Emission du 06 novembre 2007

Ampoules à faible consommation

Les bonnes vieilles ampoules à incandescence ont le gros défaut de gaspiller énormément d'énergie. L'alternative, ce sont les ampoules économiques. Ces ampoules à faible consommation peuvent permettre des économies considérables, et favoriser la protection de l'environnement.

Des ampoules pour protéger l'environnement

 [DR] [DR] Selon l'Office fédéral de l'environnement, les surfaces fortement illuminées ont doublé ces dernières années. A la clé, une consommation d'énergie qui ne cesse de croître. Aujourd'hui, l'éclairage engloutit environ 20% de la consommation électrique d'un ménage en Suisse. Un chiffre qui pourrait être réduit : l'ampoule Edison à incandescence, plus que centenaire, disperse 95% de l'énergie électrique qu'elle consomme sous forme de chaleur, et n'en utilise que 5% pour éclairer.

 [DR] [DR] De plus en plus performantes



Des hommes politiques, des entités de service public comme les Services industriels de Genève et même des fabricants comme Philips et des grands magasins tel Ikea mènent campagne avec des ONG comme le WWF contre ce gâchis. Pierrette Rey, porte-parole du WWF Suisse romande : « La production d'électricité engendre beaucoup d'émissions de CO2, les principaux gaz responsables du réchauffement climatique. En économisant l'électricité, nous aurons moins d'émissions de CO2, ce qui sera aussi favorable au climat. » Une mesure toute simple est préconisée : le remplacement de nos vieilles ampoules par la nouvelle génération d'ampoules dites économiques ou fluo compactes. Elles consomment cinq fois moins d'énergie pour une luminosité comparable. « On arriverait pour les ménages suisses à économiser 280 000 tonnes de C02 par année. » En réponse au choc pétrolier des années 70, des chercheurs avaient alors eu l'idée de replier sur lui-même un tube fluorescent. Mais ces ampoules avaient de gros défauts de jeunesse, surtout leur lenteur à l'allumage et leur lumière blafarde. Des défauts qui commencent à être corrigés avec la deuxième génération de lampes économiques. Simon Simos, professeur à l'Ecole d'ingénieurs de Genève : « La qualité de la lumière devient tout à fait bonne. Au niveau de la consommation énergétique, cela s'améliore de façon considérable et, petit à petit, on élimine les inconvénients techniques que nous avons sur ce type de source. »

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Ambiances au choix



Avec les ampoules économiques, il est désormais possible de varier les ambiances lumineuses, de choisir son environnement lumineux : « Le choix est très subjectif, il dépend de vos envies, de ce que vous éclairez, des dimensions de la pièce, de la fonction de la pièce et des ambiances que vous voulez créer. Par exemple, dans un salon, vous voudrez des ambiances relaxantes plutôt chaudes et avec un niveau d'éclairage assez bas. » Face à cette rivale qui s'affiche désormais sans complexes, l'ampoule à incandescence voit sa brillante existence mise en danger. Ses jours sont comptés, disent tous les spécialistes : d'ici à quelques années, les lampes économiques feront partie de notre quotidien, et donneront à la nuit une couleur plus écologique.

Ampoules à faible consommation : le test

En collaboration avec Kassensturz, Ktipp et le WWF, ABE a fait tester onze modèles d'ampoules à faible consommation par un laboratoire spécialisé. Trois tests ont été menés : durée de vie, nombre d'allumage et intensité lumineuse.



Stefan Gasser, ingénieur en électronique, est spécialiste des questions d'éclairage et d'économies d'énergie. Sa maison, dans les Grisons, est totalement équipée d'ampoules économiques. « Grâce aux ampoules à basse consommation, j'ai économisé 500 kilowattheures. Ma facture d'éclairage a été divisée par cinq. » Il a mené le test sur nos onze ampoules.



Trois types d'ampoules ont été examinées : les modèles premier prix, les modèles plus chers mais à très longue durée de vie et les modèles plus récents à forme d'ampoules traditionnelles.



Notre classement a été établi en fonction de cinq critères : l'efficacité lumineuse, la résistance à l'allumage, le temps d'allumage, la durée de vie et l'intensité lumineuse. Les modèles testés ont été jugés sur un barème allant de 1 à 6.

Six ampoules ont été jugées « juste suffisantes »

 [DR] [DR] - Philips Softone 12 watts. C'est le seul modèle en forme d'ampoule qui n'a pas survécu au test d'allumage.



- Philips Génie energy saver 14 watts. Les huit ampoules de ce modèle n'ont pas résisté aux allumages répétés.

 [DR] [DR] - Sparsam Ikea 11 watts. Dans ce cas aussi, les huit ampoules de ce modèle n'ont pas résisté aux allumages répétés.



- Sparsam classic d'Ikea 11 watts. Elle est moins chère, mais deux des ampoules testées ont sauté avant même d'atteindre un cinquième de la durée de vie annoncée.

