Emission du 16 février 2010
Colorations des cheveux : le naturel revient au galop !
Le coloriste des stars
Le métier de coloriste a longtemps été peu valorisé, relégué dans les arrières boutiques des coiffeurs. La teinture servait de cache-misère. Mais aujourd'hui, la couleur est incontournable. La profession a même ses stars. Christophe Robin à Paris est l'un de ceux qui ont contribué à renouveler la profession. Les plus grandes actrices lui doivent leur couleur.
Le coloriste, installé dans la suite d'un grand hôtel parisien, avoue faire ses mélanges à l'œil : «Normalement les coloristes mesurent. Moi, je n'ai jamais mesuré. C'est comme quand on fait la cuisine. Il y en a qui suivent les recettes dose pour dose et d'autres qui font au pif. »
[DR]
Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Cet homme est bien une référence dans son domaine. Ce jour là dans la pièce d'à côté : Catherine Deneuve, venue refaire sa couleur. Et le carnet de rendez-vous du coloriste est chargé. Eva Longoria, Isabelle Adjani, Penelope Cruz ou encore Emmanuelle Béart, ne jurent que par lui.
Christophe Robin s'est lancé dans le métier il y a vingt ans et s'est très vite fait un nom en travaillant avec les top models de l'époque.. Linda Evangelista ou Claudia Schiffer. Il a dépoussiéré le métier en amenant plus de finesse dans les techniques: « J'aime bien que la peau soit belle; que le regard ait beaucoup d'éclat. J'aime bien quand on dit à une femme qu'elle est belle plutôt qu'elle a une belle couleur.»
Aujourd'hui, la tendance est au naturel et à la discrétion. Selon Christophe Robin: «Il y a encore 15-20 ans, on aimait que la couleur se voie. Maintenant, c'est un peu comme le maquillage. La couleur, on aime qu'elle soit un peu « nude », un peu naturelle. On fait plus de la grosse mèche. On fait des choses plus légères, plus fines. »
[DR]
Comment réussir une coloration? Pour Christophe Robin, le premier élément crucial est le choix de la couleur : « Il faut comprendre à peu près quelle couleur on est. Moi, par exemple, je suis châtain foncé. Vous pourriez dire que je suis brun. Ensuite il faut toujours prendre un ton plus clair que ce qu'on pense vouloir, parce que les colorations ont tendances à unifier, à foncer. Donc on va toujours avoir l'impression qu'on est plus foncé après!»
Attention également aux fautes de goût : « Quand on vieillit et qu'on a des cernes, des taches, le regard est moins vif. Si on met un cadre très clair autour de ce visage qui vieillit, au contraire, tout ce qui est moche va ressortir encore plus. Mais il y a vraiment des trucs qui sont inscrits comme pour être sexy faut être blonde. C'est vraiment un truc qui est inscrit dans la tête des gens.»
La couleur doit aussi s'accorder avec le teint: «Il m'est arrivé d'avoir des actrices, avec des yeux très noirs qui rêvent d'être blondes. Franchement c'est affreux. Vous savez bien que le blond ne fonctionne pas avec des yeux très foncés et des peaux très mates. »
Troisième commandement, ne pas martyriser ses cheveux. « Par exemple, ne pas changer trop souvent de couleur. Ne pas s'amuser un jour à vouloir être prune, le lendemain à être blonde... car les cheveux vont forcément souffrir.»
Ultime conseil et non des moindres : il faut soigner et nourrir ses cheveux : «Quand on parle de changements importants, les actrices ont l'habitude. Celles qui, comme Catherine Deneuve, ont décoloré leurs cheveux dès qu'elles ont eu 17 ans... Elles ont eu des galères de cheveux qui cassent pendant les tournages et ce genre de choses. Moi, je n'ai jamais cassé de cheveux parce que j'ai toujours fait des bains d'huile avant de faire les couleurs. C'est un soin profond. Je n'ai jamais dit, comme dans les salons de coiffure, je vous fais une crème! Il faut absolument soigner ses cheveux en profondeur, avec des soins spécifiques pour cheveux colorés. Et puis les remèdes de grand-mère marchent toujours. Les bains d'huile et quelques gouttes de vinaigre et de citron dans un verre d'eau froide comme rinçage...»
