La fête de la Poya

La fête de la Poya.

Le 15 mai 1966, les Fribourgeois sont en fête, ils participent à la poya d'Estavannens. Après celles de 1956 et de 1960, cette 3e édition des réjouissances marquant la montée à l'alpage du bétail s'inscrit dans un contexte difficile pour la paysannerie. L'avenir s'annonce sombre pour les gens de la montagne. Alors "il faut s'assembler, de temps à autre, parce que d'une foule qui vibre aux musiques du pays, au Ranz que l'on qualifia d'éternel, naît une force", ce sont les mots du président Henri Gremaud.

Messe et chants en patois, défilé des vaches, armaillis en costumes, danses et cortège historique, jeu et pique-nique... la poya d'Estavannens n'a rien d'une manifestation folklorique, c'est une fête joyeuse qui rassemble la population terrienne et célèbre un acte important de la vie paysanne. Le Magazine du 23 mai 1966 en propose quelques reflets.

Le commentaire de ces images a été perdu.

Le terme poya signifie en patois montée des troupeaux à l'alpage. Au mois de mai, vaches décorées de bouquets et armaillis en costumes traditionnels se rendent en cortège à l'alpage, suivis par tout le matériel nécessaire à la saison estivale sur l'alpe.

Créée le 6 mai 1956, la Poya d'Estavannens, marque à l'origine l'anniversaire des 75 ans du chant La Poya d'Etienne Fragnière mis en musique par Pierre Bovet, le père de l'Abbé Joseph Bovet. Cette fête, mise sur pied par l'Association gruérienne pour le Costume et les Coutumes, comprend une messe avec un sermon en patois, un pique-nique sur l'herbe, un spectacle et le défilé du troupeau. Le site d'Estavannens par sa beauté, son authenticité, son ouverture sur le château de Gruyère et sur l'Intyamon, s'est imposé de lui-même aux organisateurs.

Après la première édition de 1956, les poyas d'Estavannens se sont succédé en 1960, en 1966, en 1976, en 1989 et en 2000. Ainsi en 2013, c'est la 7e édition de cette célébration.