Emission du 28 septembre 2011

Organes à vendre sur internet

Louer son utérus, vendre un organe ou des ovules: un marché comme un autre? Reportage sur les traces d'un homme décidé à vendre son rein et détour par les cliniques très chics qui vendent des oeufs humains. Ça se passe près de chez nous, en Suisse et en Europe.

Sur Internet, entre une maison à louer en Toscane,  un tracteur ou un bateau d’occasion, on trouve des dizaines d’annonces qui proposent des organes à vendre. L’OMS estime que 5 à 10% des greffes de rein dans le monde sont aujourd’hui issues de cette économie cannibale.  Jusqu’ici, le trafic d’organes frappait surtout les pays lointains comme l’Inde ou les Philippines. Mais désormais, les organes se vendent aussi en Europe. 

Venu d’Amérique latine pour travailler en Espagne, José est aujourd’hui victime de la crise économique. Pour s’en sortir, il a décidé de vendre son rein. Dans une clinique de Madrid, il a En Espagne, de nombreuses cliniques de fertilité prospèrent grâce à la clientèle étrangère. [RTS] En Espagne, de nombreuses cliniques de fertilité prospèrent grâce à la clientèle étrangère. [RTS] subi une série d’examens invasifs et douloureux, sans toucher un centime. José ira ensuite au Brésil où on lui enlèvera son rein pour le donner à un jeune homme, fils unique d’une très riche  famille française. 
De manière moins spectaculaire, un autre type de marché s’organise en silence, loin de tout débat démocratique et de toute réflexion. En Suisse, le don d’ovocytes est interdit, mais ce n’est pas le cas en Espagne.  Là-bas, des centaines de cliniques de fertilité prospèrent grâce à l’afflux de clientèle étrangère. Des femmes quadragénaires qui souhaitent une grossesse tardive, dans la grande majorité des cas.
De nombreuses Suissesses choisissent ainsi Barcelone. Pour 10'000 euros, elles bénéficient d’un transfert d’embryon avec les ovocytes d’une jeune femme. Les donneuses, elles, reçoivent un forfait de 1'000 euros, un dédommagement prévu par la loi espagnole. C’est peu en fonction des risques encourus, mais dans un pays en proie à la crise et au chômage des jeunes, les candidates ne manquent pas.

Un reportage d'Isabelle Moncada et d'Eric Bellot

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