Bref, vous voilà prêtes à faire le pas. Et pour celles qui osent, sachez qu'aux dernières nouvelles, le rose et le roux reviennent en force ce printemps!
Pauvre cuir chevelu !
Pour suivre la mode, cacher les cheveux blancs ou marquer sa place dans la société.. Hommes et femmes ont de tout temps martyrisé leur toison ...
Pour Laurent Caille, chef coiffeur, perruquier, l'histoire des teintures commence en Mésopotamie il y a 9000 ans. « les femmes, essentiellement, ont toujours souffert pour être belles.» Et dans cette course à la beauté, les cheveux n'étaient pas en reste: «Les femmes se sont mises à se colorer les cheveux avec du bitume de judée. Sur la mer morte flottait du goudron naturel et les femmes se mettaient ça en potion sur les cheveux.» Un soin naturel peut-être... mais dangereux !
Les romains eux n'hésitent pas à s'empoisonner en trempant des peignes de plomb dans du vinaigre ! Une recette idéale pour une belle teinte grise... mais aussi cause de saturnisme ! Dans l'Egypte ancienne, les teintures végétales à base de henné et d'indigo couvrent crânes et perruques et sont moins risquées.
[DR]
Les femmes ne sont pas seules à tricher à cette époque déjà, comme le rappelle Laurent Caille «On va même utiliser des produits de teinture pour cacher la calvitie chez les hommes. Donc on utilisait déjà beaucoup les couleurs pour se mettre en valeur et montrer son niveau de noblesse. »
A travers les siècles, le cuir chevelu va être maltraité grâce à toutes sortes d'ingrédients: graisse de chèvre, cendres, huile de tartre, chaux, beurre frais, nitrate d'argent, safran, vin blanc... Tout est possible et les recettes sont innombrables.
Au XVIe siècle, place à la blondeur. Les Vénitiennes, véritables « fashion victims », sont prêtes à tout. « On va utiliser des décoctions à base d'urine mélangées avec des plantes et on va exposer ça au soleil, de l'urine humaine. Et on va se mettre cette mixture sur la tête pour faire blondir les cheveux. Cela va donner la mode blond vénitien, sous le règne de la reine Margot et ensuite à la Renaissance » précise Laurent Caille.
Il faut attendre le 19e pour voir des progrès significatifs dans les colorations. On joue aux apprentis chimistes avec plus ou moins de succès. Eugène Schuller, fondateur de l'Oréal, crée en 1907 les premières teintures chimiques modernes. Elles sont bien moins agressives que celles qui existaient alors. Il intègre une molécule, jusque-là utilisée pour teindre les textiles, le paraphenylenediamine ou PPD. Révolutionnaire certes... Mais hautement allergène! Ce qui ne l'empêche pas de baptiser son entreprise « Société française des teintures inoffensives pour cheveux.»
[DR]
Laurent Caille rappelle que ces produits n'étaient pas sans danger. «Elles n'étaient pas si inoffensives que ça, vu qu'il [Eugène Schuller] était en même temps propriétaire des peintures Valentine, que la société Schwarzkopf Henkel fabriquait les premières colles loctites dans les années 20 et qu'ils avaient des sociétés de plastique... Donc inoffensif... à quel point ? »
Dans les années 50, nouvelle révolution. Schwartzkopf lance les premières colorations grand public. Un succès qui ne s'est jamais démenti depuis.
Mais dans la jungle de ces produits on se perd vite. Petit rappel des différents types de coloration :
Première famille : Les colorations directes ou semi-permanentes. Elles se présentent sous la forme d'un seul élément : crème ou poudre. Le cheveu est coloré en surface. La mélanine naturelle n'est pas modifiée et la couleur s'estompe au fil des shampoings.
