Modifié le 29 août 2017

Le dopage génétique

Les gènes ont une influence sur la manière dont l'humain réagit aux virus.
Les gènes ont une influence sur la manière dont l'humain réagit aux virus. [Adimas - ]
Plus la recherche médicale progresse, plus elle met en lumière les causes génétiques des maladies. C’est dans ce but que l’on développe des thérapies dites "géniques". Mais avant même que celles-ci ne soient accessibles aux malades, certains rêvent de les utiliser pour améliorer leurs performances sportives.

Tout est dans les gènes
Nous ne sommes pas égaux. C’est évident si l’on considère la couleur des yeux, de la peau et des cheveux, la forme du nez et du visage ou encore la taille. Certains sont naturellement forts avec des muscles bien développés alors que d’autres restent désespérément frêles. Des qualités telles que la force, la vitesse, l’endurance et la mobilité sont dans une certaine mesure héréditaires. Les gènes ne déterminent donc pas seulement la couleur de la peau mais aussi l’aptitude à pratiquer certains sports avec succès.

Thérapie génique
Bien que les thérapies géniques n’en soient qu’à leurs débuts, les chercheurs sont optimistes quant aux chances de pouvoir les utiliser pour soigner certaines maladies telles que cancers, troubles cardio-vasculaires, maladies héréditaires rares ou atrophies musculaires. La démarche consiste en gros à remplacer les gènes malades ou défectueux par des gènes sains en utilisant des virus affaiblis. Mais trouver les virus appropriés est difficile. De plus, il faut s’assurer qu’une fois injectés, les gènes "guérisseurs" remplissent leur fonction correctement, en réagissant uniquement à un signal précis émis par l’organisme.

Génétique et sport
Les scientifiques publient régulièrement une liste toujours plus longue de gènes susceptibles d’améliorer les performances sportives. Ceux-ci agissent par exemple sur l’EPO, qui augmente l’endurance et sur la myostatine, qui accroît la force musculaire. On vient même de découvrir un "Human Speed Gene", qui rend les muscles particulièrement toniques. Sans doute pourrait-on aussi agir sur la volonté, la résistance et la tolérance à la douleur au moyen de ces techniques. Un bon athlète auquel on injecterait les bons gènes pourrait devenir un super athlète. C’est le dopage génétique. Personne ne sait si cette forme de dopage est une réalité mais il y a des soupçons quant à son utilisation dans le milieu sportif.

Améliorer l’être humain ou le mépriser ?
Mais est-ce bien responsable de modifier les gènes des personnes en bonne santé? On peut penser que, si ces thérapies permettaient de soigner plus rapidement une blessure musculaire, pourquoi les athlètes ne devraient-ils pas en bénéficier? Où se situe la limite entre utilisation thérapeutique et abus? Certains affirment qu’interdire une pratique quasiment impossible à détecter n’a pas beaucoup de sens. D’autres pensent que les thérapies géniques vont envahir notre quotidien et demandent pourquoi il faudrait se contenter de modifier génétiquement les plantes et les animaux domestiques et non les hommes. Reste à savoir qui informera les futurs cobayes des risques et des dangers encourus.

RTSdécouverte

Source: Office fédéral du sport

Publié le 13 août 2017 - Modifié le 29 août 2017