 [DR] [DR] - Sunlux classic 10 watts. Son gros défaut : elle a perdu 19% de son intensité lumineuse en cours de test.



- Osram 10 watts. L'une des plus chères du test, elle aussi a perdu 19% de son intensité lumineuse pendant le test.

Cinq ampoules ont été jugées « bonnes »

 [DR] [DR] - Philips PLE-T stic 15 watts. Son seul point faible: elle prend soixante secondes pour atteindre sa pleine luminosité.

 [DR] [DR] - Sunlux économique 17 watts



- Sparsam Ikea longlife 15 watts

 [DR] [DR] - Osram Dulux EL longlife 15 watts



- Sunlux Elite long life 15 watts

Les deux derniers modèles ont été jugés les plus performants, tant sur leur durée de vie qu'en matière d'allumage et d'intensité lumineuse, mais ils sont aussi parmi les plus chers. Enfin, un conseil : écrire sur le culot de l'ampoule la date de la première utilisation et garder le ticket. Si une ampoule ne tient pas ses promesses, vous pourrez l'échanger chez votre revendeur. Elles sont garanties le temps de leur durée de vie.

Les économies possibles pour un couple avec deux enfants

Serge Cursaz est conseiller en énergie aux Services industriels de Genève. Pour ABE, il fait le bilan énergétique d'un appartement occupé par une famille de quatre personnes.

 [DR] [DR] La cuisine



Une cuisine standard d'abord : deux lampes à 40 watts, un tube fluorescent à 60 watts, deux autres ampoules à 40 watts dans la hotte et une guirlande à 30 watts. En tablant sur un allumage moyen de quatre heures pour jour et sur un kilowatt heure à 23 ct, voilà la consommation annuelle : « 350 kilowattheures par année, ça représente une facture d'environ 80 francs. » Première économie possible : remplacer les ampoules à incandescence avec, par exemple, un modèle économique de 7 watts. Pour la hotte ensuite, notre conseiller indique aussi des modèles économiques, même si on les utilise moins longtemps que les autres. « Dans la pièce, ce sont les dernières lampes à changer mais dans un concept global, oui, elles sont à changer, elles vous dureront dix à quinze ans, économiquement vous vous y retrouverez. » Le tube fluo présent dans la plupart des cuisines pose problème. De classe G, son efficacité énergétique est la plus basse. « On va le démonter. C'est un tube à 60 watts et il est à broche. Effectivement, on ne va pas trouver l'équivalence en économique ; la seule possibilité serait de changer et de passer à des tubes t5. [...] Ce sont les nouveaux tubes de la dernière génération et pour la même longueur, vous allez retrouver une puissance de 18 watts et une efficacité lumineuse deux fois supérieure. » Bilan final, pour cette pièce à cinq ampoules : « On a remplacé toutes les ampoules à incandescence par des ampoules économiques ; seule la guirlande lumineuse n'a pas été changée. [...] On passe de 80 francs annuels pour cette pièce-ci à 20 francs. »

 [DR] [DR] La chambre des enfants et le salon



Des spots économiques à 7 watts remplacent avantageusement les spots traditionnels. Consommant cinq fois moins d'énergie par an, ils permettront d'économiser 10 francs. Pour certaines lampes halogènes, en revanche, pas de solution de rechange. Conseil du spécialiste : utiliser un variateur à demi-position lorsqu'on a besoin de moins de lumière, cela fait baisser de 50% la consommation d'électricité.

 [DR] [DR] La salle de bain



Reste à remplacer l'ampoule de la salle de bain. « Je vous déconseille l'équivalence de deux ampoules à incandescence à 40 watts pour passer à celles à 7 ou 8 watts. [...] L'efficacité lumineuse ne sera pas celle attendue. Passer plutôt par deux modèles de 11 watts. »

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Au final, dans cet exemple, le remplacement de quatorze ampoules classiques par des modèles à basse consommation et l'utilisation d'un variateur pour halogène permettra de faire baisser la consommation électrique de 1318 à 425 kilowattheures par an. La facture d'électricité passera de 302 francs à 98 francs dans notre cas, soit une belle économie de 204 francs par an. En tenant compte du prix des nouvelles ampoules, à savoir, dans notre cas, 198 francs, c'est à partir de la deuxième année d'utilisation que l'on économisera vraiment de l'argent. Les ampoules qu'ABE a choisies étant en moyenne d'une durée de vie de cinq ans, cela représente 600 francs d'économie en quatre ans.

Choisir ses ampoules

Les indications des fabricants d'ampoules ne sont pas toujours limpides. Les deux informations pratiques les plus importantes sont la puissance et la colorimétrie de l'ampoule.

 [DR] [DR] La puissance



La puissance de l'ampoule est en général bien indiquée. Elle donne l'équivalence entre modèles classiques et économiques, exprimée en watts. Elle peut légèrement varier selon les fabricants. Un petit truc connaître la consommation réelle : diviser les watts par cinq. La mesure n'est pas toujours exacte, mais elle donne une bonne indication (une puissance de 100 watts chez Osram correspond en mode économique à 20 watts par exemple).

