Les lames en silex de Champréveyres et Monruz
13.10.2011 13:28Les deux lames de silex provenant des campements magdaléniens voisins de Neuchâtel-Monruz et Hauterive-Champréveyres, distants d’un kilomètre l’un de l’autre, ont été débitées à partir d’un même nucléus ou bloc de silex. On a pu déterminer que la plus longue d'entre elles servait à découper la chair animale. Leur différence de couleur s’explique par la nature du sédiment dans lequel elles ont été retrouvées: la lame jaune beige de Monruz reposait dans un sédiment graveleux tandis que celle de Champréveyres, gris foncé, reposait dans une couche tourbeuse. Ces pièces de dimensions exceptionnelles (9,2 cm de long pour la plus grande) ont été réalisées en silex de la région d’Olten, un matériau de bonne qualité prisé par les Paléolithiques.
Pour les périodes préhistoriques, le silex constitue un sujet d’étude extrêmement instructif. Le matériel lithique permet de localiser les aires de taille sur un site et de s’interroger sur la compétence des tailleurs, le choix et la circulation des matières premières, les contacts entre groupes. Le remontage effectué entre les lames de Monruz et Champréveyres indique-t-il que les deux campements ont été occupés par le même groupe humain? Grâce à l’étude de ces deux artefacts, il est possible d’approcher au plus près la vie quotidienne de ces chasseurs-cueilleurs, de retracer leurs activités et leurs déplacements.
Cloé Lehmann, étudiante à l’université de Neuchâtel, guide-animatrice au Laténium