Questions - Réponses

Santé

Bonjour. J'ai eu des lésions cérébrales de naissance. Vous pouvez donc deviner mon intérêt pour les cellules souches et ma révolte à cause des interdictions limitant la recherche dans ce domaine. Mon médecin m'a dit que, concernant le traitement avec des cellules souches sur les patients ayant subit un AVC, la commission d'éthique devait encore donner son accord. Est-ce le cas? Si oui, est-ce aussi le cas pour les cérébraux lésés de naissance? Par ailleurs, j'ai vu qu’on avait réussi à greffer des cellules souches embryonnaire sur un patient paralysé, aux Etats-Unis. Cela ne devrait-il pas pousser la commission d'éthique à donner son accord? Où en sont les recherches en la matière? Merci pour votre réponse. Salutations.

Question de Battant (28 ans)

Alex Mauron

Réponse de Alex Mauron

Professeur

Institut d'éthique biomédicale

Faculté de Médecine

Université de Genève

La recherche sur les cellules souches embryonnaires ou fœtales est en effet très prometteuse pour les maladies neurodégénératives, ainsi que les accidents vasculaires cérébraux ou encore les lésions de la moelle épinière. Cependant, ces recherches sont encore majoritairement des recherches fondamentales. Il y a effectivement un petit nombre d’essais cliniques préliminaires, mais on est encore loin d’un traitement validé pour l’une de ces pathologies.

Je ne vois pas à quoi votre médecin fait allusion s’agissant du rôle des commissions d’éthique. Celles-ci n’interviennent que pour autoriser un essai clinique et ont pour rôle d’assurer la protection des patients concernés. Elles n’interviennent pas en aval, au niveau de l’introduction d’un nouveau médicament ou un nouveau produit thérapeutique sur le marché, car c’est le rôle d’une agence du gouvernement (Swissmedic en Suisse, la Food and Drug Administration aux USA). Ceci dit, il est vrai que la recherche dans ce domaine est controversée, mais aujourd’hui les adversaires de ces recherches ont largement perdu la partie, du moins aux USA et dans la plupart des pays européens. A l’époque de M. Bush, cette recherche était limitée (aux USA) aux laboratoires privés car les universités n’avaient pas le droit de financer ces travaux avec de l’argent fédéral. Mais cette limitation est désormais caduque. En Suisse, il y a eu une votation populaire en 2004, qui a confirmé la loi autorisant ces recherches. Il n’y a donc plus d’obstacle légal ou éthique à ces recherches. Là où le bât blesse, c’est plutôt au niveau du financement, du moins en Suisse.

14 juin 2011

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