Les lettres de Ramuz

Qui était l'écrivain C-F Ramuz? Sa soeur témoigne.

A l'occasion de l'anniversaire de la mort de Charles-Ferdinand Ramuz survenue le 23 mai 1947, sa sœur témoigne des amitiés de l'écrivain retracées par sa correspondance.

Charles-Ferdinand Ramuz est né à Lausanne le 24 septembre 1878. Il est considéré comme le plus important des écrivains suisses romands du XXe siècle. Son œuvre, très riche, comporte romans, nouvelles, poèmes et un journal qu'il tiendra sa vie durant à côté des publications auxquelles il a collaboré. Après ses études de lettres, Ramuz s'installe à Paris, où il vit de 1902 à 1914. Il y écrit des poèmes et ses premiers romans «réalistes» tels «Aline», «Aimé Pache, peintre vaudois» ou «La vie de Samuel Belet». En 1913, il fonde avec quelques amis la revue «Cahiers vaudois», publication qui favorise l'autonomie d'une véritable littérature romande face aux normes parisiennes et aux règles bien-pensantes de la société vaudoise. Ramuz dirigera également une autre revue, «Aujourd'hui», de 1929 à 1931. De retour en Suisse en 1914, il se lie d'amitié avec le compositeur Igor Strawinsky, le chef d'orchestre Ernest Ansermet et le peintre René Auberjonois. En 1918, il crée avec eux «L'histoire du soldat», une œuvre dramatique inspirée d'une légende russe et qui met en scène un soldat vendant son âme au diable. Puis se suivent les romans de la maturité, «La grande peur dans la montagne» (1926), «La beauté sur la terre» (1928), «Farinet ou la fausse monnaie» (1932), «Derborence» (1936), «Si le soleil ne revenait pas» (1939) fortement marqués, à travers des sujets inspirés de la vie rurale, par une recherche d'universalité liant la passion, la folie, la souffrance et la mort dans une lutte sournoise contre les sentiments des l'amour. Vers la fin de sa vie, Ramuz publie d'importants essais et écrits autobiographiques comme «Taille de l'homme» (1935), «Besoin de grandeur» (1938). Marqué par la maladie, il meurt à Pully le 23 mai 1947.