Emission du 15 juillet 2008

Biocarburants : du maïs dans le moteur !

- Les biocarburants devaient être la solution miracle pour faire face à le pénurie du pétrole. Reportage au Mexique où le rêve est devenu cauchemar. - Décologie : choisir son parquet

La crise de la tortilla, fruit des biocarburant

 [DR] [DR] L'année dernière, la crise de la tortilla a été le premier signe de l'insécurité alimentaire mondiale qui depuis s'est maintenue. L'utilisation de l'éthanol tiré du maïs comme biocarburant a contribué à faire exploser le cours de l'aliment de base des mexicains : la tortilla. Témoignages, recueillis par l'émission Falo, de la Télévision tessinoise.



Victor Suarez (leader des manifestations de la « Tortilla ») :



« Les Etats Unis ont décidé de remplacer 12 à 15% de l'essence avec l'éthanol de maïs, pour réduire leurs importations d'hydrocarbures. Et si aujourd'hui nous avons dans le monde 850 millions d'êtres humains affamés, avec cette utilisation du maïs pour en faire de l'éthanol, ce chiffre ne va qu'augmenter. » Au Mexique, la "réaffectation" du maïs a déjà eu des conséquences très concrètes : « Quand les gens doivent renoncer à l'achat de produits de première nécessité comme la tortilla, ça signifie que nous sommes à un niveau d'extrême indigence et de précarité extrême. Au final, si nous diminuons la consommation de maïs, l'offre et la demande vont se rééquilibrer, mais la faim dans le monde comment est-ce qu'on va la rééquilibrer ? »

 [DR] [DR] Autre facteur qui joue un rôle dans la crise actuelle, la spéculation sur les matières alimentaires, comme en témoigne Efrain Garcia, représentant des agriculteurs : « Comment se fait-il que le prix du maïs augmente, mais que le petit producteur ne gagne pas davantage, et qu'il doive payer la tortilla plus chère ? [...] Certains grands acheteurs avaient stocké du maïs au moment où le Mexique en avait besoin pour sa propre consommation. Ils nous l'ont acheté à 1500 pesos pour le revendre directement aux moulins et aux industriels de la tortilla à presque 3500! »



De plus, les biocarburants, longtemps considérés comme la solution miracle face au pétrole, sont de plus en plus controversés sur le plan de l'écologie : Il faut 200 kilos de maïs pour remplir le réservoir d'une voiture. Silvia Ribeiro, spécialiste en écologie : « Les agro-combustibles ne sont pas une solution, parce que leur bilan énergétique est négatif . On a besoin d'un litre de pétrole pour produire et traiter le maïs qui donnera 0.75 litre d'éthanol. Ce qui signifie que l'éthanol ne réduit pas la consommation de pétrole, mais plutôt qu'elle l'augmente ! Ceux qui gagnent le plus avec le développement des agro-carburants sont les grandes compagnies automobiles, les grandes compagnies pétrolières, les grands distributeurs de céréales dans le monde et les grands producteurs de cultures transgéniques. » Toutes ces considérations ne semblent pourtant pas troubler le gouvernement mexicain qui, cette année, a autorisé l'ouverture de la première distillerie d'éthanol à partir d'excédent de maïs.

Biocarburants et crise alimentaire : entretien avec Claude Auroi, spécialiste du développement régional et rural

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Décologie / Les parquets, première partie (5/10)

Dans le cadre de la rubrique d'été « Décologie », ABE met en avant certains matériaux présentant des alternatives aux matériaux traditionnellement mis en oeuvre. Ces derniers sont souvent conditionnés par les aspects financiers et à un minimum d'entretien, ne tenant compte, ni de la santé des utilisateurs, ni de l'énergie grise nécessaire à leur fabrication et du bilan écologique global.



Utiliser des matériaux sains et écologiques n'est en outre pas forcément plus cher que l'emploi de matériaux et produits classiques utilisés dans le cadre d'une construction ou rénovation traditionnelle.



Les matériaux écologiques sont recommandés pour les raisons suivantes :



Ils sont sains car ils ne portent pas atteinte à la santé et au bien-être.



Ils sont écologiques car recyclés et / ou recyclables.



Ils sont naturels car renouvelables et / ou biodégradables.



Ils sont économiques car de production locale et produisant peu de déchets.



A noter que tous les matériaux recommandés ne répondent pas forcément à l'ensemble des critères ci dessus, classés du meilleur à l'acceptable.



Les travaux d'Alisha



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Décologie / Les parquets, première partie : conseil de spécialiste avec Conrad Lutz, architecte fribourgeois

Conrad Lutz est un spécialiste de l'architecture écologique, orientée vers le développement durable. Il a reçu en début de cette année le Watt d'or, un prix décerné par l'Office fédéral de l'Energie.



Le parquet stratifié, de grande surface, très bon marché (celui que nous lui présentons est 6 francs le mettre), cela vous inspire quoi ?



« Il faudrait savoir ce qu'on entend par parquet. Pour moi un parquet est en bois, massif ou contreplaqué. Là nous avons affaire à des produits de synthèse, une photographie sur un panneau aggloméré, peut-être fait avec du bois, mais sur cette peinture il y a une peinture synthétique. »



Parquet suivant tout en bois (100 francs le mètre) :



« Là vous avec un produit naturel. C'est du bois à 100%. La durée de vie est très différente. Pour du stratifié, c'est 5 à 10 ans maximum. Dès que vous marchez dessus avec des gros souliers, vous risquez de l'abîmer. Un plancher en chêne tiendra 100 ans, voire plus. »



Vous déconseillez donc les premiers prix. Un peu plus cher, plus écologique, plus résistant, c'est mieux ?



« Exactement. Il existe des parquets un peu moins cher, à partir de 70 francs le m2, avec la pose. Le prix varie en fonction de l'essence choisie. »



Nous présentons enfin une curiosité à Conrad Lutz, le bois tempête, soit les résidus de la tempête Lothar :



« C'est un peu la Rolls du parquet, dans le sens que vous avez 12 ou 15 millimètres de bois massif. Il est prévu pour être collé, mais on ne peut pas l'utiliser pour un chauffage au sol. Il n'est pas très loin du vieux parquet tel qu'on le connaissait dans le temps. »

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