Emission du 02 mai 2012

Distilbène: un héritage empoisonné

Un oestrogène de synthèse, le distilbène, a été largement prescrit aux femmes enceintes entre les années 1948 et 1977. Ce médicament, censé éviter les fausses couches, s'est non seulement révélé inutile, mais a généré des malformations, des accouchements prématurés et des problèmes de santé importants non seulement chez les enfants, mais chez les petits-enfants des femmes à qui il avait été prescrit.

Le distilbène c’est l’histoire d’un oestrogène de synthèse  qui est  donné  après la deuxième guerre mondiale  pour empêcher les fausses couches. Les médecins y croient tellement qu’ils le prescrivent à titre préventif. Pourtant, en 1953 déjà, des premières études montrent son inefficacité. En  1971,  la FDA (L'agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux) recommande de ne plus l’utiliser car des liens avec des cancers ont été établis.

Le Distilbène fut distribué aux femmes pour éviter les fausses couches. [Miguel Medina - AFP] Le Distilbène fut distribué aux femmes pour éviter les fausses couches. [Miguel Medina - AFP] Le distilbène reste toutefois sur le marché jusqu’en 1977. Aux Etats-Unis et en Europe, 12 millions de femmes vont prendre cette hormone considérée comme miraculeuse. En  Suisse, le distilbène  est commercialisé sous 7 noms différents. 
L'oestrogène de synthèse provoque ainsi des malformations de l’utérus chez les filles et accroît le risque d'hypospadias, une anomalie de la fermeture de l’urètre sur la verge des garçons. Un signe de féminisation. Les  modifications chimiques sur les gènes vont être transmises aux  petits enfants puis aux arrières petits enfants,  même si ces derniers n’ont pas été exposés directement in utero.
Chez l'être humain, on ignore pour l'instant si les effets s’estompent avec le temps. Chez l’animal, le recul premet de distinguer des problèmes jusqu’à la sixième génération. Autre problème: le distilbène pourrait être à  l’origine de certains troubles psychologiques ou de certaines pathologies psychiatrique.


Une enquête de Françoise Ducret et Gerard Louvin.

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