Accidents par morsure: en savoir plus
36.9° vous propose une sélection de ressources complémentaires pour aller plus loin sur le sujet.
Emission du 12 mars 2008
Le cien a 42 dents et une mâchoire 10 fois plus
puissante que celle de l'homme [DR]
Malgré des milliers d'années de vie commune avec l'homme, le chien demeure un prédateur. De son ancêtre sauvage, l'animal a hérité de 42 dents parfaitement dessinées pour saisir, déchiqueter et broyer ses proies : un véritable armement, dont la puissance dépasse de 10 fois celle de la mâchoire humaine. Tout chien est donc potentiellement dangereux, même si la taille de l'animal joue ici un rôle non négligeable.
Parmi les victimes, les enfants sont sur représentés. Pour les vétérinaires comportementalistes, la taille, la démarche, les cris d'un enfant en bas âge le désignent comme une proie. Bref, aux yeux d'un chien, l'enfant évoque dangereusement le lapin de garenne.
La confusion est apparemment fréquente puisque les statistiques montrent qu'un enfant court deux fois plus de risque qu'un adulte d'être mordu. Des blessures en général graves. En raison de leur petite taille, le plus souvent, les enfants sont agressés au visage.
Un enfant victime de morsure sur deux souffre de stress
post-traumatique [DR]
Quel que soit leur gravité apparente, ces blessures sont toujours prises très au sérieux par les médecins. En effet, en cas de morsure, le risque d'infection est très important, notamment en raison de l'écrasement des tissus. Les chirurgiens doivent donc trouver un compromis entre l'envie de fermer rapidement la plaie pour que la cicatrice soit discrète et le besoin de la laisser ouverte tant que le risque infectieux n'est pas écarté.
Quand cette phase d'urgence est passée, que la vie n'est plus en danger, d'autres blessures peuvent apparaître, souvent beaucoup plus longues à se refermer. Des études américaines ont montré qu'à la suite d'une morsure, un enfant sur deux présentait des symptômes de stress post-traumatique.
Dans la tête de la victime, les images de l'agression s'imposent de manière répétitive et incontrôlable. Un sentiment diffus de peur s'installe, une peur d'autant plus difficile à gérer que dans nos sociétés, difficile de ne pas croise l'animal lorsqu'on sort de chez soi.
Autre constat : l'importance de ces symptômes n'est pas nécessairement en lien avec la gravité de l'accident. Au delà de la blessure physique, l'agression brise aussi un certain rapport de confiance. Trois fois sur quatre, la victime connaissait le chien qui l'a mordu. Le meilleur ami de l'homme peut aussi être celui qui le trahit.
Une piste contre les accidents: enseigner aux enfants à
côtoyer les chiens [DR]
Pour ne pas en arriver là, la première mesure consiste à enseigner au chien à considérer l'être humain comme un partenaire social et non pas comme une proie. Cette tâche incombe d'abord à l'éleveur, notamment durant les premières semaines de la vie de l'animal. Ensuite, le maître sera responsable de poursuivre ce travail. Les experts sont formels, quel que soient les circonstances de l'accident, le maître est toujours le premier responsable. A tel point qu'en Suisse, on envisage de plus en plus sérieusement d'imposer des permis pour détenteurs de chiens et de rendre obligatoires les cours d'éducation canine.
Enfin, l'autre piste pour diminuer le nombre de morsures consiste à enseigner aux enfants à côtoyer les chiens comme on leur apprend à traverser la rue. Neuchâtel par exemple propose ces cours à tous les écoliers. Avec succès : en 5 ans, le nombre de morsures a diminué de moitié dans le canton.
La prévention des morsures passe donc par l'éducation du chien, de son maître et de sa victime potentielle. Une dynamique complexe. Même en limitant au maximum le risque, on ne pourra jamais l'éliminer complètement. Un chien ça n'est pas un jouet, les faits divers des journaux nous le rappellent trop souvent.