Deuxième famille : les colorations d'oxydation. Elles offrent un résultat plus durable et se présentent sous la forme de 3 éléments : 1 colorant, 1 révélateur-fixateur à mélanger et un soin.
La coloration ton sur ton, à faible oxydation, permet de nuancer la couleur d'origine ou de lui apporter des reflets. Dans ce cas, les pigments colorés artificiels vont en quelque sorte se superposer aux pigments naturels, sans modifier la couleur d'origine.
Les colorations permanentes permettent un changement radical de couleur et la couverture d'une chevelure entièrement blanche. Dans ce cas, les pigments naturels du cheveu sont remplacés par les pigments artificiels. Un soin permet ensuite d'emprisonner la couleur et de réparer le cheveu.
«Réparer le cheveu, parce que l'on va l'attaquer de façon à le décolorer, à ouvrir les écailles et ensuite on va, en mélangeant ces deux composants, former une nouvelle substance pendant la coloration. Donc, on a finalement un réacteur chimique sur la tête, quand on fait cette opération de coloration.» précise Marie-France Corre, consultante en consommation et marketing responsables.
[DR]
Bref en 2010, teindre ses cheveux reste une opération ni anodine, ni sans danger pour la santé...comme le confirme le dermatologue Pierre Piletta: «On voit clairement plus d'allergies de contact chez les consommateurs, ces dernières années. Probablement parce qu'il y a beaucoup plus de gens qui les utilisent. Mais peut-être aussi que tout le monde ne respecte pas les règles d'utilisation de ces colorants.»
«La pathologie la plus fréquente est l'eczéma, des plaques rouges sur le visage, souvent sur les paupières ou les bordures du cuir chevelu. Ces lésions sont dues à des substances qui sont dans ces couleurs, dans ces colorants, dans ces shampoings colorants et la substance la plus fréquente s'appelle la PPD: para phénylenediamine.» Celle-là même utilisée par Eugène Schuller il y a 100 ans!
Pour éviter ces problèmes, de plus en plus de consommateurs se tournent vers des produits naturels.
Colorations capillaires : le test
Mais à bien y regarder, sous les belles images, une longue liste de substances mystérieuses complète ces ingrédients naturels. Nous avons demandé à l'ingénieur Marie-France Corre de décrypter pour nous les étiquettes de ces produits.
Coup de projecteur donc sur 8 colorations aux extraits végétaux. Toutes ont été achetées dans des grandes surfaces, des pharmacies ou des magasins bios. Il s'agit des produits Herbatint, Phytocolor, Sanotint, Naturtint, Logona color crème, Logona soin colorant, Santé et Trois Chênes color et soin.
Selon Marie-France Corre, le colorant est l'élément déterminant « Quand on s'intéresse à un produit de coloration, le plus important à prendre en compte, c'est le colorant. En effet, c'est le principe actif. Or, on a vu un lien entre l'utilisation de ces produits et l'apparition de cancer, comme celui de la vessie. Aussi parce que c'est souvent le produit qui apparaît en début de liste des ingrédients, donc qui est en plus grande quantité.»
Nous avons choisi des teintes châtain, car c'est dans les couleurs sombres que l'on trouve le plus de colorants actifs.
Première surprise : cinq de nos huit produits aux extraits végétaux contiennent de la chimie !
Marie-France Corre dénonce la présentation de ces produits: « On croit acheter une coloration végétale, alors que ça n'est pas le cas. Phytocolor est un produit qui se présente comme une crème colorante aux plantes. Mais quand on regarde sa composition, on voit 8 colorants de synthèse, des colorants oxydants qui viennent s'ajouter à des principes actifs naturels. La présentation du produit n'est donc pas claire.»
[DR]
Herbatint
Sanotint au millet doré
Naturtint
Trois chênes
Phytocolor
Tous contiennent des colorants de synthèse
[DR]
Deuxième constat : certaines indications figurant sur les étiquettes sont peu précises. Ainsi Sanontint et Phytocolor indiquent une mention « plus ou moins » devant les ingrédients.
