Images du CICR

A travers les archives photos et vidéos du CICR et de la RTS, retour sur l'action de l'organisation humanitaire depuis 1949.

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Les nouvelles Conventions de Genève

La deuxième guerre mondiale a laissé de terribles stigmates dans toute l'Europe. Pour le CICR, l'heure est venue de faire le bilan sur son action durant le conflit. Nombreux sont ceux qui critiquent la passivité de l'organisation face à l'horreur de l’holocauste et la faiblesse du soutien apporté aux populations civiles. Un constat s'impose: les droits et l'action du CICR doivent impérativement être renforcés.

En 1949, une conférence internationale organisée par la Suisse élabore à Genève quatre nouvelles conventions, qui posent les fondations du droit international humanitaire.

Cérémonie de signature des Conventions de Genève en 1949.
Le Téléjournal - Publié le 10 août 1999

 

 

Les quatre Conventions de 1949 en résumé

La première et la deuxième Convention traitent du sort des blessés et des malades. Ceux-ci doivent pouvoir être assistés et soignés. La protection du personnel de secours travaillant sous l'emblème de la Croix-Rouge doit également être assurée.  

La troisième Convention se penche sur le sort des prisonniers de guerre. Ces derniers doivent être traités avec humanité. La torture et les traitements cruels et dégradants sont interdits. Les détenus doivent pouvoir communiquer avec leurs proches.

La quatrième Convention a enfin pour objet la protection des personnes civiles en temps de guerre. Celles-ci doivent être protégées de tout acte hostile (enlèvement, représailles, déportation, etc). Les attaques ne doivent cibler que des objectifs militaires.

 

Au Moyen-Orient après la guerre des Six Jours

Au mois de juin 1967, la guerre des Six Jours fait fuir plusieurs centaines de milliers de Palestiniens vers la Jordanie. A l'initiative du CICR, Israéliens et Jordaniens signent un accord permettant à certains réfugiés de revenir vivre dans leurs anciens territoires.

Pont Emir Abdallah, en Jordanie, 1967.
Pont Emir Abdallah, en Jordanie, 1967. [B. Ryf - CICR]
 

Août 1967: le réalisateur Alain Tanner et le journaliste Marc Schindler se rendent au pont Allenby sur le Jourdain, à la frontière entre Israël et la Jordanie. Chaque jour, des milliers de réfugiés palestiniens le traversent, sous la supervision de Roland Troyon, délégué du CICR.

 

Réfugiés palestiniens traversant un pont sur le Jourdain, 1967.
Documentaires - Publié le 17 septembre 1967
 

Trois ans plus tard, une équipe de Temps présent conduite par le journaliste Jean-Pierre Goretta accompagne une délégation du CICR en visite dans une prison israélienne en vue d'examiner les conditions de détention de 37 prisonniers égyptiens.

 

Prisonniers égyptiens dans prison israélienne, 1970.
Temps présent - Publié le 08 mai 1970
 

Drame au Biafra

La crise humanitaire du Biafra (1967-1970) marque un tournant dans l'histoire du CICR. Du fait de son ampleur et de sa médiatisation, elle obligera l'organisation à repenser ses missions et à se professionnaliser à tous les niveaux: recherche de fonds, formation, recrutement et communication.

La politique de neutralité de l'organisation se verra violemment prise à partie : au nom du "devoir d'ingérence", Bernard Kouchner et quelques autres médecins de la Croix-Rouge française feront sécession et fonderont l'association d'aide humanitaire "Médecins sans frontières".

Guerre du Biafra. N'Kalagu, centre de distribution.
Guerre du Biafra. N'Kalagu, centre de distribution. [ - CICR]
 

Le 7 juillet 1968, l'émission Carrefour  relaie des images tournées par le CICR pour lancer un appel au don en faveur du Biafra. Depuis un an, la guerre civile opposant les forces gouvernementales nigérianes et la province sécessionniste du Biafra fait rage. Soumise à un blocus maritime et terrestre, la population est livrée à la famine. A ce moment, on évalue le nombre de décès dû à la malnutrition à 200 par jour. 

