Emission du 22 novembre 2011

Les röstis industriels: notre dégustation

Le Suisse consomme en moyenne et par année 47 kilos de pommes de terre, un aliment bon marché qui se cuisine sous de nombreuses formes. L'une d'elles est très helvétique: le rösti. Mais que trouve-t-on dans ces boîtes et autres sachets?

Pour avoir un avis de professionnels sur le goût des röstis en sachets, nous avons pris un peu de hauteur et organisé une dégustation. Nous avons invité quatre fins-becs loin du bruit de la ville, près de Saint-Cergue, au refuge de la Trélasse:

 [DR] [DR] Jean-Luc Ingold, journaliste gastronomique

Catherine David, coordinatrice de la semaine du goût

Maryline Nozahic, cuisinière de l’année Gault et Millau 2012

Ruedi Schwärzel, ingénieur agronome à Changins

 La dégustation se passe dans les règles de l’art : chacun pour soi, les dégustateurs remplissent une fiche par produit. Notre choix de röstis en sachets, en boîtes et surgelés sont envoyés en cuisine. Ils sont représentatifs de ce que l’on trouve actuellement sur le marché.

 Nos huit röstis industriels sont préparés selon les indications qui figurent sur l’emballage: sans ajouter de matière grasse, en suivant  le temps de cuisson préconisé.

 Trois critères ont été soumis à nos dégustateurs :

  •  l’aspect visuel et l’odeur
  •  la texture
  •  l’arôme en bouche.  

Le rösti naturaplan bio (sachet)

Très peu de conservateurs et d’additifs:

1.8 sur 6

Catherine David: "Vous êtes sûre qu’il y a des patates? Il y avait un goût… D’abord j’ai pensé à un fruit. Alors est-ce que la pomme de terre a été mal conservée et puis l’amidon a tourné en sucre? C’est possible, mais vraiment il fallait chercher le goût de la pomme de terre."

Jean-luc Ingold, lui, va encore plus loin: "Quand je l’ai eu en bouche, je suis tombé à la renverse. C’était immangeable.  On ne peut pas manger un rösti comme ça. Alors je ne sais pas si c’est le pire que l’on a eu, mais en tout cas pour moi celui-ci, c’est le seul. Au-delà de 3 petites brindilles je n’ai pas été. »

Le rösti original de Hero (sachet)

 Ruedi Schwärzel: "Ce rösti, pour moi, il n’était pas assez doré, un petit peu trop pâle. Un peu trop neutre, j’ai pas vraiment senti le goût de la pomme de terre. Ca collait un tout petit peu. Les bâtonnets étaient un peu mous. Ils devraient rester entiers."

Le Rösti à l’ancienne de la Coop (surgelé)

 Maryline Nozahic: "Je pense que ça a été frit avant de le commercialiser. Ca avait du goût d’huile et on avait plutôt l’impression de manger une frite qu’un rösti. C’était croustillant comme une frite, puis l’intérieur c’était une purée. On est en Suisse, si on n'arrive pas à faire un bon rösti, c’est dommage."

Le rösti qualité & prix vendu à la Coop

Catherine David: "on aurait pu rajouter des oignons ou améliorer avec des lardons. Il aurait très bien pu passer pour un vrai. C'est quand même encourageant, parce qu'il y a des endroits, je pense aux chalets en haute montagne où ils ne montent pas des pommes de terre. Qu’ils puissent faire un bon rösti quand même ! Il ne faut pas tout jeter non plus."

Récapitulons : Note moyenne de nos échantillons rösti : 2,5 sur 6, au niveau du goût, ce n’est pas glorieux.

Ont obtenu des notes entre 1 et 2, c’est-à-dire entre très mauvais et mauvais :

 [DR] [DR] Le Rösti Bio Naturaplan de la Coop

1,8 sur 6

Entre 2 et 3, c’est-à-dire entre mauvais et médiocre:

 [DR] [DR] Le Rösti à l’ancienne de la Coop surgelé

2,1 sur 6

 [DR] [DR] Le Rösti original Migros

2,7 sur 6

 [DR] [DR] Le Rösti original Hilcona

2,7 sur 6

Et on passe aux notes moyennes : entre 3 et 4, donc entre médiocre et bon :

 [DR] [DR] Le Rösti M-Budget en boîte de la Migros

3,1 sur 6

 [DR] [DR] Rösti Original de Hero

3,4 sur 6

 [DR] [DR] Le Rösti Bio Migros

3,6 sur 6

Et finalement le gagnant qui remporte une moyenne de 3,9 :

 [DR] [DR] Le Rösti Qualité & Prix de la Coop

3,9 sur 6

Conclusion: pas grandioses au niveau du goût ces préparations industrielles, souvent le goût de patate était faible, absent ou couvert par autre chose. Les réactions générales de nos dégustateurs ne sont d'ailleurs pas très positives.

Ruedi Schwärzel: "Il y avait effectivement, une ou deux fois, un goût de sel trop fort à mon sens."

Catherine David: "Je pense qu'avec les laboratoires, les moyens qu'ils ont, ils auraient les moyens de faire des conserves qui ont aussi du goût."

Maryline Nozahic: "Pour ceux qui mangent pour manger, ils peuvent le manger. Mais il ne faut pas dire ça c’est un Rösti."

Jean- Luc Ingold: "C'est une question de priorité. Je ne vais pas dire aux gens ce qu’ils doivent faire. Mais généralement je constate qu’ils veulent consacrer leur temps à autre chose, c’est leur droit le plus strict. Mais si on me demande ce que je pense de ces röstis industriels, je dirais: pas pour moi ni pour mes enfants."

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