Emission du 20 avril 2011

Crèmes solaires: faux messages et vrais cancers

Nous avons tort de croire que les crèmes solaires protègent du mélanome. Ce cancer de la peau très agressif ne cesse d’augmenter. Le bouclier cosmétique ne fonctionne pas et la prévention est un fiasco. Comment en est-on arrivé là? Quels sont traitements quand la maladie fait des métastases?

Chaque été depuis 1988, une nouvelle campagne nationale de prévention contre le mélanome est lancée. Une démarche dont on s’interroge aujourd’hui sur la réelle efficacité puisque le nombre de personnes atteintes de ce cancer de la peau est en constante augmentation. Tout le monde se croit protégé par sa crème solaire, or il s’agit d’une illusion savamment entretenue par la publicité et les campagnes financées par l’industrie cosmétiques. En 2009, plus de 86 millions de litres de crèmes solaires ont été vendues dans le monde. Le public est dupé: les crèmes ne protègent pas du mélanome.

Un Suisse sur quatre sera touché par le mélanome au cours de sa vie. [DR] Un Suisse sur quatre sera touché par le mélanome au cours de sa vie. [DR] Les Suisses, qui voyagent beaucoup sont parmi les populations les plus touchées au monde par ce cancer. La faute au bronzage express. Le pire pour la peau est une exposition brutale après des mois sans soleil. Dans l’esprit des plagistes, la crème est un bouclier suffisant contre le soleil. En réalité les filtres UV protègent des brûlures mais ne préviennent pas des dommages causés à l’ADN par les rayons. Le coup de soleil signale que les cellules ont souffert. Privé de cette alarme, on ne sent pas que sous la peau les dégâts s’accumulent. Pour se protéger du soleil, nombreux sont ceux à préférer s’enduire de crème plutôt que de rester à l’ombre.
Si les ventes de cosmétiques solaires augmentent, le mélanome aussi.  Est-ce la preuve que les crèmes sont une protection inefficace contre ce cancer? Les crèmes diminuent la toxicité du soleil sur la peau, ralentissent le vieillissement cutané et limitent aussi les risques de cancers baso et spino cellulaires, deux cancers bénin de la peau, mais ne préservent en aucun cas l’ADN. Elles auraient même tendance à être un facteur aggravant. Depuis les années 2000 on sait ainsi que certains filtres UV affectent le système hormonal, le développement des organes sexuel et du cerveau des mammifères. Ces perturbateurs endocriniens passent aussi dans l’organisme humain. Les chercheurs en ont retrouvé dans l’urine et même dans le lait maternel.

Intervention chirurgicale sur le mollet d'une femme atteinte d'un cancer de la peau.  [DR] Intervention chirurgicale sur le mollet d'une femme atteinte d'un cancer de la peau. [DR] Aux perturbateurs endocriniens, se rajoutent désormais les nano particules. En 2006, le centre international de recherche sur le cancer a classé le dioxyde de titane comme substance cancérigène possible pour l'homme. Or, les cosmétiques, les dentifrices et les crèmes solaires en contiennent. Plusieurs études ont montré que ces particules peuvent endommager l'ADN sans même pénétrer les cellules. Le Professeur Jürg Tschopp de l'Université de Lausanne confirme que les particules de dioxyde de titane sont aussi dangereuses pour les poumons que l’amiante. Avec l’essor des crèmes solaires en spray, le risque d’inhaler ces nano particules a augmenté.
Un suisse sur soixante-quatre sera touché par le mélanome au cours de sa vie. Actuellement, le pic d’incidence se situe autour de 50 ans. Une fois le mélanome enlevé, le patient est sous surveillance intense pendant 5 ans. Passé ce délai, on considère que le risque de métastase est moindre et la surveillance s’espace. Moins la lésion est profonde, meilleur est le pronostic, d’où l’importance d’agir vite. Si le nombre de cas augmente, la mortalité, elle, est en léger recul. On meurt moins des cancers de la peau, et en particulier du mélanome, parce que le dépistage précoce s’est amélioré. En revanche un mélanome métastatique est un cancer incurable. Un tel pronostic est une sentence de mort, à plus ou moins brève échéance. Ou plutôt était une sentence de mort car de nouveaux traitements sont actuellement testés chez des malades volontaires et au vu des premiers résultats on peut dire qu’il y a de l’espoir...

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