Après Schweizerhalle

Après Schweizerhalle.

"Tchernobâle" c'est ainsi que la catastrophe de Schweizerhalle fait la une des journaux après l'incendie d'un entrepôt de produits chimiques de la firme Sandoz le 1er novembre 1986, non loin de Bâle.

Une catastrophe écologique pour les eaux du Rhin mais aussi un gros coup porté à l'image de la chimie bâloise et à la crédibilité de Sandoz. Les images de poissons morts par dizaines de milliers suscitent la révolte contre Sandoz. L'entreprise lance alors une véritable offensive médiatique pour redorer son blason et décide d'agir de façon exemplaire pour faire oublier la catastrophe et regagner la confiance de l'opinion publique. C'est ainsi que naîtra le concept d'une chimie meilleure: la "chimie verte".

Le reportage de Tell Quel du 30 octobre 1987, intitulé Sandoz, opération lifting.

La catastrophe de Schweizerhalle

A l'aube du 1 novembre 1986, un incendie  se déclare dans l'entrepôt  d'une usine chimique de la firme Sandoz à Schweizerhalle près de Bâle. Les flammes atteignent 1351 tonnes de produits chimiques, essentiellement des pesticides, des herbicides et des dérivés du mercure. L'explosion et la combustion de ces produits forment un nuage chimique. Les pompiers déversent quelque 10000 mètres cubes d'eau pour éteindre le foyer et neutraliser le nuage: l'incendie est vite maîtrisé.

Cependant les  eaux d'extinction, mélangées avec les produits chimiques, des colorants et du mercure, se déversent dans le Rhin, colorant en rouge le fleuve et  provoquant une pollution chimique majeure qui  tue des tonnes  de poissons. Le fleuve est isolé des autres cours d'eau, la pêche y est interdite durant  six mois. La France, l'Allemagne et les Pays-Bas sont également touchés par cette pollution.

Cette catastrophe intervenue quelques mois après l'explosion du réacteur nucléaire Tchernobyl est devenue le symbole d'une utilisation incontrôlée de la technique.

Suite à cet accident, le mot d'ordre des milieux politiques est "plus jamais ça" et une ordonnance sur les accidents majeurs (OPAM) est établie: elle prévoit la mise à disposition de listes des stocks à l'attention des services de secours. Dans le canton de Bâle-Campagne des plans d'intervention ont été élaborés pour la plupart des exploitations qui utilisent des produits chimiques et en entreposent.

  • Journaliste: Hubert de Senarclens
    Réalisateur: Igaal Niddam