Emission du 31 août 2011

"Trop cher: tu meurs!"

Un arrêt du Tribunal fédéral du 23 novembre 2010 a donné raison à un assureur ne voulant plus payer la thérapie, jugée trop chère, d'une maladie rare. Faut-il poser une limite à la prise en charge de certains médicaments au risque de condamner à mort des patients? Reportage, témoignages et débat...

Cet arrêt du Tribunal fédéral va-t-il faire jurisprudence? Va-t-on vers un rationnement des soins en Suisse? Va-t-il aussi s'appliquer à des traitements contre le cancer par exemple? N'est-ce pas le prix à payer pour limiter la hausse des primes maladies? Certains médicaments ne sont-ils pas vendus trop chers par leurs fabricants?

Ces questions touchant à la santé publique sont d'autant plus cruciales que 500'000 personnes souffrent en Suisse d’une maladie rare. Une maladie est considérée comme rare, ou orpheline, si elle touche moins d’une personne sur deux mille. Or, il existe de nombreuses pathologies rares, plus de sept mille identifiées à ce jour. Désormais on dira à certains de ces patients fini: trop cher, l’assurance ne rembourse plus votre traitement. A la souffrance, à l'impuissance du corps médical, s'ajoute le problème du financement. Une triple peine en quelque sorte.

David, étudiant de 26 ans [DR] David, étudiant de 26 ans [DR] Françoise Ducret et Gérard Louvin ont mené une enquête passionnante et bouleversante sur ce thème. Outre les explications d’experts du monde médical et politique, ils ont recueilli les témoignages de personnes souffrant de maladies orphelines, dont David, 26 ans. Victime de la maladie de Morbus Pompe, son traitement coûte 300'000 francs par année. Lorsque l’équipe de 36,9° l’a rencontré, il venait d’apprendre que son assurance ne prendrait plus en charge son traitement.

Errance diagnostique, incompréhension des proches , non remboursement par les assurances: tous ceux affectés par les maladies orphelines sont les oubliés de notre système de santé.

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  • 36.9° primée