Emission du 26 janvier 2010
Ampoules économiques : que choisir pour l'avenir ?
Ces ampoules qui disparaissent
« La première échéance concerne les ampoules à incandescence de 100 W qui appartiennent à la catégorie énergétique E. Elles ne seront plus en vente dès septembre 2010. D'ici 2012, toutes les ampoules à incandescence devront avoir disparu. Il restera ensuite les ampoules halogènes de classe C qui consomment 30% de moins que les ampoules à incandescence, mais elles devront aussi disparaître en 2016.
Certaines ampoules halogènes spéciales ou en classe B resteront, mais l'avenir de l'ampoule, ce sera surtout les fluo compactes et les LED. Elles appartiennent à la classe A et consomment jusqu'à 5 fois moins que nos ampoules actuelles. »
Les fluo compactes : les ampoules qui rayonnent
Anita a un hobby, la fabrication de bijoux de fantaisie. Elle travaille souvent très près de sa lampe de travail. Elle a vécu une expérience troublante. « J'ai remarqué que j'avais des vertiges et des impressions étranges dans la tête comme chez le dentiste quand il creuse une dent avec sa fraise, juste avant que ça fasse mal, en fait, ça ne fait pas mal mais c'est une impression forte et désagréable, très bizarre. »
Anita n'a pas découvert tout de suite la source de son mal. « J'ai mis du temps à comprendre que cela venait des ampoules. La première fois que j'ai remarqué le rapport, c'était dehors, j'étais allée à Lucerne, dans un petit marché à l'extérieur. J'aime les bijoux et il y avait un stand avec des bijoux, je suis allée voir, je suis restée un moment debout à regarder et tout d'un coup j'ai éprouvé à nouveau cette sensation bizarre que je viens de décrire. J'ai été étonnée et me suis demandée ce que j'avais, j'ai regardé au-dessus de moi et j'ai vu toute une rangée de lampes économiques. Et là, j'ai compris que j'étais sensible à ces lampes. »
[DR]
J'ai été chez mon médecin de
famille, la première chose qu'il a constatée, c'est que j'avais une
anémie, il a réglé ça, il m'a dit que c'était en ordre. Il m'a
envoyé chez l'ORL, qui a trouvé que j'entendais comme une jeune
femme de 20 ans, alors que j'ai... beaucoup plus de 20 ans !
Anita va mieux depuis qu'elle a éliminé toutes les ampoules fluo
compactes de son logis. Son histoire n'est pas unique. A la
rédaction d'A Bon Entendeur, nous avons reçu des dizaines de
messages de télespectateurs inquiets des rayonnements
électromagnétiques des ampoules économiques. Il faut dire que
depuis quelque temps, un petit film sur les champs magnétiques émis
par ces ampoules s'échange sur Internet. Il a été réalisé par Annie
Lobé, une journaliste française.
Nous avons voulu vérifier l'expérience d'Annie Lobé avec notre
spécialiste Peter Schlegel, mais sur les champs électriques
d'abord, tout aussi importants. Ecoutez ce que donne un simple
transistor radio réglé sur les ondes longues, c'est-à-dire, de 150
à 250 kiloherz. En présence d'une ampoule fluo compacte, la radio
produit un bourdonnement sourd. Mais si l'on renouvelle la même
expérience avec une ampoule à incandescence, la radio ne produit
aucun son.
Muni d'un analyseur de spectre, Peter Schlegel teste ensuite ces
mêmes deux ampoules. L'ampoule à incandescence n'a aucun effet sur
la courbe de son appareil. En revanche, le diagramme du même
appareil part en dents de scie lorsqu'il est disposé à proximité de
l'ampoule à basse consommation.
[DR]
Troisième expérience, avec une
autre sonde qui mesure directement l'intensité du champ électrique.
L'ampoule classique n'émet aucun champ électrique. En revanche,
l'ampoule fluo compacte testée émet un champ de 20 Volts par mètre
(V/m) à 30 centimètres.
Fort du résultat de cette petite expérience, nous avons voulu
réaliser un test classique
d'A Bon Entendeur sur des ampoules du commerce et là, stupeur, il
n'existe pas aujourd'hui de méthode officielle pour mesurer ces
rayonnements sur des ampoules.
