Emission du 30 mars 2011

Anorexie-boulimie: l’enfer est dans l’assiette

Manger est devenu un véritable enfer pour certaines. Si 86% des femmes occidentales rêvent de minceur, on comprend encore mal pourquoi certaines d’entre elles basculent dans l’anorexie. Depuis peu, des centres spécialisés ont ouvert leurs portes en Suisse romande, pour tenter de briser cette spirale de la maigreur.

Les rapports compliqués à la nourriture sont de plus en plus fréquents. Tout le monde ou presque culpabilise en mangeant des pâtisseries, en particulier les femmes. Les chiffres sont éloquents: 86% d’entre elles disent ne pas se sentir bien dans leur corps alors que plus de 60% ont un poids normal. Chez 1 à 2% des jeunes femmes, cette préoccupation se transforme inexplicablement en maladie grave. L’anorexie mentale est considérée comme une des maladies psychiatriques les plus dangereuses. 10 à 15 % de celles qui plongent un jour dans spirale de la maigreur n’y survivent pas.

Pour protéger ces femmes contre elles-mêmes, le CHUV et les établissements hospitaliers du nord vaudois ont ouvert en 2009 une structure unique en Suisse romande: l’Hôpital de St-Loup à Pompaples. Cette unité de soins peut accueillir une douzaine de patients souffrant d’anorexie et de boulimie. La majorité des patients y est admise sur une base volontaire. Le motif de l’hospitalisation est presque toujours le même: un poids descendu en dessous de la ligne de danger. A un tel stade de dénutrition, le squelette présente une ostéoporose irréversible, les reins sont menacés et la moindre infection devient un danger mortel.

Une patiente de l'hôpital de St-Loup à Pompaples. [DR] Une patiente de l'hôpital de St-Loup à Pompaples. [DR] Pour survivre, le corps doit alors se nourrir de ses propres organes qui deviennent la source d’énergie principale. Les fonctions vitales se retrouvent alors entravées. Le cœur s’économise, la respiration ralentit,… La première étape des soins passe par le rétablissement d’un rythme alimentaire normal. En clair, les patientes doivent être à table aux heures des repas et manger en quantités suffisantes. Un passage obligé qu’elles ont souvent du mal à accepter. L’objectif est de leur faire reprendre du poids pour permettre au cerveau de fonctionner à nouveau normalement. Trop maigre, ces femmes ne peuvent plus ni réfléchir ni prendre véritablement conscience de ce qui leur arrive.

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