Obstinément

Tolstoï affronte la maladie. Mais ses forces sont remarquables.

Malade, Léon Tolstoï frôle la mort, sa vie ne tient qu'à un fil. Tout le monde prévoit sa fin, mais l'homme est d'une force impressionnante. Bientôt il pourra à nouveau monter à cheval…

Léon Tolstoï est né en 1828. Issu d'une famille de la vieille noblesse russe, il fut toujours conscient de son rang. Orphelin très jeune, il est élevé par sa tante et des gouverneurs étrangers dans la grande propriété familiale. Il fait ses études à l'université de Kazan, mais n'obtient aucun diplôme. Marqué par l'influence de Rousseau, il mène une vie désordonnée et légère jusqu'en 1848, quand il décide de retourner dans sa propriété d'Iasnaïa Poliana pour y améliorer le sort des paysans, ce qui se solde par un échec.

En 1851, voulant donner un sens à sa vie, il part comme volontaire se battre au Caucase et publie, une année plus tard, sa première nouvelle, Enfance, dans la revue Le contemporain. Il obtient aussitôt la célébrité et écrit Adolescence (1854) et Jeunesse (1857), formant ainsi une trilogie autobiographique.

Après trois années passées au Caucase durant lesquelles il participa à la défense de Sébastopol, Léon Tolstoï quitte l'armée en 1856 et voyage deux ans à l'étranger, notamment en Suisse, où il est frappé par l'égoïsme de la bourgeoisie. De retour dans son domaine, il fonde une école populaire et publie un journal pédagogique. En 1862, il se marie et, une année plus tard, alors que paraît Les Cosaques, il se met à travailler à sa grande oeuvre qui a pour cadre les guerres napoléoniennes. Ce sera Guerre et paix~. De 1873 à 1877, il écrit son deuxième grand roman, Anna Karénine. Ces deux ouvrages lui apportent une renommée mondiale.

Athée, Léon Tolstoï se tourne vers la religion en écrivant Anna Karénine et devient croyant. Du christiannisme, il ne retient que l'aspect morale et condamne tout ce qui est violence ou recherche de plaisir et du luxe dans La Mort d'Ivan Ilitch. En contradiction intérieure continuelle entre sa doctrine morale exigeante et la vie facile qu'il mène, il finit par quitter sa maison en octobre 1910. Il meurt un mois plus tard dans une petite gare de province.

Henri Guillemin est né le 19 mars 1903 à Mâcon. Il fréquente l'Ecole normale supérieure et obtient une agrégation en lettres en 1972. Professeur dans plusieurs universités françaises, il est contraint de quitter Bordeaux en 1942 pour se réfugier en Suisse. Il entretient des liens privilégiés avec Neuchâtel où il séjourne fréquemment.

En 1945, Henri Guillemin devient conseiller culturel auprès de l'ambassade de France à Berne, puis, de 1963 à 1973, professeur à l'Université de Genève. Il s'éteint le 4 mai 1992 à Neuchâtel.

Spécialiste du XIXe siècle, il a été tout à la fois historien, critique littéraire et écrivain prolifique. Cet intellectuel non-conformiste a suscité autant l'admiration du grand public que la critique féroce des milieux académiques. Il a ainsi été banni des télévisions française et belge. Cet ostracisme a fait le bonheur des téléspectateurs de Suisse romande qui ont pu profiter de ses talents de conférencier entre 1958 et 1973.

Avec Les Dossiers de l'Histoire, l'historien a rendu accessible des questions historiques de première importance. Henri Guillemin a également fait découvrir aux télespectateurs l'oeuvre d'Arthur Rimbaud, Emile Zola et Léon Tolstoï. Ses conférences télévisées, un genre disparu aujourd'hui, ont été un rendez-vous important sur la TSR.

  • Réalisateur: Roger Gillioz