Questions - Réponses

Société

Comment sont morts les hommes préhistoriques?

Question de ANDREA (40 ans)

Martine Piguet

Réponse de Martine Piguet

Laboratoire d'archéologie préhistorique et anthropologie

Institut Forel, sciences de la Terre et de l'environnement

Université de Genève

C'est une question très vaste qui mériterait un long développement, mais je vais essayer de donner quelques pistes de réponses dont certaines sont issues du site internet www.hominides.com. Tout d'abord, la préhistoire est une longue période qui a vu plusieurs espèces d'humains se développer, ce qui fait un champ d'investigation très vaste. D'autre part, les os sont souvent les seuls témoins des maladies ou des traumatismes qui ont touché les hommes du passé, encore faut-il qu'ils laissent des traces visibles sur les ossements.

Pour les périodes anciennes de la préhistoire, les données, plus rares, montrent que les hommes présentaient moins de maladies et de traumatismes que dans les périodes suivantes. On trouve cependant des traces de lésions (chocs divers, fractures) ayant pu mener à la mort, quelques atteintes infectieuses et des cas de rachitisme. La mortalité obstétricale devait être importante car les squelettes retrouvés sont habituellement ceux de femmes jeunes, de la même manière la mortalité infantile était élevée.

Avec le Néolithique qui marque le début de l'agriculture et de l'élevage, le nombre de maladies augmente. On voit l'apparition des maladies infectieuses, due à la promiscuité des hommes et des animaux dans les villages et au brassage des populations. "La tuberculose, entre autres, absente au Paléolithique, est sans doute d'origine animale, de même que beaucoup de maladies infectieuses (variole, lèpre, salmonelloses, ténia, typhoïde, charbon, grippes, rage, tétanos, syphilis, sans compter le sida et la maladie de Creutzfeldt-Jakob)" (voir le site www.hominides.com). Les agriculteurs du Néolithique sont aussi plus touchés par les disettes dues aux intempéries, les carences, les épidémies comme la peste et le choléra. C’est aussi dès le Néolithique que l'on remarque une augmentation de la violence notamment collective, de la guerre avec des traumatismes marquant le crâne et les os, des pointes de flèches plantées dans le squelette, des actes de massacres. Si cette violence est spectaculaire, elle ne devait pas être la cause principale des décès à cette période. Ce sont plutôt les infections qui devaient représenter la première cause de mortalité des populations anciennes.

20 juin 2017

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