A l'occasion des cinquante ans de la Révolution d'Octobre, l'équipe de Continents sans visa, soit Jean Dumur et Claude Goretta, accompagnée d'un caméraman et d'un preneur de son russes, tournent un triptyque sur l'Union soviétique.
Ce volet est consacré à la vie dans les kolkhozes à travers le portrait du paysan Dimitri Tarasienko et de sa famille. Le quotidien de la coopérative agricole est rythmé par le travail qui assure une certaine sécurité matérielle à la communauté du village.
Ce document a été diffusé à l'antenne sous le titre: URSS trois portraits, Dimitri Tarasienko, paysan dans le Kouban.
Lancé le 6 novembre 1959, le magazine d'information mensuel Continents sans Visa, à l'instar de ses modèles Panorama (BBC) ou Cinq Colonnes à la Une (ORTF), devient l'émission phare de la TSR dans les années 60.
Ces grands reportages, tournés en Suisse et dans le monde, portent principalement sur des questions de politique et de société.
Au début des années 60, la technique de tournage du « cinéma vérité » (ou « cinéma direct ») s'impose comme un modèle adapté à la télévision, privilégiant une approche humaine pour capter la réalité. Cette façon de tourner est stimulée par le développement révolutionnaire et l'allègement des matériels de prises de vues ou du son, habilement maîtrisés par des cameramen doués qui feront la renommée de la TSR.
François Bardet, Gilbert Bovay, Jean-Claude Diserens, Claude Goretta et Jean-Jacques Lagrange furent les cinq créateurs de ce magazine dirigée par Alexandre Burger.
514 reportages composent la collection complète de Continents sans visa diffusé jusqu'au 3 avril 1969 puis remplacé par le magazine hebdomadaire Temps présent.
Claude Goretta est né à Genève le 23 juin 1929. Après l'obtention d'une licence de droit, il fonde le ciné-club universitaire et signe une série de critiques dans le Journal de Genève et la Tribune de Genève. De 1955 à 1957, il vit à Londres avec Alain Tanner, et réalise avec lui Nice Time.
De retour en Suisse, il débute en 1957 une carrière de réalisateur à la Télévision Suisse Romande, où il va successivement s'attaquer à tous les domaines: le reportage, avec une vingtaine d'émissions pour le magazine Continent sans visa qui deviendra par la suite Temps présent; le documentaire, la fiction et les dramatiques. Parmi quelques vingt titres, citons Racines d'Arnold Wesker, Le jour des Noces» d'après Maupassant, Le dossier Chelsea street et La fusillade en réponse à Dostoïevski, deux collaborations avec un autre écrivain suisse, Walter Weideli ; sans compter, les réalisations entreprises avec Georges Haldas.
Dans le domaine du cinéma, après Le fou, tourné peu après la naissance du Groupe 5, société de production fondée en 1968 par cinq cinéastes suisses (Tanner, Soutter, Lagrange, Roy et Goretta), il signe L'invitation qui obtient le prix spécial du jury à Cannes, en 1973, puis Pas si méchant que ça et La dentelière. On se souvient encore de ses Maigret, du Chagrin des Belges ou de Goupi mains rouges.
Claude Goretta est le frère du reporter Jean-Pierre Goretta.