Marie-France Corre juge que le consommateur est mal informé: «c'est la liste de tous les colorants susceptibles de se trouver dans la gamme. Donc on ne sait pas exactement ce qu'il y a dans le produit. Selon la couleur qu'on choisit, on peut avoir un colorant ou pas.»
Plus grave, lorsqu'on connaît les substances, cela n'est pas forcément rassurant. Cinq de ces colorations contiennent des composants allergènes.
Marie-France Corre: « Dans ces produits, qui sont présentés comme naturels, vous allez voir qu'il y a de la PPD, bien connue des dermatologues parce qu'elle très sensibilisantes, très allergisantes. Ils contiennent aussi des colorants chimiques de synthèse, qui ne sont pas anodins sur le plan toxicologique.»
[DR]
Depuis 2001, l'Europe tente de faire le ménage dans les substances colorantes pour cheveux. Certaines ont été interdites, 31 autres sont en sursis jusqu'à la fin de l'année. Pourtant, on trouve une à plusieurs de ces substances dans les produits Trois Chênes, Naturtint, Phytocolor et Sanotint !
[DR]
Un composé attire plus particulièrement l'attention de Marie-France Corre: «On a notamment une substance qui s'appelle le 2 amino 4 hydroxy ethil amino nisol sulfate, qui a été considéré comme non sûre par le comité d'experts de la commission européenne et qui doit être réévalué.»
Plusieurs de nos colorations aux extraits végétaux se revendiquent sans résorcine, sans paraben et sans ammoniac, ce dernier étant souvent remplacé par l'éthanolamine, moins agressive. Est-ce suffisant? Selon Marie-France Corre, l'abandon de l'ammoniac n'est pas garant de sécurité en soi. «Quand vous voyez sans ammoniac, ça veut juste dire que votre cheveu sera moins abîmé. Ca ne veut pas dire que la coloration est plus sûre d'un point de vue toxicologique, puisque ce sont les colorants qui comptent. Ces trois mentions sont rassurantes à la lecture, mais n'apportent pas de garantie.»
Cinq de nos huit produits sont donc en réalité des colorants d'oxydation, indispensable pour tenir leur promesse de coloration permanente ou encore de couverture à 100% des cheveux blancs !!!
[DR]
Seuls deux marques se sont révélées être composées uniquement d'ingrédients végétaux et méritent l'appellation « naturelle ». Il s'agit de Santé, de Logona color crème et de Logona soin colorant. Toutes portent le label bio allemand BDIH.
[DR]
«Quand on lit la liste des ingrédients, ce sont des choses que l'on connaît. On voit café, betterave, indigo et bien sûr du henné. Mais à la limite, on n'a pas besoin de lire la composition, puisque du moment qu'on a repéré le label, on sait qu'il n'y a que des ingrédients naturels.» précise notre consultante.
Du miel ou de l'avocat affiché sur une boîte, cela fait tout son effet. Les grandes marques l'ont bien compris et habillent désormais leurs colorations classiques d'habits verts. Nous avons soumis deux de ces produits à notre experte : Essential color de Schwarzkopf au« lychee soignant » et au « thé blanc issu de l'agriculture biologique », ainsi qu'Herbashine de Garnier à la sève de bambou.
Marie-France Corre attire notre attention sur les idées fausses induites par le marketing : «Effectivement les ingrédients sont présents dans la formule, n'empêche que entre ces produits-là et ce que l'on trouvait il y a 2 ans dans la même marque sans bambou, on va avoir à peu près la même formule. Donc ça ne change pas fondamentalement la composition du produit. C'est juste du marketing.»
Schwarzkopf essential color au lychee et au thé blanc ne contient pas de PPD allergène. Ce dernier a été remplacé par un autre colorant, le toluène 2-5 diamine. Est-ce un mieux pour le consommateur ?