Action du CICR au Biafra, 1968.
Carrefour - Publié le 10 juillet 1968
 

Témoignage d'un délégué du CICR sur le terrain au Biafra, 1968.
Carrefour - Publié le 17 décembre 1968
 

Cinq mois plus tard, en décembre 1968, ce chiffre a dramatiquement augmenté: on estime entre 5000 à 6000 le nombre des décès quotidiens. Un délégué du CICR évoque l'enfer que vivent les populations. Il s'efforce de s'exprimer en termes mesurés, mais ne peut cacher son émotion face au drame terrible dont il est le témoin.  

Le bourbier libanais

 

 

Présent au Liban depuis 1967, le CICR se trouve confronté à une situation qui se complexifie au fur et à mesure que s'enlise la guerre civile. Les ennemis en présence constituent de multiples factions, dont certaines méprisent le droit humanitaire. Les Conventions de Genève sont-elles encore en phase avec ce nouveau visage  de la guerre ?

Beyrouth, 1983. Destructions causées par les combats qui ont opposé Israéliens et Palestiniens.
Beyrouth, 1983. Destructions causées par les combats qui ont opposé Israéliens et Palestiniens. [Bruno Hubschmid - CICR]

 

 

 

En 1984, le CICR produit un documentaire intitulé Lettre du Liban. Chef de délégation, Michel Amiguet s'y exprime sur un ton très personnel, qui laisse poindre un certain découragement. "Etre un intermédiaire entre deux parties, cela semble faisable. Mais vingt parties, et plus encore? Etre où? Et puis avec qui dialoguer?".

Le délégué s'inquiète de la situation des civils, victimes innocentes d'un conflit qui les dépasse. Il évoque aussi les enlèvements toujours plus nombreux au Liban.

Michel Amiguet, chef de délégation du CICR au Liban, 1983-1984.
Archives - Publié le 01 janvier 1984
 

 

Le drame de la prise d'otages,  le CICR le vivra cinq ans plus tard. Le 6 octobre 1989, Elio Erriquez et Emanuel Christen, deux orthopédistes exerçant à Beyrouth, sont enlevés par un groupe proche du Hezbollah.

 

En décembre 1989, les collaborateurs du siège genevois du CICR se retrouvent pour célébrer Noël. L'ambiance n'est pas à la fête: le souvenir d'Elio et d'Emanuel hante tous  les esprits. Il faudra attendre dix mois avant que les deux hommes ne recouvrent la liberté. 

Emanuel Christen et Elio Erriquez, membres du CICR et otages durant 10 mois au Liban.
Tell Quel - Publié le 22 décembre 1989
 

 

 

Le président du CICR Cornelio Sommaruga avec Elio Erriquez et Emanuel Christen, deux collaborateurs libérés après dix mois de détention au Liban, 14 août 1990.
Le président du CICR Cornelio Sommaruga avec Elio Erriquez et Emanuel Christen, deux collaborateurs libérés après dix mois de détention au Liban, 14 août 1990. [CICR]
 

L'épreuve du terrain

 

Soins médicaux, visite aux prisonniers, acheminement de l'aide humanitaire, recherche d'accord entre les belligérants: les activités du CICR dans les zones de conflits sont accomplies sans discrimination par les membres de l'organisation, et dans des conditions parfois périlleuses.

 

Equipe médicale mobile donnant des soins aux populations déplacées à Makoto en Ouganda en 1984.
Equipe médicale mobile donnant des soins aux populations déplacées à Makoto en Ouganda en 1984. [Liliane de Toledo - CICR]
 

Christiane Probst, infirmière au CICR.
Temps présent - Publié le 10 décembre 1981

Depuis la chute d’Amin Dada en 1979, la guerre civile oppose différentes factions rebelles en Ouganda. Les pillages et les assassinats se multiplient. La plupart des organisations humanitaires ont préféré quitter les zones les plus sensibles, comme la ville d’Arua, dans le nord du pays.

