En novembre 1966, des pluies diluviennes grossissent l'Arno qui, en quelques jours, ravage ses digues. Florence est blessée, inondée d'un torrent de boue. Ses habitants sont désemparés tandis que les richesses artistiques de la ville, ses peintures et ses livres, flottent dans les caves des musées et des couvents.
La solidarité des Italiens est exemplaire. De toute la Peninsule de jeunes gens viennent aider l'armée pour ce travail sans fin. Quelques jours après l'inondation, l'équipe de Continents sans visa emmenée par Alain Tanner tourne un reportage émouvant, filmant avec pudeur le désarroi des Florentins.
Ce document a été diffusé à l'antenne sous le titre original : Le courage de Florence
Lancé le 6 novembre 1959, le magazine d'information mensuel Continents sans Visa, à l'instar de ses modèles Panorama (BBC) ou Cinq Colonnes à la Une (ORTF), devient l'émission phare de la TSR dans les années 60.
Ces grands reportages, tournés en Suisse et dans le monde, portent principalement sur des questions de politique et de société.
Au début des années 60, la technique de tournage du « cinéma vérité » (ou « cinéma direct ») s'impose comme un modèle adapté à la télévision, privilégiant une approche humaine pour capter la réalité. Cette façon de tourner est stimulée par le développement révolutionnaire et l'allègement des matériels de prises de vues ou du son, habilement maîtrisés par des cameramen doués qui feront la renommée de la TSR.
François Bardet, Gilbert Bovay, Jean-Claude Diserens, Claude Goretta et Jean-Jacques Lagrange furent les cinq créateurs de ce magazine dirigée par Alexandre Burger.
514 reportages composent la collection complète de Continents sans visa diffusé jusqu'au 3 avril 1969 puis remplacé par le magazine hebdomadaire Temps présent.