Catherine Fattebert décortique les films mythiques de l'histoire du cinéma. Un film par émission pour découvrir les faits marquants du tournage et du contexte social de l'époque. Interviews, extraits, archives et musiques de film sont les images sonores du "Chinese Theater".
Tous les soirs, projection du film du jour à la Cinémathèque de Lausanne (sauf les samedis).
L'affiche de "Amarcord", de Federico Fellini. [Archives du 7eme Art - AFP]
Avec "Amarcord", Fellini signe un film qui revient sur son enfance. L'acteur, malade, se remémore Rimini, la ville de son enfance. Il en découle un premier scénario, qui sera complètement réécrit par Fellini et Tonino Guerra.
Le film sort en 1973. Le duo se complète et se comprend à merveille puisqu'ils ont vécu quasiment les mêmes histoires dans les mêmes paysages. Ils retracent donc à deux voix et deux mémoires le monde provincial étouffé entre religion et fascisme des années 1930-1937.
"Amarcord" veut mettre en fiction les malaises, les souffrances et les complexes d'une inguérissable adolescence dans les souvenirs de laquelle on s'empêtre. Fellini fait donc un film d'impressions. Il va recréer le monde de son enfance à Rimini avec la brume, la solitude, les pensions de famille et les rideaux de fer baissés.
Et puis, il y a les copains de classe. Titta, le héros, est inspiré par son ami Luigi Benzi, à l'âge de 14 -15 ans. Le Titta du film est alors conditionné par son milieu familial, une joyeuse tribu italienne catholique avec un père maçon anarchiste à qui les fascistes font boire de l'huile de ricin.
Lorsqu’il voit le film, le véritable Titta est sidéré de l’authenticité et de la fidélité avec lesquelles Fellini est parvenu à dépeindre l’atmosphère de son intimité familiale.
Je pense, dira Fellini, que lorsqu’on parle de ce que l’on connaît, de soi-même, de sa famille, sa ville, la neige, la pluie, l’injustice, la stupidité, l’ignorance, quand on parle des choses de la vie de manière sincère, sans prétendre à donner des leçons, sans livrer de message, quand on en parle avec humilité et surtout avec mesure, on dit des choses que tout le monde peut comprendre et que tout le monde peut faire sienne.