Emission du 17 octobre 2007

Victimes d'agressions : les experts au service des vivants

En 2006, la police lausannoise a enregistré près de 1400 agressions. Dans cette même ville, un sondage a révélé que plus d'une personne sur 10 déclarait avoir subi un acte de violence au cours des 12 derniers mois. Pourtant, ces faits divers ne font que rarement la une des journaux. Bagarres à la sortie des bars, incivilités, disputes conjugales : autant de manifestations d'une violence diffuse, quotidienne et souvent banalisée. Pourtant, depuis 2002, l'OMS la considère comme un problème de santé publique.

Victimes d'agressions : les experts au service des vivants

AU CHUV, les médecins légistes sont au service des
victimes d'agression [DR] AU CHUV, les médecins légistes sont au service des victimes d'agression [DR] Si elle ne tue pas, elle n'en porte pas moins durablement atteinte à la qualité de vie de ceux qu'elle touche. Par ailleurs, lorsqu'elles sont mal reconnues et mal soignées, les victimes de violence présentent souvent le risque d'exprimer leurs souffrances à travers d'autres pathologies.



Face à cette réalité, l'Institut de Médecine Légale du CHUV mène depuis 2006 une expérience unique en Suisse : mettre au service des victimes d'agression tout l'expertise des médecins légistes.



Chaque matin, 7 jours sur 7, l'Unité de Médecine des violences accueille ainsi gratuitement toute personne ayant subi un agression physique et désirant en faire le constat. Patiemment, des infirmières spécialisées vont ausculter chaque centimètre carré du corps des victimes, recueillant le moindre indice permettant de reconstituer les faits. Par ailleurs, au cours de la consultation, le patient pourra raconter en détail ce qui lui est arrivé.

Les victimes reçoivent un rapport étayé par des
photos [DR] Les victimes reçoivent un rapport étayé par des photos [DR] Suite à son passage à l'Unité, la personne recevra un rapport dans lequel, photos à l'appui, seront décrites toutes les lésions consécutives à l'agression. En cas de dépôt de plainte, ce rapport facilitera le travail du procureur. Mais quelle que soit l'issue d'une éventuelle procédure judiciaire, tous les patients de l'Unité tirent un bénéfice certain de la consultation : celui d'avoir été entendu et reconnu dans leur statut de victime. Le point de départ indispensable pour pouvoir guérir et se reconstruire.

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