Questions - Réponses

Sciences

A quoi servent les lignes de kikuchi en MEB?

Didier Perret

Réponse de Didier Perret

Docteur

Section de chimie et biochimie
Université de Genève

Cette question relève plus des sites internet ultraspécialisés que du site généraliste de RTS Découverte; quelques explications simples s’avèrent donc nécessaires pour les internautes lambda.

MEB est l’acronyme de Microscope Electronique à Balayage (Scanning Electron Microscope, SEM, en anglais). Cette technique consiste à balayer un fin faisceau d’électrons, générés dans une colonne sous vide, sur la surface d’un échantillon, et à enregistrer une image de l’objet qui résulte de l’interaction entre les électrons et l’échantillon. L’image obtenue renseigne sur la structure tridimensionnelle et les caractéristiques de surface de l’objet; les micrographies spectaculaires de têtes ou d’yeux de mouches qu’on a l’habitude de voir dans les documentaires sur le monde des insectes sont obtenues par cette technique.

Cependant, en orientant l’objet d’une manière particulière dans le MEB, et en mesurant les électrons rétrodiffusés à des angles particuliers, la technique permet d’obtenir des informations sur la structure microcristalline d’objets qui possèdent un ordre à courte ou longue distance dans l’arrangement des atomes qui constituent ces objets. En interagissant avec la matière ordonnée, les électrons rétrodiffusés créent sur le détecteur des motifs de diffraction qui permettent, au moyen d’algorithmes complexes, de modéliser l’arrangement des atomes dans la maille cristalline de l’objet. Les motifs de diffraction obtenus dans le SEM équipé d’un détecteur permettant l’enregistrement de ces motifs sont appelés des lignes de Kikuchi, ou bandes de Kikuchi.

Par la technique de Microscopie Electronique à Balayage couplée à un détecteur de diffraction des électrons rétrodiffusés (Electron Backscatter Diffraction, EBSD, en anglais), le microscope se mue ainsi en un appareil de cristallographie permettant à l’utilisateur de "déblayer le terrain" dans le cas d’échantillons dans lesquels on suspecte la présence de microdomaines cristallins. Ensuite, une analyse classique de diffraction aux rayons X permettra de confirmer et affiner les résultats.

18 décembre 2017

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