Télémédecine: en savoir plus
36.9° vous propose une sélection de ressources complémentaires pour aller plus loin sur le sujet
Emission du 14 novembre 2007
La proposition de certaines assurances: un contrat
passant par la télémédecine en échange d'un rabais de
prime [DR]
Les coûts de la santé explosent et même si
pour 2008 l'augmentation des primes de l'assurance maladie de base
sera minime, de nouvelles hausses sont annoncées pour 2009. Si vous
souhaitez obtenir un rabais dans le cadre de l'assurance de base,
vous pouvez conclure un contrat passant par la télémédecine. Les
principaux assureurs du pays proposent cette forme de médecine
alternative.
Si vous êtes malades, ou que vous ressentez certains symptômes qui
vous inquiètent, vous appelez un call center ouvert 24 heures sur
24. Une infirmière ou un médecin vous diront s'il y a lieu de vous
faire examiner au plus vite ou si une simple aspirine pourrait
suffire.
En Suisse, deux centres d'appels médicaux se partagent le marché :
Medgate à Bâle et Medi24 à Berne. Ces deux entreprises sont
indépendantes et n'appartiennent pas à une assurance maladie. Elles
sont astreintes au secret médical et n'ont pas le droit de
communiquer des données sensibles aux caisses. Seul le nom du
patient et l'heure d'appel sont transmis aux assureurs. Pour
l'instant, aucune plainte pour violation de la confidentialité des
données ne semble avoir été déposée. Certains juristes pensent
qu'un risque pourrait toutefois exister, notamment pour des
patients souhaitant conclure des assurances complémentaires.
Chez Medi24, des infirmières répondent aux
appels [DR]
Medgate est un cabinet médical virtuel
qui emploie cinquante médecins. Ces derniers sont habilités à poser
un diagnostic. Ils peuvent envoyer au besoin une ordonnance par fax
à la pharmacie du patient. Ils le font pour des problèmes simples
et bien codifiés (voir la rubrique En savoir plus). Mais lorsque
les cas sont plus complexes ou nécessitent des examens physiques,
les patients sont aiguillés chez les praticiens installés ou vers
les services d'urgence.
Medi24 qui emploie soixante personnes a opté pour une autre
approche, puisque ce sont des infirmières qui répondent aux appels.
Elles proposent des conseils médicaux et surtout aident les
patients à déterminer dans quel délai consulter. L'un des buts est
d'éviter que des cas bagatelles engorgent les services
d'urgence.
Plusieurs praticiens en Suisse regardent avec inquiétude
l'avènement de la téléconsultation. Ils estiment qu'un diagnostic
ne peut être posé sans examiner physiquement le patient. Ils
mettent également en doute la pertinence du triage téléphonique. La
principale crainte serait que des urgences vitales soient ratées ou
que des erreurs médicales soient commises.
Les assureurs espèrent un changement de comportement
des patients [DR]
En 2007, suivant les caisses et les
cantons, entre cinq et vingt pour cent des assurés ont opté pour un
contrat passant par la télémédecine. Chacun des call centers a reçu
en moyenne quelque 2'000 appels par jour. Même si le succès est
avéré, il est encore trop tôt pour savoir si ce système va
permettre de faire baisser les coûts de la santé en Suisse et
désengorger les services d'urgence. Mais les assureurs espèrent à
terme obtenir les mêmes résultats que certains HMO ou réseaux
alternatifs ont obtenus, à savoir une diminution des coûts de
vingt-cinq pour cent. Ils aspirent à un changement de comportement
des patients.
Aux Etats-Unis, les malades disposent d'un système
interactif qui envoient automatiquement certaines données à des
centres de soin. [DR]
Surveiller les paramètres
vitaux à distance pourrait dans le futur faciliter le quotidien des
patients souffrant de maladies chroniques, tout en faisant baisser
les coûts de la santé. Medgate offre cette possibilité à des
hypertendus. Ils envoient via le téléphone portable les valeurs
calculées par un tensiomètre. D'autres programmes de suivi
devraient être prochainement proposés à des asthmatiques, des
diabétiques ou des insuffisants cardiaques. Aux Etats-Unis, on va
plus loin puisque les malades disposent d'un système interactif
passant par la vidéo ou via des boîtiers qui envoient
automatiquement certaines données à des centres de soin.