C'est finalement à Düsseldorf, en Allemagne, que nous avons trouvé
une solution. Wolfgang Maes, du laboratoire d'analyse de
l'environnement Maes, propose d'utiliser le standard de mesure
employé pour les écrans d'ordinateurs. « Quand on mesure les champs
électromagnétiques, l'électrosmog, on peut utiliser un standard
pour les ordinateurs qui s'appelle TCO : il s'agit d'une norme
suédoise qui permet de classer les écrans et les postes de travail
équipés d'ordinateurs en fonction de l'intensité de leurs émissions
électromagnétiques. »
« Nous appliquons cette norme TCO aux ampoules économiques parce
qu'il existe indiscutablement des analogies... Les champs
électriques aussi bien que les champs magnétiques des ampoules
économiques ont un comportement très semblable à ceux des écrans
d'ordinateurs, c'est la raison pour laquelle nous nous basons sur
la norme TCO pour définir, par exemple, la distance à respecter
pour mesurer ces rayonnements. Que cela soit pour les écrans ou
pour les ampoules cette distance est toujours de 30 cm minimum.
»
La norme TCO est désormais souvement utilisée pour mesurer les
ampoules en Europe, selon Wolfgang Maes. « La norme TCO est devenue
une sorte de mesure standard de ce type d'éclairage pour des revues
spécialisées de tests, comme K-Tipp en Suisse ou Ökotest en
Allemagne. Et ce sont toujours les normes TCO qui sont citées par
les autorités, par l'office fédéral allemand de la protection
contre les rayonnements, par les universités ; Elles sont désormais
appliqués comme une sorte de standard de référence pour ce type de
mesures. »
Wolfgang Maes a testé pour nous les rayonnements électriques et
magnétiques de 10 ampoules fluo compactes de 15 W trouvées dans le
commerce, auxquelles nous avons ajouté une ampoule halogène éco de
53 W et une ampoule à incandescence classique de 75W, ainsi que
deux ampoules LED de 2 et 5 W pour comparaison. Le test a été
effectué dans une pièce isolée des influences électromagnétiques
extérieures.
Et les résultats pour les champs électriques dans la bande de
fréquence de 2 à 400 kiloherz à 30 centimètres de l'ampoule sont
proprement renversants. Toutes les ampoules fluo compactes émettent
de 13 à 38 fois plus que la norme TCO pour un écran d'ordinateur
qui s'établit à 1V/M maximum.
Voici les résultats détaillés :
[DR]
La OSRAM Duluxstar Mini globe, 13
V/m
La OSRAM Dulux Value Classic A, 15 V/m.
La Coop - Oecoplan Economy, 18 V/m.
[DR]
La Coop - Qualité&Prix, 20
V/m
L'ampoule Casino et la Philips Tornado CDL865, 22 V/m.
[DR]
La Samsung Pleomax Prime, 23
V/m.
La Go'On !, 26 V/m.
La Casino- ECO, 29 V/m.
[DR]
La IKEA Model SU 115, 38 V/m.
Wolgang Maes juge l'ampoule IKEA comme la plus mauvaise du lot : «
Dans ce test, l'ampoule IKEA a obtenu, à cette distance, le plus
mauvais résultat en termes d'électrosmog, mais aussi en ce qui
concerne d'autres aspects, comme la qualité de la lumière et le
scintillement. »
[DR]
Du côté des ampoules LED, leur
champ électrique dans cette bande de fréquence était proche de la
norme TCO, mais pas nul.
[DR]
Quant à l'ampoule halogène et à
l'ampoule à incandescence classique, leur rayonnement était
nul.
[DR]
Nous avons également mesuré les
champs magnétiques émis par toutes ces ampoules dans cette même
bande de fréquence à 30 centimètres de distance. Là, deux ampoules
seulement dépassaient la norme TCO (25 nT dans ce cas), il s'agit
de la OSRAM Miniglobe et de l'ampoule IKEA SU115.
