Les deux principaux défenseurs de l'adhésion à l'EEE, Jean-Pascal Delamuraz et René Felber, se retrouvent sur le plateau de l'émission Le grand chambardement pour répondre aux questions des citoyens. Le dossier de l'EEE comporte en effet de nombreux aspects techniques, mais c'est surtout une nouvelle orientation, plus ouverte sur l'Europe, que prendrait la Suisse en votant oui le 6 décembre 1992. Les interrogations sont nombreuses. Mais qu'en est-il, pour commencer, des valeurs chrétiennes puisque la première question est posée par Monseigneur Mamie?
Le grand chambardement était une émission d'information présentée et produite par Gaston Nicole. Elle portait sur des questions politiques, économiques et sociopolitiques. D'une durée moyenne de 75 minutes, elle fut diffusée du 10 avril 1991 au 20 septembre 1995. 20 émissions composent la collection complète.
La votation du 6 décembre pour l'entrée de la Suisse dans l'Espace Economique Européen est refusée par une majorité tenue de la population (50,3 %) et par les cantons. Tous les cantons alémaniques, à l'exception de Bâle, ainsi que le Tessin se retrouvent dans le camp du non. La participation exceptionnelle s'est élevée à 78,3%.
Le Conseil fédéral, le Parlement, les principales organisations économiques et sociales du pays ainsi que la presse sont désavoués. La politique de la Confédération envers l'Union européenne doit être revue. La demande d'adhésion de la Suisse à l'Europe, déposée le 25 mai 1992, est «gelée» tandis que notre pays choisit de privilégier les accords bilatéraux.
La division entre les régions linguistiques apparaît nettement lors de cette votation. Il en va de même pour l'opposition entre villes, pro-européennes, et campagne. C'est un courant nationaliste et isolationniste, entraîné par le zurichois Christoph Blocher, qui prend le pas sur la volonté d'ouverture prônée par les instances politiques et économiques du pays.
Les deux conseillers fédéraux romands, le radical Jean-Pascal Delamuraz, chef du Département de l'Economie, et le socialiste René Felber, chef du Département des affaires étrangères, se sont fortement impliqués dans la campagne et ont pesé sur la politique européenne du gouvernement.