Les Haïtiens l'ont surnommé «Papa Doc». Portrait du président François Duvalier réalisé par l'équipe de Continents sans visa en octobre 1968. Les années de pouvoir de Papa Doc seront marquées par la corruption et l'utilisation de milices privées, les redoutables tontons macoutes. Président à vie de 1964 à sa mort, en 1971, il sera remplacé par son fils, Jean-Claude Duvalier.
Ce document a été diffusé à l'antenne sous le titre original : A vie.
Lancé le 6 novembre 1959, le magazine d'information mensuel Continents sans Visa, à l'instar de ses modèles Panorama (BBC) ou Cinq Colonnes à la Une (ORTF), devient l'émission phare de la TSR dans les années 60.
Ces grands reportages, tournés en Suisse et dans le monde, portent principalement sur des questions de politique et de société.
Au début des années 60, la technique de tournage du « cinéma vérité » (ou « cinéma direct ») s'impose comme un modèle adapté à la télévision, privilégiant une approche humaine pour capter la réalité. Cette façon de tourner est stimulée par le développement révolutionnaire et l'allègement des matériels de prises de vues ou du son, habilement maîtrisés par des cameramen doués qui feront la renommée de la TSR.
François Bardet, Gilbert Bovay, Jean-Claude Diserens, Claude Goretta et Jean-Jacques Lagrange furent les cinq créateurs de ce magazine dirigée par Alexandre Burger.
514 reportages composent la collection complète de Continents sans visa diffusé jusqu'au 3 avril 1969 puis remplacé par le magazine hebdomadaire Temps présent.
François Duvalier ,né en avril 1909 à Port-au-Prince, le futur président à vie d'Haïti ne fait guère parler de lui dans sa jeunesse. Ses années d'études et ses premières activités sont d'ailleurs peu connues. Devenu médecin, il travaille quelques temps pour la mission sanitaire américaine qui s'efforce de combattre la malaria. Ministre de la santé publique en 1946, du temps de Dumarsais Estimé, il se retire du gouvernement quand le président Magloire assume le pouvoir. Mécontente de la gestion de ce dernier, l'armée décide d'intervenir par une manière de «coup d'Etat électoral», force le président à s'exiler aux Etats-Unis et organise des élections. Trois candidats sont en lice et, le 22 septembre 1957, François Duvalier est élu président de la République. Mais, contrairement aux attentes des militaires, le médecin effacé, timide et sans grande personnalité se révèle rapidement un homme d'une poigne telle qu'il aura tôt fait de soumettre Haïti à un régime particulièrement répressif. Autoritaire et mégalomane, François Duvalier assoit son pouvoir sur la terreur qu'inspirent les célèbres «tontons macoutes», milice toute à sa dévotion qu'il a mise sur pied pour contrecarrer l'influence militaire.