Les débuts de la criminologie

Carte phrénologique indiquant les zones des facultés intellectuelles
Carte phrénologique indiquant les zones des facultés intellectuelles [© Oguedel - ]
De tout temps, les hommes se sont passionnés pour les crimes et ceux qui les commettent. Il a pourtant fallu attendre 1885 et l'ouvrage de Raffaele Garofalo pour voir apparaître le terme de "criminologie". Si le nom de cette nouvelle science date donc du XIXe siècle, l'intérêt que lui portent les scientifiques est plus ancien.

Les précurseurs

A la fin du XVIIIe et au début XIXe siècle, ceux qui jettent les bases de la criminologie sont surtout juristes, médecins et statisticiens. Parmi les hommes de loi, on trouve notamment Cesare Beccaria. Dans son livre "Des délits et des peines" (1764), il s'oppose à la peine de mort ainsi qu'à la torture, choisit la prévention plutôt que la répression et désigne l'éducation comme meilleur moyen de lutter contre la délinquance. Parmi les médecins, on distingue un autre italien, Cesare Lombroso (1835 - 1909), persuadé que la morphologie du crâne est liée au caractère de son propriétaire. Cette pseudo-science nommée phrénologie sera très vite abandonnée.

Carte phrénologique indiquant les zones des facultés intellectuelles
Carte phrénologique indiquant les zones des facultés intellectuelles [© Oguedel - ]
Les écoles italiennes et françaises

Cesare Lombroso, médecin légiste, est le principal représentant de l'école italienne. Pour lui, le criminel est un type d'homme particulier dont l'évolution a du retard par rapport à celle de ses contemporains. Un criminel-né. Il se trompe évidemment. C'est plutôt pour la méthode scientifique qu'il applique à ses travaux qu'il est considéré comme le fondateur de la criminologie scientifique.

Côté français, on peut citer les travaux d'Alexandre Lacassagne (1843 - 1924), médecin légiste et expert auprès des tribunaux. Spécialiste, entre autres, de la toxicologie, son credo fut de définir scientifiquement ce qu'est un criminel pour mieux l'identifier, prévenir ses actes et les réprimer. Pour ses recherches, il n'hésite pas à fréquenter les morgues et les prisons.

RTS Découverte

Publié le 02 novembre 2017