La canine de chien paléolithique de Champréveyres
29.07.2011 16:30L’origine et l’apparition du chien domestique font débat depuis de nombreuses années. Plusieurs hypothèses ont été proposées: le chien comme descendant de plusieurs espèces différentes - loup, chacal ou coyote -, ou uniquement du loup, ou encore l’existence d’un ancêtre commun pour le loup et le chien. De même, une apparition en divers lieux géographiques, c’est-à-dire une origine multiple, en opposition à une origine unique, a été évoquée. En ce qui concerne l’époque de sa domestication, les avis divergent entre les généticiens et les archéologues, les premiers soutenant une date d’environ 100'000 av. J.-C., alors que les seconds se basent sur des vestiges n’excédant pas 15'000 ans.
Les principaux problèmes rencontrés par les chercheurs résident dans la rareté des ossements de canidés anciens bien conservés, et du fait de l’interfécondité entre toutes les espèces de canidés. Dès lors, comment reconnaître avec certitude un squelette de chien domestique par rapport à celui d’un loup domestiqué ou d’un hybride entre chien et loup? Diverses études scientifiques, qu’elles soient comportementalistes, archéozoologiques ou génétiques, ont jalonné le parcours de notre connaissance. Si, dans les années 1990, on supposait déjà que le loup gris (Canis lupus lupus) était l’ancêtre direct et exclusif du chien, la preuve n’a été révélée que très récemment. Quelles sont les influences de l’homme sur la domestication de cet animal et sur la suite logique du processus, à savoir les changements morphologiques et comportementaux, ainsi que la diversification des espèces du meilleur ami de l’homme? Pourquoi le chien a-t-il été domestiqué et comment? Quelles étaient les fonctions qu’il remplissait auprès de nos ancêtres paléolithiques? Qu’en est-il du lien social qui existait entre le chien et l’humain?
Autant de questions soulevées par la découverte d’une canine de chien sur le site d’Hauterive-Champréveyres. Ce vestige constitue en effet l’un des plus anciens témoignages de la présence de cet animal domestique en Suisse, de peu postérieur au spécimen découvert dans la grotte du Kesslerloch (Schaffhouse). Il sert ainsi de prétexte pour retracer l’histoire de celui qui est souvent considéré comme le plus ancien compagnon, voire le meilleur ami de l’homme.
Chrystel Jeanbourquin, doctorante à l’Université de Genève et guide-animatrice au Laténium