Une marche pour la paix, entre Lausanne et Genève. En pleine période de Guerre froide, et alors que la course à l'armement semble sans fin, des manifestants expriment leur inquiétude et leur envie d'un monde pacifié, sans armes nucléaires. Parmi eux, le conseiller d'Etat socialiste genevois André Chavanne. Cette manifestation se tient deux semaines après l'échec de la seconde initiative atomique (62,2%), lancée par les socialistes, qui demandait que le peuple ait le droit de se prononcer sur l'équipement de l'armée suisse en armes atomiques. En 1962, le mouvement suisse contre l'armement atomique demandait que la Suisse renonce à s'équiper de la bombe atomique. 55,6% des Suisses rejetèrent cette initiative.
Ce reportage de Continents sans visa débute avec des images d'archives du bombardement d'Hiroshima, comme pour mieux appuyer les risques que la planète encoure avec l'arme atomique.
Lancé le 6 novembre 1959, le magazine d'information mensuel Continents sans Visa, à l'instar de ses modèles Panorama (BBC) ou Cinq Colonnes à la Une (ORTF), devient l'émission phare de la TSR dans les années 60.
Ces grands reportages, tournés en Suisse et dans le monde, portent principalement sur des questions de politique et de société.
Au début des années 60, la technique de tournage du « cinéma vérité » (ou « cinéma direct ») s'impose comme un modèle adapté à la télévision, privilégiant une approche humaine pour capter la réalité. Cette façon de tourner est stimulée par le développement révolutionnaire et l'allègement des matériels de prises de vues ou du son, habilement maîtrisés par des cameramen doués qui feront la renommée de la TSR.
François Bardet, Gilbert Bovay, Jean-Claude Diserens, Claude Goretta et Jean-Jacques Lagrange furent les cinq créateurs de ce magazine dirigée par Alexandre Burger.
514 reportages composent la collection complète de Continents sans visa diffusé jusqu'au 3 avril 1969 puis remplacé par le magazine hebdomadaire Temps présent.