Wolfgang Maes: A cela s'ajoute que les normes TCO satisfont encore à un critère important ; elles comportent aussi une évaluation biologique, c'est-à-dire qu'elles s'efforcent pour les postes de travail équipés d'ordinateurs de maintenir les rayonnements les plus faibles possibles selon le principe de précaution pour éviter tout risque biologique. Et ce qui n'est pas recommandé dans le monde entier pour un écran d'ordinateur ne devrait pas être permis non plus pour une lampe énergétique !
Entretien avec Luc Mariot, journaliste d'ABE
Miroir, mon miroir, dis-moi qui est la plus LED : Visite avec Serge Komaromi, StarsLED SA
Le futur s'appelle OLED
Kristin Knappstein, Directrice du développement commercial, OLED-Philips, connaît bien ce type d'ampoules et nous en explique le fonctionnement. « Les OLED appartiennent comme les LED à la famille des sources de lumière à semi-conducteurs. Leur différence réside d'abord dans les matières utilisées pour l'émission de la lumière. Le « O » dans OLED veut dire « matières organiques », c'est-à-dire des composés de carbone et d'hydrogène. Habituellement, quand on pense « lumière », on pense ampoules ou points de lumière, on tente de former des faisceaux et on y met un diffuseur par-dessus. Avec les OLED, nous avons une source lumineuse qui est naturellement diffuse et qui émet donc de la lumière de manière très douce sur une surface complète. Nous voyons plutôt les OLED comme des quasi luminaires qui feront partie intégrante des surfaces. Ce ne sera plus une chambre éclairée avec des lampes, mais des surfaces lumineuses intégrées dans du bois, du verre, dans toutes les surfaces qui vous entourent ».
Elle travaille dans la première usine d'OLED d'éclairage dans le monde, à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Philips a dédié cette usine à ces ampoules afin de « sortir cette technologie des laboratoires et l'industrialiser très vite, pour comprendre comment lancer une production mécanique et robotique de vrais produits de consommation ». Selon Kristin Knappstein : « une OLED, c'est un sandwich de verre avec au milieu, très serré et bien protégé de l'oxygène, un autre sandwich de deux électrodes, l'une transparente et l'autre en aluminium. Et au centre de tout cela, vous avez la substance organique qui émet la lumière. »
[DR]
La production d'OLED c'est une
industrie de semi-conducteurs, de nanotechnologie. Les différentes
phases de production sont mécanisées. Elles se déroulent sous vide
et par moment à une température de plusieurs centaines de degrés.
On est aussi dans le monde de l'infiniment petit.... L'épaisseur du
substrat qui émet la lumière rapportée à l'épaisseur de la OLED
entière, c'est comme l'épaisseur d'un cheveu face à la Tour
Eiffel.
Pour le moment, seul des lumiblades, des OLED brutes, sont
disponibles sur le commerce, mais des luminaires et des
constructions lumineuses qui utilisent des OLED devraient
apparaître cette année.
[DR]
Reste encore à augmenter les
surfaces et la durée de vie des OLED, plus courte aujourd'hui
encore que celle des LED, et de les rendre dans un futur proche non
seulement transparentes mais aussi flexibles, pour pouvoir habiller
de lumière des objets très divers.
Selon Kristin Knappstein, l'éclairage du futur fera appel à la
combinaison des LED et des OLED. « Les LED s'occuperont de
l'éclairage directionnel, parce qu'une lumière uniquement diffuse
n'est pas très inspirante. Vos yeux ont besoin d'orientation dans
la pièce. Donc les LED vont tenir le rôle dramatique, alors que la
partie diffuse sera tenue par les OLED, une lumière douce avec une
très belle couleur, un beau blanc chaud, par exemple. Le futur,
c'est vraiment une combinaison des deux. »
Entretien avec le prof. Suren Erkman, Ecologie industrielle, UNIL
L'intégrale de l'émission
Les séquences de l'émission
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Ces ampoules qui disparaissent
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Les fluo compactes : les ampoules qui rayonnent
-
Entretien avec Luc Mariot, journaliste d'ABE
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Miroir, mon miroir, dis-moi qui est la plus LED : Visite avec Serge Komaromi, StarsLED SA
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Le futur s'appelle OLED
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Entretien avec le prof. Suren Erkman, Ecologie industrielle, UNIL
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