Pas vraiment selon le dermatologue Pierre Piletta « Le problème c'est que cette nouvelle molécule fait aussi beaucoup d'allergies et en plus fait des allergies croisées avec la PPD. Donc on se retrouve en fait à la case départ 10 ans plus tard, avec des molécules qui sont arrivées pour remplacer cette PPD, mais qui ne sont pas mieux.»
Formules imprécises, ingrédients peu sûrs ou allergènes... Il faut donc aborder avec prudence ces produits aux extraits végétaux, même s'ils sont vendus dans les pharmacies ou les magasins bio.
Selon Marie-France Corre, certains indicateurs sont efficaces: « Le seul choix à faire, c'est de chercher les produits certifiés, labellisés. Et plutôt que d'utiliser ces produits faussement naturels, je dirais qu'il vaut mieux utiliser les produits classiques des grands laboratoires qui sont quand même bien étudiés sur le plan de la sécurité.»
Moralité, naturelles ou pas, ces colorations requièrent toutes les même précautions: mettre des gants, respecter les temps de pause mais surtout faire un test sur la peau avant de se lancer.
Selon Pierre Piletta, « on peut, par exemple, faire un petit test d'usage sur l'arrière de l'oreille où on pose le produit, une petite concentration du produit. Et on regarde. Mais pas tout de suite après, il faut attendre 48h minimum pour voir si survient une réaction localement.»
Si c'est le cas, mieux vaut consulter son dermatologue.
Mais comme le rappelle Pierre Piletta, les allergies peuvent survenir même après plusieurs utilisations d'un produit. « Si on n'est pas allergique, ça veut pas dire qu'on ne va pas le devenir plus tard. On peut devenir allergique avec l'usage d'un produit. Chaque jour, on l'applique et un matin on devient allergique à une substance. C'est un grand classique. Ce n'est pas parce qu'on est pas allergique un jour qu'on le sera pas demain. »
N'oubliez pas de donc répéter ce test à chaque nouvelle utilisation.
Un test toutefois mis en question par l'organisation des consommateurs danois, qui a passablement travaillé sur cette question des allergies. Le risque serait de laisser croire que vous supportez bien une coloration, or le test lui-même pourrait vous rendre sensible à une substance et provoquer potentiellement une réaction violente de la peau lors de la coloration. Du côté des autorités danoises, le Ministère de l'environnement recommande aux femmes enceintes ou allaitantes de ne pas utiliser de teintures capillaires, y compris celles présentées comme naturelles. Une petite phrase prononcée par notre consultante Marie-France Corre ne vous aura pas échappé : « il y a un lien entre l'utilisation de ces produits en l'apparition de cancer de la vessie.» Une étude menée en Californie, dont les résultats ont été publiés en 2002, a effectivement montré un lien entre l'utilisation de teintures permanentes sur une longue période et un risque accru du cancer de la vessie. Même si ce lien reste controversé, c'est en s'appuyant sur cette étude américaine que la Commission européenne a décidé d'interdire toute une série de substances colorantes. Mais toutes n'ont pas encore disparu du marché !
Coloration végétale
Le coiffeur genevois Jean Estoppey s'est lancé dans la coloration végétale il y a 6 ans. Voici comment il définit sa spécialité «une coloration végétale est un mélange de pigments naturels qui viennent se fixer autour du cheveu, contrairement à la coloration chimique qui va pénétrer dans le cheveu et modifier profondément sa structure. La coloration végétale, c'est un peu comme de l'aquarelle.»
[DR]
Une méthode qui implique un changement radical de produits et de techniques. Et ça commence par la préparation du cheveu. «On va faire un premier shampooing, naturel évidemment, et ensuite on va faire une application d'argile qui va ouvrir l'écaille du cheveu, où les pigments naturels vont pouvoir se fixer.»
Pour ne pas se faire avoir, il faut aussi savoir qu'«une coloration végétale, c'est toujours, toujours, toujours en poudre. Jamais en crème, jamais en gelée...»
