Parmi les délicieuses indiscrétions du Canard Enchaîné, cette réplique de Nicolas Sarkozy, une semaine après son annonce de faire porter la mémoire d'un enfant de la Shoah par un élève de CM2. Que répond en privé le président à la polémique dans laquelle se sont engouffrés les enseignants, les psychiatres et les politiciens? «Les syndicats d'enseignants se comportent comme s'ils avaient acheté l'école et pouvaient décider des programmes. Les psys en tout genre ont trouvé le moyen de faire parler d'eux. Moi, ce que je trouve traumatisant, c'est que les jeunes de notre pays ne connaissent rien à l'histoire. Un tiers ignorent le mot Shoah et un quart ne connaissent pas le nom d'Hitler. C'est une honte pour l'école mais ça ne traumatise pas les profs».
Cette considération nous renvoie, ici aux archives de la TSR, à ce document de 1960. Quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, de jeunes Vaudois ne craignent pas d'avouer leur ignorance en histoire. Comment est mort Hitler? Qui était Goering? Que s'est-il passé à Stalingrad? Les réponses sont surprenantes surtout pour des élèves qui «étaient en culotte courte lorsque la guerre régnait», comme le précise le journaliste. Mais peut-être ces adolescents ne cherchaient-ils alors rien d'autre, par l'entremise de la caméra, que provoquer leurs professeurs et leurs parents? Et ça, c'était de bonne guerre, non?
Lancé le 6 novembre 1959, le magazine d'information mensuel Continents sans Visa, à l'instar de ses modèles Panorama (BBC) ou Cinq Colonnes à la Une (ORTF), devient l'émission phare de la TSR dans les années 60.
Ces grands reportages, tournés en Suisse et dans le monde, portent principalement sur des questions de politique et de société.
Au début des années 60, la technique de tournage du « cinéma vérité » (ou « cinéma direct ») s'impose comme un modèle adapté à la télévision, privilégiant une approche humaine pour capter la réalité. Cette façon de tourner est stimulée par le développement révolutionnaire et l'allègement des matériels de prises de vues ou du son, habilement maîtrisés par des cameramen doués qui feront la renommée de la TSR.
François Bardet, Gilbert Bovay, Jean-Claude Diserens, Claude Goretta et Jean-Jacques Lagrange furent les cinq créateurs de ce magazine dirigée par Alexandre Burger.
514 reportages composent la collection complète de Continents sans visa diffusé jusqu'au 3 avril 1969 puis remplacé par le magazine hebdomadaire Temps présent.