Un Valais peace and love

Festival de Sapinhaut, édition 1974.

Dans la forêt de Sapinhaut se tient un festival dans l'esprit contestataire et babacool des années septante. On y mêle musique pop et débats sur des questions brûlantes comme l'avortement, l'antimilitarisme ou le pouvoir de l'Eglise. 

Les autorités craignent avant tout la drogue. Dix personnes ont déjà été arrêtées. Les organisateurs, parmi lesquels on reconnaît Bernard Rappaz, estiment que la consommation à Sapinhaut est bien plus faible que dans d'autres festivals. Ils comptent du reste sur leur service anti-drogue autogéré pour éviter les débordements.

Durant ses six ans d'existence, le Festival de Sapinhaut suscite la polémique dans un Valais dominé par la tradition. En 1971, une poignée de jeunes décident d'organiser un nouveau Woodstock dans une prairie au-dessus de Saxon. Quelques centaines de personnes répondent à l'appel. Durant ses meilleures éditions, le festival attirera jusqu'à 3000 personnes. Ce succès n'est pas du goût de tout le monde: le très conservateur Nouvelliste se fera à plusieurs reprises le relais des opposants au rassemblement. De leur côté, les autorités n'hésiteront pas à empêcher la tenue du festival en 1973 et 1975.

Autogéré et gratuit, le Festival de Sapinhaut connaît donc quatre éditions entre 1971 et 1976. S'y produisent des chanteurs du cru, comme Jacky Lagger, Michel Bühler, Gaby Marchand ou le groupe Aristide Padygros et quelques stars comme Maxime Leforestier ou Alain Stivell. Il  est aussi un lieu de débat, où se font entendre les voix de Franz Weber, Narcisse Praz ou celle de l'anthropologue Bernard Crettaz.