Le but est atteint

L'armnistice signée, les pleins pouvoirs sont accordés à Pétain.

Mai 1940, le désastre militaire français est total. Pétain et le général Weygand cherchent à sortir de la guerre sans que l'armée doive capituler, ce qui porterait atteinte à son prestige. C'est donc la République qui demande l'armistice à l'Allemagne nazie.

Pétain prend la tête du gouvernement et menace les politiciens qui souhaiteraient continuer le combat avec les colonies. La France devient le seul pays dont les autorités politiques ne fuieront pas devant l'ennemi. L'extrême droite jubile. Laval et Pétain rejettent la responsabilité de la défaite sur le système parlementaire et espèrent garder un noyau d'armée pour écraser un très hypothétique «complot communiste».

L'Assemblée nationale issue du Front populaire vote les pleins pouvoirs au Maréchal qui va s'empresser d'abolir la République et de créer l'Etat français le 12 juillet 1940. C'est le début du régime de Vichy.

A ce propos, Guillemin cite l'écrivain Bernanos: «Vichy, la Révolution nationale et Pétain, c'est le triomphe d'une minorité impopulaire qui, depuis 20 ans, cherchait en vain électoralement sa chance et qui l'a trouvée dans le désastre de la nation.»



Henri Guillemin est né le 19 mars 1903 à Mâcon. Il fréquente l'Ecole normale supérieure et obtient une agrégation en lettres en 1932. Professeur dans plusieurs universités françaises, il est contraint de quitter Bordeaux en 1942 pour se réfugier en Suisse. Il entretient des liens privilégiés avec Neuchâtel où il passe de nombreux hivers ainsi que la fin de sa vie.


En 1945, Henri Guillemin devient conseiller culturel auprès de l'ambassade de France à Berne, puis, de 1963 à 1973, professeur à l'Université de Genève. Il s'éteint le 4 mai 1992 à Neuchâtel.


Spécialiste du XIXe siècle, il a été tout à la fois historien, critique littéraire et écrivain prolifique. Il était surtout un iconoclaste en quête de vérité et il a terni quelques mythes avec ses révélations sur Alfred de Vigny et Napoléon. Mais il a aussi souvent réhabilité des méconnus, comme Jean-Jacques Rousseau ou Emile Zola.


Cet intellectuel non-conformiste a parfois dérangé. Par exemple, un de ses livres, L'Affaire Jésus, fait implicitement référence à l'affaire Dreyfus. Henri Guillemin a suscité autant l'admiration que la critique féroce. Il a ainsi été banni des télévisions française et belge. Cet ostracisme a fait le bonheur des téléspectateurs de Suisse romande qui ont pu profiter de ses talents de conteur entre 1958 et 1973.


Avec Les Dossiers de l'Histoire, l'historien passionné a dévoilé les coulisses de l'histoire et a tenu en haleine son public. Il a ainsi rendu accessible à un grand nombre des questions historiques de première importance.


Henri Guillemin a aussi fait découvrir aux télespectateurs la biographie de grands auteurs comme Arthur Rimbaud ou Emile Zola et ses émissions font sans nul doute, partie de la mémoire collective des téléspectateurs de la TSR.


  • Journaliste: Henri Guillemin
    Réalisateur: Michel Soutter