Etape cruciale, le mélange de la couleur: des pigments végétaux à base de henné, de l'eau bouillante et des huiles essentielles. « C'est bien sûr très différent de la chimie où à la place de l'eau bouillante on va utiliser de l'eau oxygénée, et pour permettre une prise de la couleur on va utiliser de l'ammoniac ou des dérivés de l'ammoniac.»
Le mélange est maintenant prêt à être appliqué. De la préparation au temps de pause, il faut compter jusqu'à ¾ d'heure de plus qu'une teinture normale. De quoi décourager la plupart des coiffeurs ! Pour Jean Estoppey, «beaucoup de salons ne veulent pas s'y mettre pour des questions de rentabilité. Aujourd'hui, on cherche à aller très vite. On fait même des couleurs qu'on laisse poser 10 minutes, c'est dire combien elles peuvent être agressives pour le cheveu. Plus une coloration est douce, plus il faut la laisser poser et plus il faut l'appliquer consciencieusement »
Pour éviter des reflets trop oranges sur les racines blanches de cette cliente, Jean Estoppey a utilisé une poudre comprenant 2% de pigments artificiels. Mais pour les aficionados, il existe des colorations 100% végétales. « Si on veut prendre une 100% végétale bio, effectivement on en fait quelques fois. Mais le temps de pause est de 3 à 4h, voire toute une nuit. Donc les personnes peuvent venir s'appliquer la couleur à 5h le soir et revenir le lendemain à 9h pour rincer. C'est quand-même très difficile. En général, les gens n'ont pas le temps.»
[DR]
Mais certaines clientes ne jurent que par les teintures végétales : « Moi ce qui me plait surtout, c'est que ça a un aspect beaucoup plus naturel. Je trouve beaucoup plus agréable d'avoir des produits qui ne grattent pas, qui démangent pas. C'est un peu un soucis de confort et de santé. J'ai un terrain allergique donc je n'ai pas envie d'en rajouter ! »
Si Jean Estoppey s'est lancé dans le végétal, c'est également par ras-le-bol des produits de coiffure traditionnels. « Je commençais à avoir des problèmes d'eczéma sur les mains et les avant-bras. Ensuite, j'avais envie de rentrer dans l'an 2000 avec une nouvelle vision de la coiffure. Je trouvais que vraiment toute cette chimie que l'on rince dans nos bacs... Tout ça... J'étais plus tellement d'accord.»
La pose est maintenant terminée. 4e étape, l'appareil à vapeur ionique: il va chauffer la couleur et permettre une bonne prise des pigments sur l'écaille du cheveu. 40 min plus tard, il ne reste plus qu'à rincer abondamment, appliquer un soin végétal pour fixer la couleur et coiffer.
En résumé :
Pour passer au végétal, attendre au minimum 6 semaines après la dernière teinture chimique.
Attention, pour une base de cheveux entièrement blanche, on obtiendra au maximum un châtain clair.
Pour devenir blonde, oubliez les teintures végétales, elles n'ont aucun pouvoir éclaircissant.
Pour une teinture 100% naturelle, armez-vous de patience. Les temps de pause sont prolongés
En revanche, fini le cocktail chimique sur la tête...
Côté cliente on est plutôt satisfaite «J'aime beaucoup la brillance de ces couleurs et la qualité du cheveu... J'ai un cheveu difficile qui est quand-même très fin et je trouve que c'est vraiment agréable.»
Question : pourrait-on obtenir le même résultat chez soi avec des produits naturels ? Selon Jean Estopey, « on n'arrivera pas à une couverture du cheveu blanc sans tout le processus, sans tout le protocole. Ca reste très compliqué. On peut se faire du faux-végétal soi-même, mais comme vous le savez peut-être, le faux, c'est souvent pire que le chimique ! »
La semaine prochaine
L'intégrale de l'émission
Les séquences de l'émission
- Dernières émissions
-
37:50
Salades en sachet: ça vous emballe?