 [DR] [DR] La couleur



Il y a deux mesures à considérer. Premièrement les Kelvin, qui indiquent la température de couleur. Plus ils sont bas, plus on aura une lumière chaude.



Ensuite, l'indice de rendu des couleurs, l'IRC, qui se mesure sur une échelle de 100. Dès 80, il est bon ; au-delà de 95, il est excellent.

 [DR] [DR] Problème : ces informations sont soit difficiles à déchiffrer, soit inexistantes selon le fabricant. Ikea ne donne pas d'indications à ce sujet. Osram comme Philips donnent des indications en anglais - warm white par exemple - pour du blanc chaud, ou un nombre - 827 par exemple. A lire ainsi : 8 pour un rendu de couleur de 80 et 27 pour une température de 2700K. Sur le culot des Sunlux, la marque de Migros, on trouve uniquement l'information sous forme chiffrée.

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Efficacité et durée de vie



Un classement à sept niveaux facile à comprendre indique l'efficacité énergétique des ampoules. Le niveau A en vert est le plus économique en énergie. La durée de vie est exprimée en heures ou en années. Enfin, deux pictogrammes peuvent figurer sur l'emballage. L'un indique que l'ampoule ne peut pas être utilisée avec un variateur, ce qui est le cas encore de la plupart des ampoules économiques. L'autre indique l'obligation de recycler.

Des ampoules à recycler

Il faut impérativement recycler les lampes à basse consommation. Elles contiennent en effet des poudres toxiques. La Suisse est d'ailleurs un très bon élève en la matière, puisque nous recyclons entre 60 et 70% des tubes fluorescents. Ils sont traités notamment sur les hauteurs de Lausanne.

 [DR] [DR] La récupération des métaux lourds



Les tubes fluorescents, comme les ampoules économiques, contiennent des métaux lourds, notamment du mercure. Les tubes et les ampoules usagés sont collectés soit par les revendeurs, soit par les communes avant d'être transportés par les recycleurs vers un centre de récupération. Le premier centre de Suisse romande spécialisé dans le traitement des sources lumineuses a été créé à Eclépens, sur les hauteurs de Lausanne. Les tubes sont d'abord séchés, puis broyés (ce centre ne reçoit qu'une quantité marginale d'ampoules économiques). Par sécurité, les opérations doivent se dérouler dans un espace fermé. Olivier Richoz, chef d'exploitation, Cridec-Lumirec : « La machine sépare les composants, les métaux par déferraillage et les poudres par aspiration. » La quantité de mercure contenue dans les tubes fluo est infime mais cette poudre doit être traitée, car elle peut contaminer l'environnement.



Elle est envoyée et stockée en Allemagne avec d'autres déchets dangereux. Quant au verre, il est recyclé en matériaux isolants et même en pare-brises de voitures. Le métal est, lui, récupéré en fonderie.

 [DR] [DR] Un recyclage en forte progression



Pour l'instant, l'installation tourne à petit régime : 60 tonnes seulement ont été traitées en 2006. Mais le recycleur compte bien augmenter la cadence, d'autant qu'il a investi 700 000 francs pour cette nouvelle activité. Fabien Burnier, responsable service commercial, Cridec-Lumirec : « Notre objectif est d'atteindre les 100 tonnes en 2008. Nous constatons qu'il y a un gros travail à effectuer, aller récolter des petites quantités de néons. Pour cette raison, nous investissons dans une structure logistique pour être plus proches des utilisateurs. » Au niveau national, 1000 tonnes de tubes sont recyclés chaque année. Quant aux ampoules économiques, leur tonnage est encore trop petit pour qu'il soit rentable de les traiter en Suisse. Mais la situation devrait changer. Selon la fondation en charge du recyclage des sources lumineuses en Suisse, le nombre de ces ampoules usagées ramenées auprès des collecteurs augmente de façon notable. Au point que la taxe anticipée de recyclage prélevée auprès des consommateurs sera baissée l'an prochain.

Informations complémentaires



Il faut cinq fois plus d'énergie pour fabriquer des ampoules économiques que pour la production d'ampoules à incandescence. Au total cependant, le bilan écologique est meilleur pour les ampoules économiques, au vu de leur durée de vie et de leur faible consommation énergétique. Enfin, ces ampoules économiques sont encore très chères à la pièce. Ce prix élevé est pour une large part dû aux barrières protectionnistes décidées par l'Union européenne depuis 2001. Bruxelles impose, en effet, une taxe de 66% sur les ampoules à basse consommation d'énergie produites en Chine ; une taxe dont la durée vient d'être prolongée d'un an. La part des ampoules chinoises sur le marché européen atteint presque les 70% et la taxe imposée par l'UE doit permettre aux fabricants européens d'adapter leurs coûts de production pour qu'ils soient compétitifs.

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