En savoir plus: réanimation
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Emission du 15 avril 2009
Les prématurés sont particulièrement concernés par la
réanimation [DR]
La naissance est peut-être le jour
le plus dangereux de la vie! Les nouveau-nés sont susceptibles de
connaître de gros problèmes respiratoires dans leurs premières
heures de vie. Les prématurés sont tout particulièrement à risque
car leurs poumons n'ont pas eu suffisamment de temps pour se
développer. Il n'est donc pas rare qu'il faille les intuber et les
réanimer immédiatement après l'accouchement. Aujourd'hui, les
données scientifiques sont suffisamment claires pour qu'en Suisse
on ait conclu qu'avant 24 semaines de gestation il était inutile de
tenter quoi que ce soit. Entre la 24e et la 28e semaine, une
réanimation est entreprise mais des examens complémentaires sont
effectués dans les 72 premières heures pour s'assurer qu'il n'y a
pas de lésion cérébrale. L'une des principales complications pour
le prématuré est l'hémorragie cérébrale. Suivant l'importance de
cette dernière, le cerveau sera lourdement endommagé, ce qui
entravera, de manière inacceptable, la qualité de vie future de
l'enfant.
Malgrés les analyses, le choix de "débrancher" un
nouveau-né est toujours difficile [DR]
Fabienne et
Raphaël ont donné naissance à un petit Hugo, après 26 semaines de
grossesse. L'enfant a dû être intubé et a connu d'innombrables
complications pulmonaires et cérébrales. Des ultra-sons ont révélé
une importante hémorragie cérébrale. Les médecins ont préparé
Fabienne et Raphaël à accepter de débrancher les machines
maintenant leur enfant en vie. Mais, contre toute attente, un
dernier examen par IRM a montré que le cerveau n'était pas à ce
point endommagé. Aujourd'hui, Hugo a 15 mois et va bien. Mais
personne ne peut prédire avec certitude s'il aura ou non des
séquelles sur le plan intellectuel. Un cas qui illustre bien la
complexité des décisions à prendre.
En néonatologie, un arrêt de réanimation est décidé par une équipe
pluridisciplinaire de médecins qui s'entourent de spécialistes
externes, notamment d'éthiciens. Ils évaluent tous ensemble si le
maintien en vie respecte des critères de bienfaisance et mesurent
la probabilité du handicap. Dans les cas graves, les parents n'ont
pas à dire s'ils sont d'accord ou pas d'accord car cette situation
pourrait les culpabiliser trop fortement par la suite.
Depuis peu, les centrales 144 aident les témoins à
pratiquer la réanimation [DR]
8'000 arrêts
cardio-respiratoires se produisent chaque année en Suisse, la
grande majorité au domicile ou dans la rue. Le taux de survie ne
dépasse pas les 5%. C'est peu pour un pays qui dispose
d'excellentes structures médicales et de sauvetage. Le maillon
faible se situe essentiellement au niveau des témoins. Si ceux-ci
ont généralement le réflexe d'appeler le 144, ils ont peur
d'entreprendre des manœuvres de réanimation. Or, proposer un
massage cardiaque à une personne inconsciente et ne respirant plus
augmente considérablement ses chances de survie. Les centrales du
144 proposent, depuis peu, un véritable travail de coaching lors
des appels. Elles expliquent comment réaliser un massage en
attendant l'arrivée des secours. Les directives ont aujourd'hui
changé. Plus besoin de ventiler une victime en arrêt cardiaque par
bouche à nez ou bouche à bouche, le massage suffit. Ce dernier
permet au sang de continuer à circuler dans le corps. L'utilisation
d'un défibrillateur automatique peut s'avérer utile à condition de
savoir où l'appareil est entreposé. Pas de crainte à avoir de mal
faire: on ne peut pas être plus mort que mort!
Le grand public est peu à peu sensibilisé aux
techniques de réanimation [DR]
Malgré différentes
propositions émanant du monde médical, les écoles, hormis quelques
rares exceptions, ne proposent pas à leurs élèves l'apprentissage
des gestes qui sauvent. C'est regrettable car seul quelques heures
de cours suffiraient. En revanche, des groupes privés organisent
pour les entreprises et le grand public des cours de massage
cardiaque et d'utilisation de défibrillateur automatique. La
formation est aussi offerte aujourd'hui dans le cadre de
l'obtention du permis de conduire.
Après 10 minutes, les séquelles neurologiques sont,
presque à coup sûr, fatales [DR]
Après 10 minutes
d'arrêt cardio-respiratoire, les séquelles neurologiques sont
gravissimes et les chances de survie quasi inexistantes. Chaque
minute qui passe, c'est 10% de chance en moins de s'en sortir. On
comprend donc l'importance d'une réaction adéquate des
témoins.
Lorsque les dégâts au cerveau sont trop importants, la décision
d'arrêter la réanimation peut se poser. Mais cette décision ne se
prend, en principe, pas sur le terrain car les ambulanciers ne
disposent pas des outils pour faire une évaluation suffisamment
précise. En revanche, différents tests, ainsi que l'apport de
l'imagerie médicale permettront dans les services d'urgence ou de
soins intensifs de prendre les mesures qui s'imposent.
La décision de stopper une réanimation n'est de loin pas toujours facile. Si, en cas de mort cérébrale, les choses sont claires, il existe en revanche des « zones grises ». Que faire si le cœur est reparti mais que le cerveau est gravement atteint? L'imagerie ne permet pas toujours de savoir quelle est l'ampleur des dégâts et surtout quelles seront les séquelles futures qui pourraient altérer la qualité de vie.
Les directives anticipées permettent de faire respecter
la volonté du patient en cas d'accident [DR]
Un arrêt
cardio-respiratoire peut aussi se produire à l'intérieur de
l'hôpital ou dans un EMS. Faut-il réanimer des personnes qui ont de
graves maladies chroniques, qui sont victimes d'un cancer en phase
terminale ou qui sont très âgées? La question est là aussi très
délicate et la réponse dépend d'innombrables facteurs. La
doctoresse Regula Zürcher, responsable des soins intensifs de
l'hôpital de Pourtalès, à Neuchâtel, a effectué un sondage auprès
de ses patients lorsqu'elle travaillait aux Cadolles. Elle leur a
demandé s'ils voulaient être impliqués dans la décision de
réanimation. 80% des personnes ont répondu qu'elles souhaitaient
pouvoir se déterminer elles-mêmes et ont précisé qu'elles
désiraient que le médecin leur pose cette question lors de
l'admission à l'hôpital. Cette pratique est encore rare en Suisse
mais elle est en passe de se développer, notamment lors de l'entrée
en EMS. L'académie suisse des sciences médicales vient d'encourager
ce genre de pratique.
Depuis quelques années, plusieurs associations comme Pro Senectute, pro Mente Sana ou l'Organisation Suisse des Patients, ont édicté des formulaires de Directives anticipées. Ces documents permettent d'élaborer un testament biologique et de dire quelles sont ses volontés en matière de réanimation en cas d'incapacité de discernement. Ce papier doit être daté et signé. Le mieux est de le déposer chez une personne de confiance, par exemple un médecin généraliste qui puisse intervenir en cas de besoin. Ces organisations encouragent aussi à désigner un représentant thérapeutique. Les directives anticipées ont force de loi et doivent être respectées par le corps médical. Cliquez ici pour en savoir plus sur les directives anticipées .