Emission du mardi 07 mai 2013 Née dans les années 80, la salade en sachet a inauguré l’ère des produits de la quatrième gamme, à savoir les produits frais lavés et découpés. Du prêt à l’emploi, rapide et pratique, qui a séduit les consommateurs au-delà de tous les pronostics. Et la quatrième gamme s’est étendue à d’autres légumes et mêmes aux fruits, avec également les portions individuelles et autres plateaux de crudités pour l’apéritif. Attention aux pesticides et aux salades oxydées! -
39:54
Automobilistes: tous inégaux devant l’essence
Emission du mardi 30 avril 2013 Pourquoi les Genevois paient-ils leur essence plus chère que les Neuchâtelois ou que certains Bernois? A Bon Entendeur va plonger dans vos réservoirs! Analyses et, en prime, les vraies recettes pour éviter que la soif de votre moteur ne vide votre porte-monnaie. Roulez futé! -
37:25
Arnaques au logement: gros comme une maison!
Emission du mardi 23 avril 2013 600 francs pour un 5 pièces au cœur de Lausanne ou de Genève, avec terrasse, jacuzzi et trois salles de bain luxueusement équipées, photos à l’appui… le rêve, trop beau pour être vrai! Petites annonces bidons, intermédiaires douteux, ABE a enquêté sur les mille et une façons de vous rouler dans la farine, exemples et témoignages édifiants à l’appui! -
40:19
ABE cultive son jardin sans tourbe!
Emission du mardi 16 avril 2013 ABE se met au vert le temps d'une émission spéciale depuis le jardin botanique de Neuchâtel. ABE a testé la composition et les performances de huit terreaux sans tourbe: différences étonnantes. Tous les secrets de fabrication du compost maison expliqués par un spécialiste et séquence conseils! -
38:13
Bolognaises: à quelles sauces sommes-nous mangés?
Emission du mardi 09 avril 2013 Alors que le scandale sans précédent de la viande de cheval roumaine a touché 13 pays, A Bon Entendeur teste la qualité et l’origine de la viande de huit sauces bolognaises industrielles. -
35:48
(N)espresso: des capsules de café en concurrence!
Emission du mardi 26 mars 2013 Avec l’avènement des machines à capsules, se préparer un bon "espresso" à la maison est devenu simple et rapide. Résultat: ce segment du marché est en plein boum. Nespresso a su s’imposer comme leader du marché. Mais depuis un peu plus d’un an, suite à l’expiration de certains brevets protégeant cette capsule en alu, on a vu apparaître sur les rayons des supermarchés des capsules compatibles, la plupart en plastique. Ces capsules, ABE les a fait tester et déguster: lesquelles vous font le meilleur café? -
37:51
J'aime l’odeur de l’huile de palme au petit matin…
Emission du mardi 19 mars 2013 Un croissant ou un donut par jour, c'est bien ou ce n'est pas bien? Que contient un pain au chocolat? A Bon Entendeur se glisse dans les replis de la pâte feuilletée pour un état des lieux gourmand, mais pas forcément sain. Quelles sont les valeurs caloriques de ces viennoiseries? Ont-elles toutes les mêmes taux de graisses? ABE déguste. -
39:27
L’algue: un "bioaccumulateur" pour le meilleur et le pire!
Emission du mardi 12 mars 2013 Deux ans après la catastrophe de Fukushima, les algues importées du Japon sont toujours en bonne place sur les rayons sushis des magasins de Suisse romande. Faut-il s’inquiéter d’une possible contamination radioactive? A côté des contrôles officiels, ABE a mené ses propres tests. ll n’y a pas que la radioactivité qui pose problème. Les algues agissent comme de véritables filtres d’eau de mer. Elles "bioaccumulent" de précieux minéraux, mais aussi des métaux lourds fortement toxiques comme le cadmium et l’arsenic, présents dans les eaux contaminées par des activités industrielles. ABE a fait analyser des échantillons achetés en Suisse romande.