Emission du 11 juillet 2007

Everest : les secours au camp de base

Les adeptes des trekkings dans l'Himalaya ou la Cordillère des Andes sont de plus en plus nombreux. Pourtant, cette nouvelle forme de tourisme peut être dangereuse. L'œdème cérébral et pulmonaire provoqué par le mal des montagnes cause chaque année de plus en plus de morts. Un reportage tourné au camp de base de l'Everest par une équipe de la BBC et adapté par Françoise Ducret et Eric Bellot.

Everest : Les secours au camp de base

Passer du niveau de la mer à 4200 mètres d'altitude
pose des problèmes physiologiques à l'organisme. Sans période
d'acclimatation, les dangers sont réels. [DR] Passer du niveau de la mer à 4200 mètres d'altitude pose des problèmes physiologiques à l'organisme. Sans période d'acclimatation, les dangers sont réels. [DR] Partir simplement se reposer sous les Tropiques n'est plus tendance. De plus en plus de gens veulent profiter de leurs congés pour vivre des aventures hors du commun. Les agences de voyages multiplient les propositions pour attirer les touristes avides de nouvelles sensations. Ceux qui rêvent d'exploits en très haute altitude sont prêts à débourser des sommes importantes pour se payer des guides, des cuisiniers et des chevaux afin de porter leurs bagages.



Si l'Everest n'attirait il y a quelques années que des alpinistes chevronnés qui partaient sur les traces d'Hilary et Tensing, aujourd'hui des milliers de sportifs du dimanche débarquent ainsi du jour au lendemain héliportés de Katmandou sur l'un des camps de bases de l'Everest.



Or, passer du niveau de la mer à 4200 mètres d'altitude pose des problèmes physiologiques à l'organisme. Sans période d'acclimatation, les dangers sont réels. Et ceux qui partent tout de suite à l'assaut des sommets mettent leur vie en danger.

Un hôpital sous tente

Des médecins installent chaque année un hôpital sous
tente à 4200 mètres d'altitude. [DR] Des médecins installent chaque année un hôpital sous tente à 4200 mètres d'altitude. [DR] Chaque année, une équipe de médecins américains installe un hôpital sous tente au camp de base de l'Everest à 4200 mètres . Ils sont secondés par une autre équipe britannique qui officie dans des locaux à Pheriche, un petit village situé 1000 mètres plus bas.



Ces 2 équipes vont, pendant les 3 mois que dure la saison de grimpe, travailler 24 heures sur 24 pour organiser les secours d'alpinistes en difficultés, mais aussi pour soigner les touristes qui se sont fait piéger par le mal des montagnes.

Les principales pathologies dues à l'altitude

En altitude, le simple fait d'ôter ses gants peut
provoquer de graves gelures. [DR] En altitude, le simple fait d'ôter ses gants peut provoquer de graves gelures. [DR] La raréfaction de l'air en altitude fait que le sang n'a plus assez d'oxygène pour faire travailler les muscles et pour assurer les fonctions vitales. Il est impératif de laisser du temps au corps pour qu'il fabrique de nouveaux globules rouges afin que le transport d'oxygène soit assuré. Pour cela il y a lieu de s'acclimater, en restant tranquille deux ou trois jours à une altitude de 3500 mètres, pour ensuite commencer doucement à monter puis à redescendre. Au bout d'un certain temps, l'organisme est prêt à monter à des altitudes de 5000 ou 6000 mètres. Si l'on brusque les étapes, ce qui est souvent le cas chez des personnes non expérimentées, le mal des montagnes guette et il peut être rapidement fatal.



Le premier signe, c'est le simple mal de tête. Mais des oedèmes cérébraux ou pulmonaires peuvent également se produire, dûs notamment à la rétention d'eau. Si la victime ne redescend pas immédiatement et ne prend pas certains médicaments spécifiques, l'issue peut être fatale.



D'autres dangers menacent lorsque l'on monte au dessus de 4000 mètres : ce sont les gelures qui peuvent se produire en quelques minutes. Au sommet de l'Everest, la température descend parfois à moins 60 degrés. Le simple fait d'ôter ses gants peut provoquer des gelures graves.

Conseils pratiques

- Respecter la procédure d'acclimatation



- Boire beaucoup



- Marcher lentement



- Prendre des antalgiques type paracétamol ou aspirine les premiers jours, contre le mal de tête



- Eviter les somnifères en altitude (à cause du manque d'oxygène et des risques d'apnée) et faire attention aux anti-inflammatoires, qui peuvent favoriser une rétention d'eau.

  • 36.9° primée