C'est précisément dans cette ville que Temps présent  a retrouvé en 1981 une équipe du CICR en mission. Christine Probst, infirmière, et Christian Goy, médecin, en font partie. 

Nicaragua, 1979 :  le président Somoza est renversé au cours d’un soulèvement populaire. Les anciens membres de la garde nationale du dictateur se retrouvent entassés dans des prisons surpeuplées.

L’aide aux prisonniers fait partie des missions du CICR, que ceux-ci appartiennent au camp des bourreaux ou à celui des victimes. En 1981, une équipe de Temps présent suit Lydie Beuret, déléguée du CICR venue distribuer des lettres et des messages de proches en quête de nouvelles.

Prison au Nicaragua, 1981.
Temps présent - Publié le 10 décembre 1981
 

 

 

Des droits fragiles

 

 

Droit humanitaire international bafoué, immunité des personnels de moins en moins respectée, médiatisation et toute puissance des images,  irruption du "charity business": les années 90 mettent le CICR face à de nouveaux défis.

 

Panneau d'interdiction de port d'armes devant l'hôpital chirurgicale de Berbera en Somalie, 1991.
Panneau d'interdiction de port d'armes devant l'hôpital chirurgicale de Berbera en Somalie, 1991. [François de Sury - CICR]

 

 

Somalie, 1992: la guerre civile a jeté le pays dans le chaos. La population meurt de faim et la violence est continuelle. "Le pays manque de tout, sauf d'armes", explique la journaliste Béatrice Barton, présente sur place pour l'émission Temps présent.

Les seigneurs de la guerre font la loi. Pour pouvoir maintenir sa présence dans le pays, le CICR a dû s'adapter, en acceptant par exemple que ses convois de nourriture soient encadrés par une escorte armée, qui ne manque pas de se servir au passage.

Escorte armée d'un convoi du CICR en Somalie, 1992.
Temps présent - Publié le 15 octobre 1992
 

 

 

En ce début d'année 1994, Philippe Gaillard, délégué du CICR, visite un camp de déplacés au Rwanda. Il y en a vingt dans le pays et personne n'en parle. Au mois d'octobre 1993, un coup d'Etat sanglant  au Burundi avait attiré des foule de journalistes et de cameramen. De quoi rendre amer le responsable humanitaire. Combien de morts faut-il pour intéresser les médias?

Philippe Gaillard, délégué du CICR au Rwanda en 1994.
Temps présent - Publié le 24 février 1994

Quelques mois plus tard,  le Rwanda  va enfin attirer l'attention des médias dans les plus tragiques circonstances. Le 6 avril 1994, l'avion du président Juvénal Habyarimana s'écrase non loin de l'aéroport de Kigali. Cet attentat sera le premier acte conduisant au génocide des Tutsi du Rwanda.

Les risques du métier

 

Travailler pour le CICR : une expérience hors du commun, souvent passionnante, dangereuse aussi. Chaque année, des employés de l’organisation perdent la vie sur le terrain, sont blessés,  victimes de violences ou spectateurs de scènes qui les marqueront à jamais.

Et pourtant ils sont nombreux encore ceux qui rêvent de perpétuer l'aventure humanitaire initiée par Henri Dunant... 

Evacuation par le Croissant-Rouge syrien et le CICR d'un enfant blessé dans la ville assiégée de Moadamiyeh en Syrie.
Evacuation par le Croissant-Rouge syrien et le CICR d'un enfant blessé dans la ville assiégée de Moadamiyeh en Syrie. [Pawel Krzysiek - CICR]
 

Martine Bourquin, responsable de la gestion du stress au CICR.
Temps présent - Publié le 03 mars 2005

Elle a elle-même travaillé comme infirmière pour le CICR. De retour à Genève, Martine Bourquin s'est spécialisée dans le soutien psychologique au personnel de terrain. Après avoir été confrontés à des situations particulièrement dures, certains délégués souffrent de stress post-traumatique. En 2005, la réalisatrice Eva Ceccaroli est allée pour l'émission Temps présent à la rencontre de ces "cabossés de l'humanitaire".  Parmi ceux-ci, Peter Tarabula, de retour d'une mission à Bagdad.

