Emission du 15 septembre 2010

Au coeur du cerveau autiste

Steven nous révèle en un clin d'oeil le jour de la semaine pour toutes les dates depuis 1752. Laurianne s'est construit un univers imaginaire pour se protéger du monde réel qu'elle juge trop agressif. Anthony lui souffre d'un autisme sévère. Impossible de communiquer par la parole. Que se passe-t-il dans leur cerveau? Les neurosciences apportent de nouvelles réponses: pour certains chercheurs le cerveau autiste est un "supercerveau", une cerveau hyperconnecté dont les fusibles cèdent plus rapidement que dans le nôtre.

Laurianne,  Katia et  Matthias ont le syndrome d'Asperger: une forme particulière d’autisme qui leur permet de partager leur monde intérieur. Mais tous les autistes n’ont pas cette faculté. Pour beaucoup, un véritable mur se dresse entre eux et leur environnement.

Il existe autant de formes d’autisme que d’individus touchés par le syndrome, soit une multitude de mondes différents, en apparence très éloignés les uns des autres. La science commence tout juste à comprendre ce qui les relie entre eux. Aujourd’hui, preuve est faite que l’autisme a une forte composante génétique. Plusieurs dizaines de gênes de l’autisme ont déjà été identifiés. Ceux-ci construisent un cerveau différent du nôtre…

Les enfants autistes n'ont souvent pas conscience du danger. [DR] Les enfants autistes n'ont souvent pas conscience du danger. [DR]  

Cette nouvelle vision de l’autisme a une première conséquence: elle bouleverse le dépistage. Si la maladie n’est plus un problème d’éducation, le diagnostique doit pouvoir être dressé beaucoup plus tôt. C’est dans ce but qu’une nouvelle structure d’accueil vient d’ouvrir ses portes à Genève.

Au Centre de consultation spécialisée en autisme de l'Office médico-pédagogique de Genève, la psychologue Hillary Wood recherche chez les enfants les signes de la triade autistique: trois symptômes que présentent tous les autistes. Le premier renvoie à des anomalies dans la communication verbale: l'enfant emploie des phrases répétées, comme un écho qui parasite la conversation. Les psychologues ont aussi décelé le symptôme du «centre d'intérêt restreint». Le troisième élément de la triade autistique concerne, quant à lui, des difficultés dans les interactions sociales.

Le cerveau des autistes est un "chantier" permanent. [DR] Le cerveau des autistes est un "chantier" permanent. [DR]  

Dans le cerveau autiste, non seulement c’est un chantier permanent, mais le trafic y est plus dense et les embouteillages plus fréquents. En clair, plus proche d’un carrefour en ville que d’un croisement à la campagne. C’est la théorie du monde intense. Pour permettre au cortex des enfants autistes de se développer correctement, il doit donc être mieux protégé des aléas du quotidien.

Et si la clé thérapeutique passait par le fait de rendre l’environnement prévisible? Bien sûr, ce n’est encore qu’une hypothèse…

 

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