Emission du 06 octobre 2010

Mal au genou: on change tout

Près de 14'000 prothèses du genou sont posées chaque année en Suisse. C’est 3 fois plus qu’il y a 10 ans. Et la demande risque d’exploser dans les années à venir en raison de l’augmentation des cas d’arthrose et du vieillissement de la population. Un reportage de Françoise Ducret et Jean-Alain Cornioley.

Surpoids, arthrose, accidents sportifs et malformations peuvent à terme créer des douleurs très intenses. Lorsqu’elles deviennent résistantes à tout traitement médicamenteux et affectent gravement la qualité de vie, la prothèse devient alors la seule issue. Le marché mondial des prothèses du genou avoisine les 5 milliards de dollars. S’il est essentiellement entre les mains des Américains, la Suisse joue malgré tout un rôle intéressant, notamment grâce à un pôle de recherche et de développement créé entre le CHUV, l’EPFL et l’industrie.

Les prothèses du genou permettent de soulager la douleur. [DR] Les prothèses du genou permettent de soulager la douleur. [DR]  

Le genou est une articulation à la fois stable et mobile. Les ligaments en assurent le maintien, alors que le cartilage permet au fémur de glisser au dessus du tibia pour permettre la flexion. Avec le temps, suite à des chocs répétés, à des surcharges ou à des accidents, le cartilage s’use, les os se frottent les uns aux autres, générant des douleurs. L’arthrose apparaît alors. Surpoids, malformations congénitales, genoux en o ou en x sont des facteurs aggravants. Mais accepter ce corps étrangers, même avec la perspective d’effacer la douleur n’est pas chose aisée. Et puis, l’installation de prothèses n’est malheureusement pas toujours couronnée de succès.

En Suisse, faute de financement, il n’existe toujours pas de données épidémiologiques qui pourraient être compilées dans un registre national des prothèses du genou. Ce qui permettrait de mieux évaluer le devenir des patients et mettrait en évidence les déficiences des implants, car l’usure de la prothèse reste problématique. Pour l’instant, sa durée de vie avoisine les 10 à 15 ans.

Les causes de vieillissement des prothèses sont encore très mal connus. [DR] Les causes de vieillissement des prothèses sont encore très mal connus. [DR]  

Une étude conduite conjointement par le CHUV et l’EPFL cherche à mesurer scientifiquement les différents paramètres de la marche avant et après la pose d’une prothèse. Jusqu’à ce jour, on ne se basait que sur les impressions des patients et des médecins. Ces données devraient encore permettre d’évaluer les performances des différentes prothèses offertes sur le marché. Le CHUV, l’EPFL et l’industrie travaillent aussi main dans la main pour mieux comprendre l’interaction entre tissus vivants et prothèse, car bien des mystères n’ont pas encore été élucidés, comme l’usure et le descellement des implants. En ligne de mire de ce partenariat, un médicament qui devrait ralentir le décollement de l’os à la prothèse.

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