 

Ils s'appellent Marton et Kathrin. Ils n'ont pas encore fêté leur vingt-cinq ans. Dans quelques semaines, ils vont pour la première fois affronter l'épreuve du terrain en tant que délégué et infirmière du CICR. Qu'est-ce qui poussent des jeunes gens à s'engager ainsi  dans l'humanitaire? La défense de valeurs humanistes, le goût de l'aventure, le désir d'une première expérience professionnelle inédite? Réponse dans cet extrait de Temps présent, diffusé le 3 mars 2005.

Marton Galanthay, 25 ans, reçoit sa première affectation de mission au CICR.
Temps présent - Publié le 03 mars 2005

Sources

Sources CICR

Accès aux archives audiovisuelles du CICR

Photographies

Beyrouth-Ouest. Ville après les bombardements, 1984 / Photographe: Thierry Gassmann.

Pont Emir Abdallah, en Jordanie, 1967 / Photographe : B. Ryf.

Guerre du Biafra. N'Kalagu, centre de distribution / Date inconnue / Photographe: R. Burgy.

Beyrouth. Destructions causées par les combats qui ont opposé Israéliens et Palestiniens, 1983 / Photographe: Bruno Hubschmid.

Genève. Le président du CICR Cornelio Sommaruga avec Elio Erriquez et Emanuel Christen, deux collaborateurs libérés après dix mois de détention au Liban, 14 août 1990 / Photographe: inconnu.

Equipe médicale mobile donnant des soins aux populations déplacées à Makoto en Ouganda, 1984 / Photographe: Liliane de Toledo.

Panneau d'interdiction de port d'armes devant l'hôpital chirurgicale de Berbera en Somalie, 1991 / Photographe: François de Sury.

Evacuation par le Croissant-Rouge syrien et le CICR d'un enfant blessé dans la ville assiégée de Moadamiyeh en Syrie, 3 février 2016 / Photographe: Pawel Krzysiek.

Vidéos

Biafra / 1968 / Réalisateur : Adrien Porchet.

Lettre du Liban / 1964 / Réalisateur : John Ash. Version intégrale sur le site du CICR.

 

 

Sources vidéos RTS

 

Le Télé Journal: reportage à l'occasion du 50e anniversaire des nouvelles Conventions de Genève / Diffusion: 10.08.1999 / Journaliste: Catherine Kammermann.

Documentaire: le retour des réfugiés palestiniens / Diffusion : 17.09.1967 / Réalisateur: Alain Tanner, journaliste: Marc Schindler. Accès à la version intégrale.

Temps présent: Etre délégué / Diffusion: 08.05.1970 / Journaliste: Jean-Pierre Goretta. Accès à la version intégrale.

Carrefour : témoignage d'un délégué du CICR au Biafra / Diffusion: 17.12.1968.

Tell quel : L'angoisse et l'espoir (otages du CICR au Liban) / Diffusion: 22.12.1989 / Journaliste: Janka Kaempfer-Louis.

Temps présent : Le CICR du côté des victimes / Diffusion : 10.12.1981 / Journaliste: Gérald Mury, réalisateur: André Gazut.  Accès à la version intégrale.

Temps présent : La Croix-Rouge prise au piège / Diffusion 15.10.1992 / Journaliste: Béatrice Barton, réalisateur: André Gazut.

Temps présent : La faim justifie les moyens / Diffusion : 24.02.1994 / Journaliste: José Roy, réalisatrice: Eva Ceccaroli.

Temps présent : Les cabossés de l'humanitaire / Diffusion 03.03.2005 / Réalisatrice: Eva Ceccaroli.