optimum, Néocid Expert de Martec, et Capito Bio. Il leur a fallu à tous trois 21 jours pour réussir à tuer toutes les fourmis de leurs boîtes respectives.
L'appât Finito [DR]
Bon dernier de notre classement, et pas seulement à cause du nom, le Finito. La raison? Il restait des fourmis vivantes au terme de notre essai de 21 jours.
Vincent Perret met le doigt sur les dommages collatéraux possibles de ces appâts: «Certaines formulations peuvent poser problème notamment pour les animaux et pour les enfants en bas âge qui jouent par terre. Si on ne fait pas attention, ces produits peuvent ressembler à différents jouets en plastique qui peuvent être mis à la bouche par les enfants. Là, on risque une exposition inutile.»
Aujourd’hui, la majorité des produits destinés à envoyer les fourmis ad patres est composée de pyréthroïdes de synthèse. Une molécule issue du chrysanthème mais retravaillée par les chimistes. Or les pyréthroïdes sont des neurotoxiques. Ils s’attaquent au système nerveux des fourmis. Ils sont très dangereux pour les organismes aquatiques. Chez l’homme, au vu des doses contenues, aucun des insecticides testés n’a révélé de toxicité aigüe.
Mais cela ne veut pas dire que leur utilisation est exempte de tout risque. Vincent Perret reconnaît ainsi des effets dans la durée: «Pour l’homme, il y a une autre toxicité qui est problématique, c’est la toxicité à long terme, la toxicité chronique. Il y a différentes études qui sortent ces derniers temps. Elles semblent montrer un lien entre une exposition à long terme et répétée de faible quantité de ces insecticides dans les maisons, avec des problèmes de développement, des problèmes d’apprentissage, des problèmes de QI chez les enfants. On n’a pas de preuve, mais on a des indices»
Vaporisateurs et sprays fonctionnent selon le même principe. [DR]
Des indices… pas de preuve… Alors? Est-ce que cela vaut vraiment la peine de traquer la fourmi à tout prix? La question, nous l’avons posée à un éminent myrmécologue. Laurent Keller, professeur et directeur de l’Institut d'écologie de l’UNIL, conseille plutôt «de prendre un petit papier et un crayon et d’observer avec beaucoup d’attention parce que, quoi que l’on fasse, ça ne changera rien à la fin. Ces fourmis, elles vont venir à la fin. Les lasius vont venir pendant 1 à 2 mois, mais elles vont sortir après parce qu’elles ne vivent pas dans les maisons. Elles ne peuvent pas transmettre de maladies, elles ne piquent pas, elles ne mordent pas donc il n’y a aucun problème. Et puis pour le vol nuptial, on ne peut également rien faire parce qu’elles vont sortir une ou deux fois de la maison et c’est juste par malchance qu’elles ont leur nid peut-être sur les fondations de la maison ce qui fait qu’elles rentrent à l’intérieur. Donc là, il faut juste passer l’aspirateur et attendre l’année prochaine.»
En définitive, Vincent Perret relativise la nécessité du recours aux insecticides: «La question qu’il faut se poser avant d’utiliser un produit qui est fait pour tuer, des insectes certes, mais qui tue tout de même, c’est une pesée du coût-bénéfice, des intérêts. Quel est mon risque si je fais cela? Est-ce que c’est vraiment aussi insupportable que ça d’avoir des fourmis à tel endroit? Est ce qu’il faut vraiment que je gaze tout cela, que je fasse une hécatombe? Et que je prenne des risques de polluer mon environnement avec ce type de produit?» Laurent Keller abonde dans le même sens : «Les sprays, ça a un effet négatif, mais pas vraiment sur les fourmis. Ça va en tuer quelques-unes, mais en fin de compte ça va plus faire souffrir l’humain que les fourmis.»
Ni les sprays, ni les appâts n’arrivent en effet à éradiquer une fourmilière qui peut compter plusieurs centaines de milliers d’individus. Pas étonnant, les fourmis survivent même à la radioactivité. C’est dire… Ces insectes en ont vu d’autres depuis le temps qu’ils sont sur terre. En 100 millions d’années, les fourmis ont dérivé avec les continents, vu disparaître les dinosaures et traversé les ères glaciaires. L’homme lui n’est apparu qu’il y a quatre petits millions d’années. Quoi que nous fassions, pour la civilisation myrmécéenne, nous ne sommes finalement qu’une toute petite parenthèse…
Les remèdes de grand-mère
Si les insecticides anti-fourmis ne sont pas au top, que nous reste-t-il? Les remèdes de grand-mère? Qui n’a pas entendu parlé du citron et de l’ail pilé censés les faire fuir, du basilic et de la tanaisie qu’elles auraient en horreur ou encore du marc de café, de la craie et du talc que l’on répand sur le chemin des fourmis pour faire barrage? Soyons honnête… ça fonctionne rarement bien et tout au plus momentanément. Alors que faire?
Avant toute chose, il faut bien protéger ses victuailles et mettre ses produits coloniaux dans des boîtes fermées. Et surtout, si les fourmis sont à l’intérieur, repérer les pistes qu’elles empruntent et les attirer à l’extérieur en plaçant un aliment qu’elles adorent dans le jardin, par exemple. Si elles trouvent le pot à confiture sous la tonnelle, elles seront ainsi moins enclines à s’attaquer à celui de votre garde-manger, cela semble une évidence. Et si elles viennent malgré tout, sachez que ce ne sera que pour quelques jours… en principe.
La semaine prochaine
Des perches qui viennent de loin. [DR]
Au menu d’ A Bon Entendeur la semaine prochaine, vous aurez droit à des filets de perche, beaucoup de filets de perche. Un poisson que l’on consomme énormément et surtout sur les terrasses au bord du lac quand il fait beau! Si vous pensez manger des filets de perche du lac au bord duquel vous êtes attablé! Grave erreur! D’une part, une grande partie des perches que nous consommons viennent d’Estonie où elles sont pêchées dans une mer très légèrement salée. Erreur aussi, car certains restaurateurs vous mentent ! Nos analyses sophistiquées le prouvent puisqu’elles peuvent reconnaître l’ADN d’un filet de perche cuit. Et l’ADN lui ne ment jamais! Sans parler de certains prix éhontés: le filet de perche, un très très bon filon pour certains restaurateurs!