Un homme engagé

Un engagement sans faille dans la Résistance française.

Au fil des huit entretiens précédents, Jean-Pierre Vernant, spécialiste de la Grèce antique, professeur honoraire au Collège de France, a raconté les épisodes les plus marquants de la mythologie grecque.

Avec ce dernier entretien, c'est le portrait non seulement du savant qui se dessine, mais surtout de l'homme engagé. Jean-Pierre Vernant a en effet lutter activement dans la Résistance française sous l'Occupation. Il a ensuite milité toute sa vie pour la défense des droits de l'homme.

Jean-Pierre Vernant est né le 4 janvier 1914 à Provins, en Seine-et-Marne, il n'a jamais connu son père. Sa mère meurt alors qu'il est âgé de 8 ans.

Il entreprend des études de philosophie et est reçu premier à l'agrégation, en 1937. Adhérent aux Jeunesses communistes, il entre dans la Résistance pendant l'Occupation: il rejoint le réseau Libération-Sud, fondé par Emmanuel d'Astier de la Vigerie. Par la suite, il commande les Forces françaises de l'intérieur de Haute-Garonne sous le pseudonyme du «colonel Berthier». Il est compagnon de la Libération.

Après la guerre, il demeure au sein du Parti communiste français et le quitte en 1969. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Il soutient, depuis sa création en 2001, le fonds associatif Non-Violence XXI.

Influencé par Louis Gernet, il se tourne vers l'anthropologie de la Grèce antique quand il entre au CNRS, en 1948. Dix ans plus tard, il devient directeur d'études à l'EHESS. Spécialiste de la Grèce antique, il s'est souvent exprimé sur ce qu'il y a de commun mais aussi de différent entre les Grecs et l'Occident moderne, notamment en ce qui concerne la pratique de la démocratie.

Jean-Pierre Vernant est mort le 9 janvier 2007 à son domicile de Sèvres dans les Hauts-de-Seine.

  • Journaliste: Catherine Unger